12. Prier à haute voix ; être debout au moment de l’ouverture de l’arche sainte

La halakha veut que la ‘Amida se récite à voix basse (cf. La Prière d’Israël 17, 7). Mais à Roch hachana et à Kipour, certains avaient l’usage de réciter la ‘Amida à voix haute, afin d’éveiller la kavana. Et bien que, le reste de l’année, toute indulgence à cet égard soit interdite – cela, afin de ne pas perturber les autres fidèles –, on ne craint pas, à Roch hachana et à Kipour, que les autres se trompent en leur prière, puisque chacun a son rituel en main (Choul’han ‘Aroukh 582, 9). Quoi qu’il en soit, on n’élèvera pas la voix, afin de ne pas déranger les autres fidèles, et afin de ne pas ressembler aux prophètes du Baal, qui criaient à l’adresse de leurs idoles (Rama, Michna Beroura 12).

Mais il est préférable de réciter la ‘Amida en chuchotant, car l’élévation sublime de cette prière justifie qu’elle reste secrète, inaccessible à l’oreille des autres fidèles (Maguen Avraham, Ora’h ‘Haïm 101, 4 ; Michna Beroura 11). Or précisément, aux jours redoutables, il convient d’être plus attentif encore à cela. En un lieu où tout le monde ou presque prie silencieusement, comme c’est l’usage de nos jours, dans la majorité des communautés, il est interdit de dire la ‘Amida à haute voix. Et bien qu’il ne soit pas à craindre que les autres se trompent dans le texte du rituel, puisque chacun a son ma’hzor devant soi, celui qui prie à haute voix déconcentre les fidèles et porte atteinte à leur kavana.

Comme il est indiqué dans les rituels, on a coutume d’ouvrir l’arche sainte lors de certains passages de la prière ; à ces instants, il est d’usage que tout le monde se lève en l’honneur de la Torah, qui est dévoilée à l’assemblée. Cependant, si l’on s’en tient à la stricte obligation, il n’est obligatoire de se lever que lorsqu’on amène le rouleau de la Torah vers le pupitre de lecture, où qu’on l’en ramène vers l’arche ; par contre, quand le rouleau se trouve à sa place, dans l’arche ou sur le pupitre de lecture, il n’est pas obligatoire de se lever. Aussi, les personnes âgées, faibles ou malades à qui il est difficile de se tenir debout à ces moments, sont autorisées à rester assises, même au moment où l’on ouvre l’arche sainte. Ce n’est que lorsqu’on portera le rouleau de la Torah de l’arche au pupitre ou du pupitre à l’arche que l’on s’efforcera de se lever[6].


[6]. Selon le Touré Zahav sur Yoré Dé’a 242, 13, quand le rouleau (séfer-Torah) est posé dans l’arche ou sur le pupitre de lecture, il n’est pas nécessaire d’être debout, puisque le rouleau se trouve dans un autre domaine. Qu’appelle-t-on « autre domaine » (rechout a’héret) ? C’est un domaine semblable au rechout haya’hid (domaine particulier) en matière de Chabbat : un lieu dont la hauteur soit d’au moins dix téfa’him (76 cm) et la largeur de quatre téfa’him (30, 4 cm). Selon le Peri Mégadim, Ora’h ‘Haïm 148, Michbetsot Zahav 3, même quand l’arche sainte ou le pupitre n’atteignent pas ces dimensions, il n’est pas obligatoire de se lever, même quand on y voit le rouleau de la Tora, puisqu’il s’agit de son lieu, et que celui-ci est honorable. En pratique, il n’est pas de pupitre, et presque pas d’arche sainte, dont les dimensions soient inférieures à dix téfa’him de hauteur et à quatre téfa’him de largeur.