01. Mitsvot liées à l’élimination du ‘hamets

C’est un commandement positif de la Torah (mitsvat ‘assé) que de détruire le ‘hamets de son domaine à l’approche de Pessa’h, comme il est dit : « Or, le premier jour, vous aurez éliminé le levain de vos maisons » (Ex 12, 15). Par tradition, nos sages enseignent que le propos du verset consiste à détruire le ‘hamets avant le milieu du quatorzième jour de nissan, veille de Pessa’h[a]. La preuve en est qu’il est écrit : « Tu ne feras pas couler, en présence de pâte levée, le sang de mon sacrifice » (Ex 34, 25) ; en d’autres termes : tu ne sacrifieras pas l’agneau pascal alors qu’il y aura encore du ‘hamets dans ton domaine. Or le temps de l’oblation de l’agneau pascal débute le 14 nissan au midi solaire (cf. Pessa’him 4b, Maïmonide, Michné Torah, lois du ‘hamets 2, 1). En cette matière, comme dans les autres mitsvot de Pessa’h, les hommes et les femmes sont soumis aux mêmes règles.

Quiconque n’a pas éliminé le ‘hamets de son domaine avant le milieu du 14 nissan transgresse, à tout instant, la mitsva positive d’élimination du ‘hamets, tant qu’il s’abstient de le détruire (Michna Beroura 443, 1). A partir du début de la fête de Pessa’h, la transgression de deux mitsvot « négatives » (interdits, mitsvot lo ta’assé) s’ajoutera à la transgression précédente, comme il est dit : « Sept jours durant, il ne se trouvera pas de levain en vos demeures » (Ex 12, 19), et : « On mangera des azymes durant ces sept jours, et il ne se verra pas chez toi de pâte levée (‘hamets), ni ne se verra chez toi de levain (séor), en aucune de tes possessions » (Ex 13, 17). Nous voyons donc que, en accomplissant la mitsva d’éliminer le ‘hamets, nous nous préservons de la transgression de deux interdits, que nous appelons couramment bal yéraé (« il ne sera pas vu ») et bal yimatsé (« il ne se trouvera pas »… de ‘hamets en nos domaines)[1].

Eliminer le ‘hamets est la première mitsva par laquelle nous amorçons la série des mitsvot relatives à Pessa’h. Nous l’avons vu, le ‘hamets à Pessa’h représente le penchant au mal. Pour avoir le mérite d’intégrer en nous la sainteté propre au sacrifice pascal et à la consommation de la matsa, il faut préalablement détruire le ‘hamets, l’éliminer de notre maison. Aussi, la première des préparations à Pessa’h consiste-t-elle en l’élimination du ‘hamets.


[a]. Cf. chapitre 2, note 1.

[1]. A ce propos, résumons les opinions concernant les horaires d’application des interdits liés au ‘hamets. L’élimination du ‘hamets doit se faire avant le midi solaire du 14 nissan. (Il se peut que, selon l’auteur du Maor, la mitsva commence à midi, mais, pour les autres Richonim, l’élimination doit s’achever, suivant la norme toranique, à midi.)

S’agissant des autres mitsvot relatives au ‘hamets, leurs horaires d’application sont débattus. Pour l’interdit de consommation du ‘hamets, il y a controverse entre Tannaïm : selon Rabbi Yehouda, l’interdit toranique commence à midi, le 14, tandis que, pour Rabbi Chimon, l’interdit toranique de consommer du ‘hamets ne débute qu’à l’entrée de la fête de Pessa’h. La majorité des Richonim estiment que la halakha suit l’opinion de Rabbin Yehouda, et qu’il est toraniquement interdit de consommer du ‘hamets dès le 14 à midi ; mais certains pensent, comme Rabbi Chimon, que l’interdit toranique de consommation ne commence qu’à l’entrée de la fête. En ce qui concerne les interdits de bal yéraé (« il n’en sera pas vu ») et de bal yimatsé (« il ne s’en trouvera pas »), la majorité des Richonim estiment qu’ils s’appliquent à partir de l’entrée de la fête de Pessa’h, mais, pour une minorité d’entre eux, ces interdits débutent dès le 14 à midi (cf. également ci-dessus, chap. 2 § 2).

Mentionnons encore le fait que, si l’on participe au sacrifice pascal alors que l’on a encore, dans son domaine, ne serait-ce qu’un kazaït [unité de volume des solides] de ‘hamets, on enfreint un interdit toranique, puisqu’il est dit : « Tu ne feras pas couler, en présence de pâte levée, le sang de mon sacrifice » (Ex 23, 18). Si l’on fait cela intentionnellement, et que l’on ait été mis en garde préalablement, on est passible de malqout [trente-neuf coups] (Maïmonide, Michné Torah, Qorban Pessa’h 1, 5).