01 – Achré (Ps 145) et Lamnatséa’h (Ps 20)

Après les supplications (Ta’hanounim) – ou, le lundi et le jeudi, après la lecture de la Torah –, on récite trois prières. La première est Achré/Tehila lé-David (Ps 145 précédé de deux versets). Bien que l’on ait déjà récité ce psaume pendant les Pessouqé dezimra, on le répète, en considération de ce qu’ont dit nos sages : « Toute personne qui récite Tehila lé-David trois fois par jour est assurée d’avoir part au monde futur » (Berakhot 4b). On lit ce psaume une première fois au sein des Pessouqé dezimra, une deuxième fois ici, après les supplications, et une troisième fois avant la ‘Amida de Min’ha (cf. lois des Pessouqé dezimra 14 § 3, note 5).

Après cela, on récite le psaume 20, Lamnatséa’h mizmor lé-David, ya’anekha Ado-naï bé-yom tsara… (« Au chef des chantres, cantique de David. L’Eternel te répondra au jour de détresse… »). Le thème de ce psaume prolonge les supplications qui suivent la ‘Amida[1].

Puisqu’il s’agit d’une prière pour un « jour de détresse », on ne la récite pas pendant les jours de réjouissance. Or les coutumes diffèrent à ce propos. Suivant l’usage séfarade, la règle relative à ce psaume est identique à celle qui s’applique aux Ta’hanounim. Par conséquent, chaque jour qui se caractérise par une réjouissance, et où l’on est donc dispensé de Ta’hanounim, on ne dit pas non plus Lamnatséa’h. Selon l’usage ashkénaze, pour être dispensé de Ta’hanounim, il suffit d’une réjouissance légère ; mais pour être dispensé de Lamnatséa’h, il faut une grande réjouissance. Aussi, quand un nouveau marié, ou une personne célébrant une circoncision (baal habrit)[a] prient au sein de l’assemblée, on ne récite pas les Ta’hanounim, mais on récite Lamnatséa’h. De même, au mois de nissan, ou entre Kippour et la fin du mois de tichri, où l’on ne dit pas les supplications, on dit néanmoins Lamnatséa’h. Ce n’est qu’aux jours de fête, de veille de fête ou de lendemain de fête (Isrou ‘hag), que l’on ne récite pas Lamnatséa’h (Rama 131, 1 ; Michna Beroura 35 ; Kaf Ha’haïm 37). Ces usages sont consignés dans les livres de prière, avant Lamnatséa’h, chaque communauté suivant son usage.


[1]. Il s’agit du vingtième chapitre du livre des Psaumes ; aussi convient-il de le réciter après la ‘Amida (« prière des dix-huit bénédictions ») : en effet, après que l’on a ajouté à cette prière une bénédiction consacrée aux méchants, la ‘Amida compte dix-neuf bénédictions. [Le Psaume 20 sert donc, en quelque sorte, de clôture aux dix-neuf bénédictions de la ‘Amida]. Certes, avant l’adjonction de la bénédiction consacrée aux méchants, il n’y avait que dix-huit bénédictions. Mais les chapitres 1 et 2 du Livre des Psaumes peuvent eux-mêmes être considérés comme un seul et même psaume [si bien que le Psaume 20 peut être aussi considéré comme le Psaume 19, qui clôt donc un cycle de dix-huit bénédictions].
[a]. chap. 21 § 8.