01. La mitsva d’éducation

C’est une mitsva toranique que d’enseigner la Torah aux enfants, comme il est dit : « Vous les enseignerez (vé-limadtem otam) à vos enfants » (Dt 11, 19). Or le propos premier de l’étude, c’est de garder et d’accomplir tous les enseignements de la Torah, ainsi qu’il est dit : « Vous les[a] apprendrez (ou-lmadtem otam), et vous les garderez pour les accomplir » (Dt 5, 1). Aussi nos sages disent-ils que, conjointement à la mitsva d’enseigner la Torah aux enfants, nous avons l’obligation de les éduquer à l’accomplissement des commandements ; comment serait-il en effet possible de leur enseigner les mitsvot de la Torah sans les habituer à les observer en pratique ? C’est donc une obligation toranique que d’enseigner la Torah aux enfants, et de les habituer, de manière générale, à l’observance des mitsvot. Toutefois, les habituer à l’accomplissement en acte de chaque mitsva n’est qu’une obligation rabbinique.

À partir de quel âge éduque-t-on l’enfant à accomplir les commandements « positifs » (mitsvot ‘assé)[b] ? À partir du moment où il est capable de comprendre la mitsva dans ses aspects généraux, et de l’accomplir conformément à la halakha, chaque mitsva selon sa complexité et les difficultés de son exécution. Par exemple, s’agissant de la mitsva de porter les franges rituelles (tsitsit), on y éduque le petit garçon dès qu’il sait s’envelopper dans le talith auquel sont fixés les tsitsit, puis disposer deux tsitsit devant lui et les deux autres derrière, enfin réciter la bénédiction correspondante. En revanche, s’agissant de mettre les téphilines, dans la mesure où il faut veiller à accomplir cette mitsva en étant propre de corps, et prendre soin de ne pas en distraire sa pensée, ce n’est qu’à l’approche de la bar-mitsva que l’on commence à éduquer les garçons à son accomplissement (Souka 42a, Michna Beroura 343, 3). Si nos maîtres disent que l’âge de l’éducation se situe approximativement à six ou sept ans, c’est parce qu’à cet âge on commence à enseigner aux enfants la Torah de manière plus approfondie, de sorte que c’est aussi à partir de cet âge qu’ils peuvent commencer à pratiquer la majorité des mitsvot conformément à la halakha. De même, en matière de bénédictions et de prières, l’âge de l’éducation se situe entre six et sept ans, car alors la majorité des enfants peuvent commencer d’apprendre à réciter ces textes comme il convient. Toutefois, on commence à les habituer à réciter les bénédictions et à prier quelque peu vers l’âge de trois ans, de même que l’on commence à leur enseigner un peu de Torah depuis l’âge de trois ans (Baba Batra 21a, Souka 42a, Choul’han ‘Aroukh, Yoré Dé’a 245, 5).

De la même façon, on commence à habituer les enfants à entendre le Qidouch et la Havdala dès l’âge de trois ans. Quand ensuite l’enfant comprend la notion de Chabbat et peut participer au Qidouch et à la Havdala conformément à la halakha, on veille à ce qu’il écoute leur récitation comme il convient. S’il n’est pas présent au moment où l’on récite le Qidouch ou la Havdala, il accomplira lui-même ces mitsvot.


[a]. Dans les deux versets, le complément d’objet direct otam (« les ») se rapporte aux commandements. La tradition rabbinique l’interprète comme se rapportant aux enseignements de la Torah dans leur ensemble.

[b]. Mitsvot ‘assé : obligations de faire (mitsvot « positives »), par opposition aux mitsvot lo ta’assé, obligations de ne pas faire, ou interdits (mitsvot « négatives »).