{"id":1030,"date":"2016-04-17T04:00:36","date_gmt":"2016-04-17T01:00:36","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=1030"},"modified":"2018-03-21T11:28:11","modified_gmt":"2018-03-21T09:28:11","slug":"04-16-27","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/04-16-27\/","title":{"rendered":"27. La mitsva de consommer le maror"},"content":{"rendered":"
Si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la norme toranique, la mitsva de consommer du maror, le soir du 15 nissan, est subordonn\u00e9e \u00e0 la consommation du sacrifice pascal, comme il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Avec des azymes et des herbes am\u00e8res ils le mangeront\u00a0\u00bb (Nb 9, 11). Puisque nous ne pouvons offrir le sacrifice pascal tant que le Temple n\u2019est pas reconstruit, la consommation du maror est, pour l\u2019instant, une mitsva de rang rabbinique (Pessa\u2019him<\/em> 120a). On trempe le maror dans le \u2018harosset<\/em>[t]<\/a><\/sup>, afin d\u2019en att\u00e9nuer l\u2019\u00e2cret\u00e9\u00a0; car le maror fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la servitude am\u00e8re. De l\u2019avis de beaucoup, le propos n\u2019est pas ici de tremper le maror profond\u00e9ment dans le \u2018harosset<\/em>, mais seulement de le faire toucher quelque peu. Si un peu de \u2018harosset<\/em> s\u2019est attach\u00e9 au maror, on secoue tout le \u2018harosset<\/em> qui s\u2019y est attach\u00e9, car il n\u2019y a pas lieu de manger le maror accompagn\u00e9 du \u2018harosset<\/em>, qui est doux (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 475, 1\u00a0; Michna Beroura<\/em> 13\u00a0; Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 23). On dit alors la b\u00e9n\u00e9diction\u00a0: Baroukh\u2026 acher qidechanou bemitsvotav v\u00e9tsivanou \u2018al akhilat maror <\/em>(\u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu\u2026 qui nous as sanctifi\u00e9s par tes commandements et nous a ordonn\u00e9 de consommer le maror\u00a0<\/em>\u00bb). On mange alors un kaza\u00eft <\/em>de maror.<\/p>\n Nos sages rel\u00e8vent cinq esp\u00e8ces de maror\u00a0: \u00ab\u00a0La \u2018haz\u00e9ret<\/em> (laitue am\u00e8re), le tamka <\/em>(raifort), la \u2018har\u2019havina <\/em>(panicaut,\u00a0\u00e9rynge), le \u2018olachin<\/em> (chicon ou endive) et le maror <\/em>(stricto sensu<\/em>, herbes am\u00e8res). \u00bb De nos jours, nous n\u2019identifions avec certitude que deux d\u2019entre ces esp\u00e8ces\u00a0: la \u2018haz\u00e9ret<\/em> est la laitue (en h\u00e9breu usuel\u00a0: \u2018hassa<\/em>)\u00a0; le tamka <\/em>est le raifort (appel\u00e9 par certains, en yiddish, \u2018hrein<\/em>, mais que d\u2019autres appellent \u2018haz\u00e9ret<\/em>). Nos sages enseignent que l\u2019esp\u00e8ce la plus recommand\u00e9e pour servir de maror est la laitue, dont le nom m\u00eame (\u2018hassa<\/em>) fait allusion au fait que l\u2019Eternel, b\u00e9ni soit-Il, eut piti\u00e9 (\u2018has<\/em>) de nous. Les sages disent encore que la servitude d\u2019Egypte est compar\u00e9e au maror parce que, de m\u00eame que le maror est d\u2019abord tendre puis devient dur \u2013 en effet, la tige de la laitue est d\u2019abord tendre puis finalement durcit \u2013, ainsi l\u2019esclavage commen\u00e7a doucement, puis, peu \u00e0 peu, devint dur et amer (Pessa\u2019him<\/em> 39a).<\/p>\n Certains ont mis en doute le fait que l\u2019on puisse accomplir la mitsva du maror par le biais de notre laitue, car elle n\u2019est pas am\u00e8re. D\u2019autres soutiennent que c\u2019est seulement dans le cas o\u00f9 la laitue a pris un peu d\u2019amertume que l\u2019on peut s\u2019acquitter par elle de la mitsva. Cependant, en pratique, on s\u2019acquitte par le biais de la laitue, m\u00eame quand cette derni\u00e8re n\u2019est pas am\u00e8re, car tel \u00e9tait l\u2019asservissement\u00a0: au d\u00e9but, on asservit les h\u00e9breux avec des paroles doucereuses, et en les payant pour leur travail, puis, progressivement, on aggrava la servitude, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle dev\u00eent am\u00e8re comme l\u2019absinthe. De m\u00eame, le Talmud de J\u00e9rusalem (Pessa\u2019him<\/em> 2, 5) affirme que la laitue est douce au d\u00e9part, puis devient am\u00e8re. Telle est la coutume, dans toutes les communaut\u00e9s, que d\u2019embellir la mitsva en prenant pour maror de la laitue, car il n\u2019est point besoin que le maror soit amer au moment de le manger\u00a0; il suffit qu\u2019il appartienne \u00e0 une esp\u00e8ce qui, finalement, devient am\u00e8re. Certains m\u00ealent aux feuilles de laitue un peu de raifort, afin de ressentir un peu d\u2019amertume quand on en mange[23]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Comme il peut se trouver des vers ou des insectes dans la laitue, il faut bien la nettoyer et l\u2019examiner, la veille de Pessa\u2019h. De nos jours, il existe des modes de culture de la laitue permettant d\u2019\u00e9viter l\u2019intrusion de bestioles\u00a0; il est bon d\u2019acheter de telles laitues, afin de ne plus avoir \u00e0 craindre de transgresser l\u2019interdit de manger des insectes ou des vers.<\/p>\n Il faut manger un volume de kaza\u00eft <\/em>de maror\u00a0; cela repr\u00e9sente le volume de la moiti\u00e9 d\u2019un \u0153uf, et l\u2019on peut \u00e9valuer cette quantit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Comme nous l\u2019avons vu, certains ont coutume d\u2019\u00e9valuer la mesure de kaza\u00eft<\/em> en fonction du poids, ce qui repr\u00e9sente alors environ 25 grammes. S\u2019agissant de laitue, il n\u2019y a pas grande diff\u00e9rence entre le compte bas\u00e9 sur le poids et celui qui se base sur le volume.<\/p>\n