02 – Une explication de la haute valeur de la prière en minyan

A première vue, on pourrait penser que la prière dite solitairement est plus profonde, mieux ressentie, qu’elle exprime mieux la personnalité de l’homme et ses besoins particuliers. Cependant, malgré l’importance de l’expérience intime, la tendance essentielle du peuple juif est de sanctifier le nom divin, et de relier l’univers entier, dans toutes ses composantes, à leur source spirituelle. A cette fin, nous devons agir parmi la collectivité, et pour la collectivité. Cette préoccupation s’exprime également par le caractère collectif de la prière. Ainsi, dans le texte de la prière, formulons-nous nos requêtes au bénéfice de la collectivité : « Guéris-nous et nous guérirons… Bénis en notre faveur cette année… Fais retentir le grand chofar pour notre libération et élève l’étendard du rassemblement de nos exilés… Reviens à Jérusalem ta ville, dans ta miséricorde », et ainsi de toutes les bénédictions composant la ‘Amida.

C’est la particularité du peuple d’Israël que de pouvoir révéler la sainteté au sein du collectif. Parmi les nations, on trouve certes de grands justes, mais ce sont des particuliers, dont l’influence reste particulière. La sainteté de la collectivité ne se révèle que par le peuple d’Israël ; aussi le peuple d’Israël a-t-il reçu la Torah ; aussi est-ce lui qui peut bâtir le Temple, par lequel la lumière divine se dévoile dans le monde. Et dix Juifs qui se rassemblent autour de paroles saintes suffisent à révéler, dans une certaine mesure, la sainteté de l’ensemble de la collectivité d’Israël.

De ce fait, si un homme, qui prie au sein du minyan et se lie par cela à la collectivité, se désole de ses propres souffrances et, désirant son propre bien, souhaite ajouter des supplications particulières émanant de son cœur, cela est digne de louanges, puisque toutes ses demandes particulières sont reliées à la collectivité.