01 – Les horaires du matin

Le premier temps significatif de la journée, du point de la halakha, est celui de amoud hacha’har (« la colonne de l’aube »), également appelée ‘alot hacha’har (lever de l’aube). En cas de nécessité impérieuse, on peut réciter le Chéma Israël et la ‘Amida dès l’aube, mais en temps normal, c’est interdit. Les A’haronim sont partagés sur la définition exacte de ‘amoud hacha’har : est-ce la première lueur ténue qui apparaît à l’est (comme le disent le Maguen Avraham et le Peri Mégadim), ou bien un peu plus tard, quand cette lumière ténue s’étend quelque peu lorsque l’on fait face à l’est (comme le disent le Elya Rabba et le Gaon de Vilna) ?

Après le lever de l’aube, vient le temps de michéyakir, littéralement « quand on reconnaît ». À ce moment-là, la lumière s’est quelque peu répandue sur la terre, au point que l’on peut reconnaître une personne que l’on n’est pas habitué à rencontrer, à une distance de quatre coudées (quatre amot, environ deux mètres). À ce même instant, on peut distinguer la couleur bleue de la couleur blanche. Dès ce moment, de l’avis de la majorité des décisionnaires, il est permis a priori de réciter le Chéma Israël (c’est-à-dire que la chose est parfaitement permise, sans qu’il soit besoin pour cela de se trouver dans un cas de nécessité impérieuse) ; toutefois, a priori, le temps de la ‘Amida n’est pas encore arrivé.

Le temps du hanets ha’hama (« éclat du soleil ») est le moment du lever du soleil, c’est-à-dire le moment où devient visible la partie supérieure du disque solaire. À cet instant, commence le temps de la ‘Amida a priori. Celui qui récite le Chéma Israël à l’approche du hanets ha’hama, de manière à dire la ‘Amida dès le lever du soleil, est considéré comme priant suivant l’usage de Vatiqin (« les anciens ») dont nos sages font l’éloge.

Pour toutes les mitsvot qui s’accomplissent le jour, telles que la circoncision, la période d’accomplissement commence au lever du soleil (hanets ha’hama), car c’est en fonction du soleil que se définit le jour. Cependant, a posteriori, si des mitsvot relatives au jour ont été accomplies dès l’aube (‘amoud hacha’har), on en est quitte car, à certains égards, le jour commence dès l’apparition de la lumière (Méguila 20a).