01. L’interdit toranique d’allumer des ampoules et des appareils électriques

La Torah interdit, le Chabbat, d’allumer une ampoule électrique, ou un élément chauffant électrique car, au moment où l’on allume l’ampoule, le filament est porté à incandescence, et au moment où l’on allume l’élément chauffant, il s’échauffe et est lui aussi porté à incandescence : on est donc en présence d’un allumage, tel que la Torah l’interdit. Bien que, jadis, on n’eût pas l’usage de porter à chaud un morceau de métal afin d’éclairer ou de chauffer, nous voyons par ailleurs que, lorsqu’il y avait une utilité au fait de porter à chaud du fer, l’interdit d’un tel acte était toranique. Comme l’écrit Maïmonide (Chabbat 12, 1), celui qui chauffe un fer afin de le durcir ensuite dans l’eau, ce grâce à quoi le fer se renforce, transgresse l’interdit toranique d’allumer (mav’ir). Par conséquent, il est certain que, dès lors qu’il existe une utilité à faire brûler le fer, cela est interdit par la Torah. Quant au fait d’éteindre une ampoule électrique ou un appareil de chauffage électrique, c’est transgresser un interdit rabbinique. En effet, un tel acte n’est pas assimilable à l’extinction d’un feu ordinaire, car l’extinction d’un feu produit du charbon – et c’est pour cela que la Torah l’interdit (comme nous l’avons vu au chapitre 16 § 5) – ; tandis qu’éteindre l’électricité ne produit rien, si bien que l’interdit est seulement rabbinique.

C’est un interdit toranique que d’accomplir, par l’intermédiaire d’appareils électriques, des travaux défendus : mettre en marche un hachoir électrique, c’est transgresser l’interdit de moudre ; actionner un pétrin électrique, c’est transgresser l’interdit de pétrir, et ainsi de chaque mélakha. Quoique en pratique, dès lors que l’on appuie sur le bouton actionnant la machine, on ne hache ni ne pétrisse par soi-même, tous les ouvrages accomplis par la machine sont considérés comme accomplis par l’homme de ses propres mains (Ora’h Michpat 70, A’hi’ezer 3, 60).

De même qu’il est interdit de mettre en marche un appareil électrique en pressant son bouton, de même est-il est interdit de le mettre en marche par le biais d’une télécommande. Bien qu’il n’y ait pas de contact direct entre le doigt qui presse la télécommande et l’appareil électrique, telle est la manière d’actionner de tels appareils, si bien que les mettre en marche par le biais de la télécommande est interdit, au même titre que par un contact direct.