01. Lag ba’omer

On a coutume de se réjouir quelque peu à Lag ba’omer. Et bien que, durant la période de l’omer, on observe quelques usages de deuil, il est permis à Lag ba’omer de chanter et de danser ; ce jour-là, on ne dit pas non plus les Ta’hanounim (supplications) ; de même, à l’office de Min’ha qui précède cette date, on ne récite pas les Ta’hanounim ; et l’on ne jeûne pas à Lag ba’omer 1.
La raison de la joie propre à Lag ba’omer tient dans une tradition, que détenaient les Richonim, selon laquelle la mortalité qui avait frappé les disciples de Rabbi Aqiba cessa ce jour-là, trente-troisième jour de l’omer (Méïri sur Yevamot 62b, Choul’han ‘Aroukh 493, 2).
Certains auteurs expliquent que, en réalité, les disciples continuèrent de mourir après le Lag ba’omer, mais que, ce jour-là, Rabbi Aqiba commença à enseigner à de nouveaux disciples, parmi lesquels Rabbi Chimon bar Yo’haï, et qu’eux ne furent pas touchés par ce fléau mortel. Or c’est par eux que se répandit la Torah au sein du peuple juif. Aussi nous réjouissons-nous à Lag ba’omer (Peri ‘Hadach 493, 2). D’autres disent que, à Lag ba’omer, Rabbi Aqiba ordonna ses cinq disciples qu’étaient Rabbi Méïr, Rabbi Yehouda, Rabbi Yossé, Rabbi Chimon bar Yo’haï et Rabbi Eléazar ben Chamoa ; ce sont eux qui assurèrent la poursuite de la tradition toranique (Kaf Ha’haïm 493, 26 d’après Cha’ar Hakavanot). Il y a un motif supplémentaire à la joie de Lag ba’omer : c’est le jour de la hiloula (anniversaire de décès) du saint maître de la Michna Rabbi Chimon bar Yo’haï, qui fut disciple de Rabbi Aqiba.
Résumons brièvement les usages de deuil et de deuil de Lag ba’omer : suivant toutes les traditions, il est permis de chanter, de danser et de jouer des instruments de musique à Lag ba’omer, du début à la fin de cette date. S’agissant des mariages et du fait de se couper les cheveux : d’après la coutume ashkénaze et d’une partie des communautés séfarades, il est permis de se marier et de se faire couper les cheveux à Lag ba’omer, de jour. Certains, indulgents, permettent de le faire dès le soir de Lag ba’omer. La coutume de la majorité des Séfarades est d’interdire le mariage et la coupe de cheveux à Lag ba’omer (cf. ci-dessus, chap. 3 § 4-5). Toutefois, quand Lag ba’omer tombe un vendredi, il devient permis, même selon la coutume séfarade, de se faire couper les cheveux en l’honneur du Chabbat (Choul’han ‘Aroukh 493, 2). Ceux qui suivent la coutume de Rabbi Isaac Louria (le Ari zal), ne se coupent pas les cheveux à Lag ba’omer, car c’est pendant toute la période de l’omer, jusqu’à la veille de Chavou’ot, que l’on s’abstient de couper ses cheveux (Kaf Ha’haïm 493, 13).

  1. On ne jeûne pas ; mais celui qui s’apprête à se marier ce jour-là (‘hatan) peut jeûner (Maguen Avraham 573, 1). (Pas la kala ?) Selon d’autres auteurs, même un ‘hatan ne jeûne pas (Michméret Chalom 38). Le Levouch, le Peri Mégadim et d’autres auteurs écrivent que l’on ne récite pas les Ta’hanounim à l’office de Min’ha qui précède ; mais le ‘Hoq Ya’aqov 493, 6 estime qu’on les récite. Cf. Kaf Ha’haïm 493, 28. Il semble que la coutume soit de ne pas les réciter.