{"id":123,"date":"2016-01-16T10:00:12","date_gmt":"2016-01-16T08:00:12","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=123"},"modified":"2018-03-19T11:56:13","modified_gmt":"2018-03-19T09:56:13","slug":"05-16-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/05-16-10\/","title":{"rendered":"10. La mitsva de la boisson"},"content":{"rendered":"<p>La mitsva de se r\u00e9jouir \u00e0 Pourim est unique en son genre\u00a0; la joie de Pourim est encore sup\u00e9rieure \u00e0 celle des autres jours de f\u00eate car, au sujet des autres jours de Yom tov (Soukot, Pessa\u2019h et Chavou\u2019ot), il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu te r\u00e9jouiras en ta f\u00eate\u00a0\u00bb (Dt 16, 14)\u00a0; et puisque, en pratique, la majorit\u00e9 des hommes se r\u00e9jouissent en buvant du vin, boire du vin participe de la mitsva, sans qu\u2019il soit pour autant prescrit d\u2019en boire abondamment (<em>Choul\u2019han \u2018Aroukh, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 529, 1-3). Tandis que, \u00e0 Pourim, il y a une mitsva explicite de boire en abondance. Bien plus, c\u2019est l\u2019essence m\u00eame des jours de Pourim que d\u2019\u00eatre, suivant l\u2019expression du livre d\u2019Esther (9, 22), \u00ab\u00a0des jours de festin (<em>micht\u00e9<\/em>, litt. repas o\u00f9 l\u2019on boit) et de joie\u00a0\u00bb. Aussi nos sages disent-ils\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019homme a l\u2019obligation de s\u2019enivrer \u00e0 Pourim, jusqu\u2019\u00e0 ne plus savoir distinguer entre <em>arour Haman<\/em> (\u201cmaudit soit Haman\u201d) et <em>baroukh Mordekha\u00ef<\/em> (\u201cb\u00e9ni soit Mordekha\u00ef\u201d)\u00a0\u00bb (<em>M\u00e9guila <\/em>7b).<\/p>\n<p>Toutefois, de nombreuses opinions ont \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9es quant \u00e0 la d\u00e9finition de la mitsva de se r\u00e9jouir, et l\u2019on peut les classer en deux partis principaux. Certains estiment qu\u2019il faut prendre litt\u00e9ralement les propos des sages\u00a0: l\u2019homme doit \u00eatre ivre (<em>chikor<\/em>), au point qu\u2019il ne puisse plus distinguer entre <em>arour Haman<\/em> et <em>baroukh Mordekha\u00ef<\/em> (c\u2019est l\u2019opinion du Rif et du Roch). En d\u2019autres termes, on doit parvenir \u00e0 une joie simple, qui ne distingue plus les notions, de sorte que, en son esprit, \u00ab\u00a0maudit soit Haman\u00a0\u00bb \u00e9quivaudra \u00e0 \u00ab\u00a0b\u00e9ni soit Mordekha\u00ef\u00a0\u00bb, car tout est bien, et tout est pour le mieux. Tel est bien le caract\u00e8re des gens pris de boisson\u00a0: ils ne peuvent consid\u00e9rer les d\u00e9tails, et tout leur para\u00eet semblable. Toutefois, si l\u2019on sait que, en s\u2019enivrant, on risque d\u2019en venir \u00e0 faire des choses interdites ou laides, on devra s\u2019abstenir d\u2019aller jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9\u00a0: on boira simplement beaucoup, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on s\u2019endorme en cette griserie\u00a0; et, une fois endormi, on ne saura effectivement plus distinguer entre <em>arour Haman<\/em> et <em>baroukh Mordekha\u00ef<\/em>.<\/p>\n<p>D\u2019autres, comme Rabb\u00e9nou Ephra\u00efm, estiment que la mitsva consiste seulement \u00e0 boire plus que d\u2019habitude, au point d\u2019\u00eatre <em>sous l\u2019effet<\/em> de l\u2019alcool (<em>chatou\u00ef<\/em>), mais qu\u2019il ne faut pas aller jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9, car on risquerait de se conduire d\u2019une mani\u00e8re peu honorable. Selon cette position, la halakha, telle qu\u2019elle est tranch\u00e9e, n\u2019a point adopt\u00e9 l\u2019opinion exprim\u00e9e par un des sages du Talmud, selon laquelle on doit boire au point \u00ab\u00a0de ne plus savoir\u00a0\u00bb. Ou bien encore, tout en adoptant l\u2019opinion selon laquelle on boit au point \u00ab\u00a0de ne plus savoir\u00a0\u00bb, on l\u2019interpr\u00e8te diff\u00e9remment, en disant que le propos est ici de boire jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on ne puisse plus \u00eatre pr\u00e9cis dans sa parole, de sorte que, si l\u2019on devait r\u00e9p\u00e9ter de nombreuses fois les mots <em>arour Haman, baroukh Mordekha\u00ef<\/em>, on s\u2019embrouillerait quelquefois (<em>Tossephot<\/em>, Ran).<\/p>\n<p>En pratique, chacun doit choisir de lui-m\u00eame la voie par laquelle il pourra, pour le mieux, boire et se r\u00e9jouir pour l\u2019honneur du Ciel. Et puisque les hommes sont, par nature, diff\u00e9rents les uns des autres, les opinions diff\u00e8rent, elles aussi, quant \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019accomplir la mitsva du festin et de la joie<sup><a href='#_te01ftn16_11' id='_te01ftnref16_11' class='aup1'>[11]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div>\n<a href='#_te01ftnref16_11' id='_te01ftn16_11'>[11]<\/a>. Il existe trois degr\u00e9s d\u2019influence de l\u2019alcool\u00a0: a) le <em>chatou\u00ef <\/em>(personne sous l\u2019effet l\u00e9ger de l\u2019alcool)\u00a0; b) le <em>chikor <\/em>(personne ivre)\u00a0; c) le <em>chikor ke-Loth<\/em> (personne ivre \u00ab\u00a0comme Loth\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ol start=\"11\">\n<li>a) Le <em>chatou\u00ef<\/em> est celui qui a bu de l\u2019alcool au point d\u2019en ressentir de la joie, et un certain \u00e9tourdissement, mais qui pourrait encore se tenir dignement devant un roi. En mati\u00e8re de lois de la pri\u00e8re, il lui est interdit de r\u00e9citer la \u2018Amida avant que ne se dissipe l\u2019effet de l\u2019alcool, mais, s\u2019il l\u2019a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9cit\u00e9e, sa pri\u00e8re est valable. b) Le <em>chikor<\/em> est celui qui a bu beaucoup d\u2019alcool, au point de ne plus pouvoir se tenir devant un roi, parce qu\u2019il n\u2019est pas capable de se conduire dignement. S\u2019il a r\u00e9cit\u00e9 la \u2018Amida, il n\u2019en est pas quitte, car sa pri\u00e8re a le statut de <em>to\u2019\u00e9va<\/em> (abomination). En revanche, il r\u00e9citera, malgr\u00e9 son \u00e9bri\u00e9t\u00e9, les b\u00e9n\u00e9dictions de jouissance qu\u2019il lui incombe de dire. c) Le <em>chikor ke-Loth <\/em>est celui qui a tellement bu qu\u2019il ne sait plus ce qui lui arrive. Il a, halakhiquement, le statut de <em>chot\u00e9<\/em> (d\u00e9ment), qui est dispens\u00e9 de l\u2019accomplissement des mitsvot positives. Cf. <em>La Pri\u00e8re d\u2019Isra\u00ebl<\/em> 5, 11.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<br \/>\nRevenons \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 la mitsva de la boisson \u00e0 Pourim. Le Rif et le Roch rapportent les propos de Rava, dans la Gu\u00e9mara, selon lesquels \u00ab\u00a0l\u2019homme a l\u2019obligation de s\u2019enivrer, \u00e0 Pourim, jusqu\u2019\u00e0 ne plus savoir etc.\u00a0\u00bb, ce qui laisse entendre qu\u2019ils ont compris la mitsva litt\u00e9ralement. Le verbe aram\u00e9en <em>bassoum\u00e9<\/em>, employ\u00e9 par Rava, signifie s\u2019enivrer, comme l\u2019explique Rachi sur <em>M\u00e9guila<\/em> 7b. Il semble que cela corresponde au degr\u00e9 de <em>chikor<\/em>, mentionn\u00e9 plus haut (b). Par contre, si l\u2019on est \u00ab\u00a0ivre comme Loth\u00a0\u00bb, non seulement on ne distingue plus entre <em>arour Haman<\/em> et <em>baroukh Mordekha\u00ef<\/em>, mais on ne distingue plus rien du tout.<\/p>\n<p>Cependant, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de la cat\u00e9gorie de <em>chikor<\/em>, il y a diff\u00e9rents degr\u00e9s\u00a0: 1) ne pas pouvoir parler convenablement devant un roi\u00a0; 2) \u00ab\u00a0ne plus savoir\u2026\u00a0\u00bb, ce qui consiste, comme nous l\u2019avons vu ci-dessus, \u00e0 ne plus pouvoir distinguer les d\u00e9tails, mais garder une vue g\u00e9n\u00e9rale, comme le disent nos sages\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque pr\u00eate attention \u00e0 son verre, le monde entier lui semble ressembler \u00e0 une plaine\u00a0\u00bb (<em>Yoma<\/em> 75a)\u00a0; il oublie ses tourments, et tout, \u00e0 ses yeux, est pour le bien, que ce soit la mal\u00e9diction d\u2019Haman ou la b\u00e9n\u00e9diction de Mordekha\u00ef. Un tel <em>chikor <\/em>est susceptible, s\u2019il n\u2019y prend garde, de s\u2019avilir. Or selon de nombreux auteurs, ce degr\u00e9 d\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9, o\u00f9 les d\u00e9tails sont estomp\u00e9s, est celui qui est requis de Pourim\u00a0; c\u2019est ce que l\u2019on peut inf\u00e9rer des propos du <em>Tour\u00e9 Zahav<\/em> et du Gaon de Vilna. Tel \u00e9tait l\u2019usage du \u2018Hakham Tsvi et de nombreux autres grands ma\u00eetres d\u2019Isra\u00ebl. Selon le Raavia (II 564), s\u2019enivrer \u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 ne plus savoir\u2026\u00a0\u00bb participe d\u2019une mitsva, mais n\u2019est pas une obligation (<em>\u2018hova<\/em>). Il semble que son opinion repose sur le constat que l\u2019on peut accomplir un festin o\u00f9 abonde le vin, sans pour autant arriver \u00e0 une telle \u00e9bri\u00e9t\u00e9. Des propos du Rif et du Roch, en revanche, il ressort que c\u2019est une obligation. Et bien que la Gu\u00e9mara raconte que Rabba \u00ab\u00a0\u00e9gorgea\u00a0\u00bb Rabbi Zeira lors d\u2019un festin de Pourim, [tant il avait bu, puis qu\u2019il le ressuscita], le fait que Rabba ait de nouveau invit\u00e9 Rabbi Zeira l\u2019an suivant \u00e0 se joindre \u00e0 lui pour le festin, et que Rabbi Zeira ait craint de revenir, laisse entendre que la mitsva reste bien de boire au point de \u00ab\u00a0ne plus savoir\u2026\u00a0\u00bb, litt\u00e9ralement (<em>Echkol<\/em>, <em>Peri \u2018Hadach<\/em>).<\/p>\n<p>Ma\u00efmonide (2, 15) \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0On boit du vin au point de s\u2019enivrer et de s\u2019endormir dans son \u00e9bri\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb Cela semble \u00eatre une position interm\u00e9diaire\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, on doit arriver au degr\u00e9 de \u00ab\u00a0ne plus savoir\u2026\u00a0\u00bb, et de l\u2019autre, on ne doit point parvenir \u00e0 cela \u00e0 l\u2019\u00e9tat de veille \u2013 car alors on serait grandement so\u00fbl \u2013\u00a0: le sommeil vient ici par l\u2019effet de l\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9. C\u2019est aussi ce qu\u2019\u00e9crit le Mahari Brin, cit\u00e9 par le Rama (695, 1).<\/p>\n<p>D\u2019autres pensent qu\u2019il n\u2019est pas besoin de s\u2019enivrer tellement, car l\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9 est chose d\u00e9go\u00fbtante, qui risque de mener \u00e0 de graves interdits, comme l\u2019\u00e9crit le <em>Or\u2019hot \u2018Ha\u00efm<\/em>. C\u2019est en ce sens que se prononce le M\u00e9\u00efri\u00a0: \u00ab\u00a0Nous n\u2019avons pas l\u2019obligation de nous so\u00fbler, et de nous abaisser \u00e0 l\u2019occasion de nos r\u00e9jouissances\u00a0; car ce qui nous est prescrit n\u2019est pas une joie de d\u00e9bauche ni de folie, mais une joie de d\u00e9lice, par laquelle on acc\u00e8de \u00e0 l\u2019amour de Dieu, b\u00e9ni soit-Il, et \u00e0 la reconnaissance pour les miracles qu\u2019Il produisit en notre faveur.\u00a0\u00bb Le <em>Maor<\/em> \u00e9crit au nom de Rabb\u00e9nou Ephra\u00efm que, en racontant que Raba \u00ab\u00a0\u00e9gorgea\u00a0\u00bb Rabbi Zeira, la Gu\u00e9mara laisse entendre que la halakha ne prescrit pas de boire \u00ab\u00a0au point de ne plus savoir\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cependant, on doit bien ajouter que, de l\u2019avis m\u00eame de ces d\u00e9cisionnaires, c\u2019est une obligation que de boire \u00e0 suffisance pour se sentir <em>sous l\u2019effet<\/em> de l\u2019alcool (degr\u00e9 de <em>chatou\u00ef<\/em>)\u00a0; degr\u00e9 qui n\u2019autoriserait pas \u00e0 r\u00e9citer la \u2018Amida. C\u2019est ce qui ressort clairement du d\u00e9bat sur l\u2019heure du festin\u00a0: on a \u00e9loign\u00e9 le festin de l\u2019heure de la pri\u00e8re d\u2019Arvit, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que l\u2019on ne peut prier trop peu de temps apr\u00e8s le festin. De plus, c\u2019est une mitsva de boire davantage \u00e0 Pourim que durant les autres f\u00eates, puisque Pourim est un jour de festin [<em>micht\u00e9<\/em>, selon le terme employ\u00e9 par le livre d\u2019Esther\u00a0; or le mot <em>micht\u00e9<\/em> est construit sur la racine \u05e9\u05ea\u05d4, qui signifie boire.] Or puisque, le Yom tov, nous avons la mitsva de boire du vin afin de nous r\u00e9jouir \u2013 et que l\u2019on peut en inf\u00e9rer qu\u2019il faut boire au moins un <em>revi\u2019it<\/em> (comme l\u2019indique le <em>gaon<\/em> Rabbi Chn\u00e9or Zalman de Liady dans <em>Torah Or <\/em>99, 3), quantit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 propre \u00e0 rendre <em>chatou\u00ef<\/em>, on doit n\u00e9cessairement, \u00e0 Pourim, se rapprocher de l\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><em>Tossephot<\/em> et le Ran expliquent que l\u2019on doit boire au point de s\u2019embrouiller quelquefois dans les mots <em>arour Haman, baroukh Mordekha\u00ef<\/em>. Aboudraham raconte qu\u2019on avait coutume, dans sa communaut\u00e9, de chanter un po\u00e8me\u00a0pendant le festin ; le public devait r\u00e9pondre pr\u00e9cis\u00e9ment au soliste, une fois <em>arour Haman<\/em>, la fois suivante <em>baroukh Mordekha\u00ef<\/em>. Quand un des choristes parvenait au degr\u00e9 de <em>chatou\u00ef<\/em>, il s\u2019embrouillait. L\u2019<em>Agouda<\/em> et Rabb\u00e9nou Yerou\u2019ham expliquent que la valeur num\u00e9rique d\u2019<em>arour Haman <\/em>est \u00e9gale \u00e0 celle de <em>baroukh Mordekha\u00ef<\/em>\u00a0; or quand on boit, on a du mal \u00e0 en faire le compte. Autre explication, celle du <em>Nimouq\u00e9 Yossef<\/em>\u00a0: on boira et s\u2019amusera, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on <em>paraisse<\/em> \u00ab\u00a0ne plus savoir\u2026\u00a0\u00bb. Suivant ces opinions \u00e9galement, la mitsva consiste \u00e0 \u00eatre <em>chatou\u00ef<\/em>, mais non <em>chikor<\/em>\u00a0; ces auteurs estiment que la halakha est bien conforme \u00e0 l\u2019opinion de Rava, et qu\u2019il faut effectivement boire jusqu\u2019\u00e0 \u00ab\u00a0ne plus savoir\u00a0\u00bb, mais que cette expression ne vise pas une grande \u00e9bri\u00e9t\u00e9. Le <em>Chn\u00e9 Lou\u2019hot Habrit<\/em> et Rabbi Mena\u2019hem Azaria da Fano s\u2019expriment de mani\u00e8re proche.<\/p>\n<p>Si l\u2019on approfondit ces textes, il appara\u00eet que la mitsva consiste \u00e0 \u00eatre <em>chatou\u00ef<\/em>, ou m\u00eame quelque peu <em>chikor<\/em>, comme l\u2019exprime le <em>Ba\u00eft \u2018Hadach<\/em>, qui adopte, halakhiquement, l\u2019opinion de Rabb\u00e9nou Ephra\u00efm, mais qui \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0On sera sous l\u2019effet de l\u2019alcool (<em>chatou\u00ef<\/em>), ou m\u00eame ivre (<em>chikor<\/em>) au point de ne pouvoir parler devant un roi, <em>\u00e0 condition de garder la conscience de soi<\/em>.\u00a0\u00bb On trouve une opinion proche dans le <em>Yad Ephra\u00efm<\/em>, qui pense, toutefois, que les propos de Rava n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9s, mais que ce que vise Rava, par l\u2019expression \u00ab\u00a0jusqu\u2019\u00e0 ne plus savoir\u00a0\u00bb, est le moment qui <em>pr\u00e9c\u00e8de<\/em> celui o\u00f9 l\u2019on \u00ab\u00a0ne sait plus\u00a0\u00bb, et non celui o\u00f9 l\u2019on \u00ab\u00a0ne sait plus\u00a0\u00bb lui-m\u00eame. Le <em>Sfat Emet<\/em> est proche de cela, ainsi que Rabbi Isra\u00ebl Salanter\u00a0: ils estiment qu\u2019il faut boire toute la journ\u00e9e, dans le but d\u2019\u00eatre en joie, et que, si l\u2019on arrive au degr\u00e9 de \u00ab\u00a0ne plus savoir\u00a0\u00bb, on est d\u00e9sormais quitte de la mitsva, et l\u2019on n\u2019a plus besoin de continuer \u00e0 boire. Cf. <em>Hazmanim Bahalakha<\/em> du Rav Zevin, pp. 203-207, <em>Torat Hamo\u2019adim<\/em> 11, 3.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mitsva de se r\u00e9jouir \u00e0 Pourim est unique en son genre\u00a0; la joie de Pourim est encore sup\u00e9rieure \u00e0 celle des autres jours de f\u00eate car, au sujet des autres jours de Yom tov (Soukot, Pessa\u2019h et Chavou\u2019ot), il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu te r\u00e9jouiras en ta f\u00eate\u00a0\u00bb (Dt 16, 14)\u00a0; et puisque, en pratique, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[40],"tags":[],"class_list":["post-123","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-05-16"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>10. 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