01. La mitsva de construire une synagogue

En toute localité où résident dix Juifs, c’est une obligation pour eux de se désigner une maison pour y faire leur prière, maison qui leur soit comme un petit temple (miqdach me’at). Cette maison s’appelle synagogue, beit-knesset (Maïmonide, Hilkhot Téphila 11, 1).

Il importe de signaler que la synagogue n’est pas seulement un lieu qui aide à la tenue des prières en communauté : elle possède encore une valeur propre, car elle est destinée à la récitation des paroles consacrées (telles que le Qaddich, Barekhou ou la Qédoucha), et la Présence divine y réside. Aussi est-ce un grand devoir que de construire la synagogue, comme il est dit : « Ils Me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux » (Ex 25, 8). Certes, l’intention essentielle du verset est d’ordonner la construction du Temple, mais le devoir de construire une synagogue prolonge cette mitsva et s’enracine en elle (cf. Pniné Halakha, Liqoutim I). C’est à ce propos que le prophète Ezéchiel a dit : « Je serai pour eux un petit Temple » (11, 16). Rabbi Yits’haq explique : « Ce sont les synagogues et les maisons d’étude » (Méguila 29a).

Après que le Temple fut détruit, que nous fûmes exilés de notre terre et que la Présence divine elle-même s’exila avec nous, après qu’il fut impossible de monter au Temple et de paraître devant l’Eternel notre Dieu, il devint particulièrement vrai que les synagogues et les maisons d’étude sont les lieux dans lesquels nous pouvons conserver le souvenir du dévoilement de la Présence divine, qui se manifestait dans le Temple. De même, les prières qui sont dites à la synagogue ont été instituées en référence aux sacrifices qui étaient offerts au Temple. Si bien que la fondation d’une synagogue répond à deux buts : le premier est d’aider à la tenue des prières de façon bien ordonnée, le second est de servir de petit sanctuaire, forme de souvenir et d’extension de la sainteté du Temple (cf. Pniné Halakha, Liqoutim I, chap. 6 sur les règles relatives à la synagogue ; ici, nous rapporterons les règles applicables aux femmes).

Puisque la synagogue est de rang si important, tous les fidèles doivent participer au financement de sa construction. Et si certains Juifs ne souhaitent pas se joindre à l’effort de financement pour la construction de la synagogue, les chefs de la communauté sont autorisés à les contraindre d’y participer (Choul’han ‘Aroukh 150, 1, où l’on voit que l’on avait l’usage de partager le financement entre les fidèles en fonction de leur fortune respective, ou, dans d’autres communautés, en fonction du nombre de personnes par famille).

Il semble que la mitsva de construire la synagogue concerne également les femmes, aussi est-il bon que celles-ci prennent part à son financement. Et bien que la femme n’ait pas l’obligation de prier à la synagogue, elle est, elle aussi, considérée comme membre de la communauté, si bien que la mitsva de construire un « petit temple » pour cette communauté lui appartient également. Dans la génération du désert aussi, les femmes faisaient don de bijoux pour l’ornementation du Tabernacle. De plus, les femmes, elles aussi, vont parfois prier à la synagogue, et, comme nous l’avons vu (supra chap. 20 § 2), prier à la synagogue est pour la femme une source de mérite et d’élévation. Toutefois, si une femme ne veut pas financer la construction de la synagogue, il semble impossible de la contraindre à participer, attendu qu’elle n’est pas tenue d’y prier.