11. Ecrire, construire et étaler, en matière alimentaire

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Il est interdit de tracer des lettres ou des formes au moyen de nonpareils[e], de bonbons ou de crème dont on décore un gâteau. Certes, la Torah ne l’interdit pas, puisque les lettres sont appelées à disparaître rapidement ; mais les sages l’interdisent.

Si des lettres ou des dessins représentant quelque chose – comme un arbre ou une maison – sont déjà tracés sur un gâteau, il est interdit de couper celui-ci à l’endroit où sont les lettres ou les dessins ; en revanche, il est permis de couper entre les lettres ou les dessins. En cas de nécessité pressante, il est permis de couper à l’endroit où sont ces lettres ou ces dessins. Si c’est dans la matière même du gâteau que sont gravées les lettres ou les dessins, comme dans le cas des petits beurres, il est permis de couper ces lettres ou dessins a priori, car on considère qu’elles n’ont pas d’importance (cf. ci-après, chap. 18 § 3, note 2).

Si l’on doit déchirer un sachet contenant de la nourriture, et que des lettres soient imprimées sur le sachet, on s’efforcera de ne pas déchirer les lettres. Faute de choix, on pourra déchirer le sachet, même là où sont des lettres (comme nous l’expliquerons au chap. 18 § 3).

Il est interdit de cailler du lait pour en faire du fromage. Selon de nombreux avis, l’interdit est toranique, car il s’agit d’un dérivé de la mélakha de construire (boné) : on veut en effet transformer le lait, liquide, en fromage, compact (Chabbat 95a, Maïmonide 10, 13). Il est de même interdit de donner à un aliment une forme particulière, comme on le ferait d’une construction (Maguen Avraham 340, 17, ‘Hayé Adam 39, 1)[f].

Il est permis d’étaler des produits à tartiner, ou de la salade cuite, sur une tranche de pain, car l’interdit d’étaler (memaréa’h) ne s’applique pas aux aliments. De même, il est permis de lisser sur la tranche de pain le produit à tartiner, afin d’embellir la présentation, ou encore de placer une salade de ‘houmous sur une assiette de présentation et de lisser sa forme pour obtenir un bel arrondi. Il n’y a pas là d’interdit d’étaler, puisque l’aliment est déjà consommable avant cela, et que le lissage n’a pas pour fonction de le rendre propre à la consommation. Certains auteurs, toutefois, interdisent de lisser des aliments pour les embellir ; et celui qui est rigoureux sera béni pour cela (Rama 321, 19).


[e]. Petits bonbons colorés, en forme de perles ou de vermicelles, dont on saupoudre les gâteaux.

 

[f]. Par exemple, une pièce montée ou un gâteau de riz.