{"id":1048,"date":"2016-04-17T13:00:27","date_gmt":"2016-04-17T10:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=1048"},"modified":"2018-03-21T11:33:00","modified_gmt":"2018-03-21T09:33:00","slug":"04-16-36","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/04-16-36\/","title":{"rendered":"36. Cinqui\u00e8me coupe\u00a0: la coupe du proph\u00e8te Elie"},"content":{"rendered":"
Un fort doute s\u2019est lev\u00e9, quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une cinqui\u00e8me coupe. Selon certains auteurs, la mani\u00e8re la plus achev\u00e9e d\u2019accomplir la mitsva des coupes du s\u00e9der est de boire une cinqui\u00e8me coupe. En ce cas, on boira la quatri\u00e8me coupe en conclusion du Hallel, puis la cinqui\u00e8me apr\u00e8s le Hallel hagadol et la b\u00e9n\u00e9diction qui le suit. Selon d\u2019autres, c\u2019est seulement pour ceux qui souhaitent encore boire du vin que les sages ont trouv\u00e9 le moyen de prendre une coupe suppl\u00e9mentaire. D\u2019autres enfin estiment qu\u2019il est interdit de boire une cinqui\u00e8me coupe[32]<\/a><\/sup>.<\/p>\n En pratique, on a l\u2019usage de ne pas boire de cinqui\u00e8me coupe\u00a0; mais on a coutume de verser <\/em>une cinqui\u00e8me coupe, que l\u2019on appelle coupe d\u2019Elie (kos chel Elyahou<\/em>). Le Gaon de Vilna explique qu\u2019elle est appel\u00e9e ainsi parce que, chaque fois que nous ne savons dissiper un doute, nous disons que, lorsque le proph\u00e8te Elie viendra, il dissipera ce doute\u00a0; aussi versons-nous cette cinqui\u00e8me coupe en son honneur\u00a0; et lorsqu\u2019il viendra, il dira si l\u2019on doit la boire.<\/p>\n On peut \u00e9galement expliquer que les quatre coupes que les sages ont institu\u00e9es font r\u00e9f\u00e9rence aux quatre expressions de D\u00e9livrance \u00e9nonc\u00e9es lors de la sortie d\u2019Egypte\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous ferai sortir\u2026 Je vous sauverai\u2026 Je vous d\u00e9livrerai\u2026 Je vous prendrai\u2026\u00a0\u00bb (Ex 6, 6-7). Or, dans ce passage, appara\u00eet encore une cinqui\u00e8me expression de D\u00e9livrance\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous ferai venir<\/strong> dans le pays que J\u2019ai solennellement promis de donner \u00e0 Abraham, \u00e0 Isaac et \u00e0 Jacob, et Je vous le donnerai comme possession h\u00e9r\u00e9ditaire\u00a0; Je suis l\u2019Eternel\u00a0\u00bb (ibid., 7). Dans la mesure o\u00f9 cette expression n\u2019est pas directement li\u00e9e \u00e0 la sortie d\u2019Egypte elle-m\u00eame, nos sages n\u2019ont pas oblig\u00e9 \u00e0 boire, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 elle, une cinqui\u00e8me coupe\u00a0; mais ils reconnaissent, selon certains avis, que, si l\u2019on boit une cinqui\u00e8me coupe, on accomplit par-l\u00e0 une mitsva, parce que l\u2019on fait allusion \u00e0 la compl\u00e8te D\u00e9livrance, qui commence par l\u2019entr\u00e9e du peuple juif en terre d\u2019Isra\u00ebl.<\/p>\n Il se peut que le doute provienne du fait de savoir si, apr\u00e8s la destruction du Temple et l\u2019exil, nous sommes aptes \u00e0 boire une cinqui\u00e8me coupe\u00a0: il se peut en effet que seule la sortie du peuple Juif de l\u2019esclavage \u00e9gyptien elle-m\u00eame puisse \u00eatre f\u00eat\u00e9e par des coupes de vin y faisant r\u00e9f\u00e9rence, puisque la D\u00e9livrance d\u2019Egypte est constamment discernable en nous-m\u00eame. Aux \u00e9poques m\u00eames o\u00f9 les nations du monde asservissent nos corps, nos \u00e2mes sont libres, car, depuis la sortie d\u2019Egypte, il est manifeste que nous sommes le peuple \u00e9lu de Dieu, que nous avons re\u00e7u la Torah\u00a0; et les nombreuses souffrances qui nous ont atteints n\u2019ont pas bris\u00e9 notre foi en l\u2019Eternel, notre Lib\u00e9rateur. Aussi buvons-nous quatre coupes, par r\u00e9f\u00e9rence aux quatre expressions de la D\u00e9livrance d\u2019Egypte. Tandis que la cinqui\u00e8me coupe ne fait pas seulement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la sortie d\u2019Egypte et \u00e0 l\u2019accession \u00e0 la libert\u00e9\u00a0: elle fait allusion \u00e0 l\u2019enti\u00e8re D\u00e9livrance, qui d\u00e9pend de la venue du peuple juif en terre d\u2019Isra\u00ebl. C\u2019est en effet sur la terre d\u2019Isra\u00ebl que la parole de Dieu se d\u00e9voile dans tous les domaines de la vie, par la Torah et par la proph\u00e9tie, ainsi que par la b\u00e9n\u00e9diction divine qui repose sur la construction du peuple et du pays. Tel est bien le but du Temple que de relier le Ciel et la terre, et de r\u00e9v\u00e9ler l\u2019unit\u00e9 de Dieu, b\u00e9ni soit-Il, qui fait vivre l\u2019ensemble de la cr\u00e9ation. Aussi le chiffre 5 fait-il allusion \u00e0 la dimension int\u00e9rieure, unitaire, qui se trouve au centre des quatre points cardinaux. Peut-\u00eatre le doute halakhique susmentionn\u00e9 provient-il de la question de savoir si, aujourd\u2019hui, apr\u00e8s que le Temple a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit, il convient de boire une cinqui\u00e8me coupe, laquelle fait allusion \u00e0 la D\u00e9livrance ultime.<\/p>\n La solution consiste donc \u00e0 verser la cinqui\u00e8me coupe et \u00e0 ne point la boire comme l\u2019une des quatre autres, jusqu\u2019\u00e0 ce que le proph\u00e8te Elie se r\u00e9v\u00e8le\u00a0; par cette r\u00e9v\u00e9lation m\u00eame, nous saurons que le temps est venu de boire la cinqui\u00e8me coupe, pour c\u00e9l\u00e9brer la pleine D\u00e9livrance.<\/p>\n On a coutume de verser la coupe d\u2019Elie apr\u00e8s avoir bu la troisi\u00e8me <\/em>coupe\u00a0; alors, on sert \u00e0 tout le monde la quatri\u00e8me, et l\u2019on ajoute une coupe suppl\u00e9mentaire \u00e0 l\u2019intention d\u2019Elie. On a coutume de conserver la coupe d\u2019Elie couverte jusqu\u2019au matin. Alors, on reverse le vin dans la bouteille, et de cette bouteille on sert le vin du Qidouch du jour[33]<\/a><\/sup>.<\/p>\n