{"id":1237,"date":"2016-01-10T00:05:55","date_gmt":"2016-01-09T22:05:55","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=1237"},"modified":"2017-07-20T11:23:16","modified_gmt":"2017-07-20T08:23:16","slug":"01-10-05","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/01-10-05\/","title":{"rendered":"05. Cuisson d\u2019un plat liquide et coutume s\u00e9farade"},"content":{"rendered":"
Nous l\u2019avons vu, il n\u2019y a pas de cuisson apr\u00e8s cuisson<\/em>. Il est donc permis de r\u00e9chauffer, le Chabbat, un aliment d\u00e9j\u00e0 cuit. On peut, par exemple, sortir du r\u00e9frig\u00e9rateur des poissons cuits ou une escalope frite et les r\u00e9chauffer, les portant m\u00eame \u00e0 une temp\u00e9rature de yad sol\u00e9det bo<\/em>, \u00e0 condition que cette op\u00e9ration ne ressemble pas \u00e0 une cuisson (nous \u00e9tudierons ce dernier \u00e9l\u00e9ment au paragraphe 18).<\/p>\n Cependant, une controverse essentielle divise les plus grands des Richonim quant au fait de savoir si ce principe s\u2019applique \u00e9galement aux aliments liquides, tels que la soupe ou les sauces. Un aliment est consid\u00e9r\u00e9 comme liquide (nozli<\/em>) si, plac\u00e9 dans une assiette, il se r\u00e9pand sur les c\u00f4t\u00e9s \u00e0 une hauteur \u00e9gale\u00a0; si, en revanche, il reste \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 on l\u2019a plac\u00e9, on le consid\u00e8re comme solide (moutsaq<\/em>)[c]<\/a><\/sup>. Selon Ma\u00efmonide, le Rachba et le Ran, le principe ein bichoul a\u2019har bichoul<\/em> (\u00ab\u00a0il n\u2019y a pas de cuisson apr\u00e8s cuisson\u00a0\u00bb) s\u2019applique \u00e9galement \u00e0 de la soupe cuite. Aussi, d\u2019apr\u00e8s ces auteurs, il est permis de sortir de la soupe du r\u00e9frig\u00e9rateur, durant Chabbat, et de la r\u00e9chauffer d\u2019une fa\u00e7on qui ne ressemble pas \u00e0 une cuisson (infra \u00a7 18).<\/p>\n Mais selon Rachi, le Roch, le S\u00e9fer Mitsvot Gadol<\/em> et le S\u00e9fer Mitsvot Qatan<\/em>, ce n\u2019est qu\u2019aux aliments solides que s\u2019appliquent le principe ein bichoul a\u2019har bichoul <\/em>et l\u2019autorisation de r\u00e9chauffer pendant Chabbat. Il est en revanche interdit de r\u00e9chauffer les plats liquides, m\u00eame s\u2019ils sont enti\u00e8rement cuits, d\u00e8s lors qu\u2019ils ont refroidi, car ce serait consid\u00e9r\u00e9 comme une cuisson. Cela, parce que la cuisson d\u2019un aliment solide a essentiellement pour effet de cr\u00e9er un go\u00fbt<\/em> d\u2019aliment cuit, poch\u00e9 ou au four\u00a0: il n\u2019y a pas une grande diff\u00e9rence entre le go\u00fbt d\u2019un pain chaud et celui du m\u00eame pain froid\u00a0; de m\u00eame, le go\u00fbt d\u2019un poisson ou de pommes de terre n\u2019est pas tr\u00e8s diff\u00e9rent selon qu\u2019ils sont chauds ou froids. Aussi, d\u00e8s l\u2019instant que des aliments solides ont contract\u00e9 leur go\u00fbt d\u2019aliments poch\u00e9s ou au four, leur cuisson est consid\u00e9r\u00e9e comme achev\u00e9e\u00a0; m\u00eame s\u2019ils refroidissent ensuite, il sera permis de les r\u00e9chauffer, car l\u2019interdit de bichoul <\/em>ne leur est plus applicable. En revanche, s\u2019agissant de plats liquides, la chaleur constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel \u00e0 la d\u00e9finition de la cuisson\u00a0: il y a une diff\u00e9rence significative entre une soupe froide et une soupe chaude. De m\u00eame, un th\u00e9 ou un caf\u00e9 diff\u00e8rent beaucoup selon qu\u2019ils sont froids ou chauds. Aussi, en mati\u00e8re d\u2019aliments liquides, yech bichoul a\u2019har bichoul<\/em> (il y a cuisson apr\u00e8s cuisson), et si le mets liquide a refroidi, quiconque le porterait de nouveau \u00e0 la temp\u00e9rature de yad sol\u00e9det bo<\/em> transgresserait par-l\u00e0 l\u2019interdit toranique de cuire.<\/p>\n En pratique, le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> (318, 4) tranche suivant l\u2019opinion rigoureuse\u00a0; et telle est la coutume majoritaire parmi les S\u00e9farades\u00a0: tout plat liquide qui, refroidissant, a atteint une temp\u00e9rature inf\u00e9rieure \u00e0 yad sol\u00e9det bo<\/em>, voit annul\u00e9e sa cuisson premi\u00e8re, si bien qu\u2019il est toraniquement interdit de le porter \u00e0 une temp\u00e9rature sup\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 yad sol\u00e9det bo<\/em>. Il est donc interdit de sortir du r\u00e9frig\u00e9rateur une soupe pour la r\u00e9chauffer. De m\u00eame, si l\u2019on a \u00f4t\u00e9 une soupe de la plaque chauffante et que sa temp\u00e9rature soit descendue en-de\u00e7\u00e0 de yad sol\u00e9det bo<\/em>, il sera interdit de la remettre sur la plaque. En revanche, si l\u2019on est certain que la temp\u00e9rature de cette soupe est sup\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 yad sol\u00e9det bo<\/em>, il sera permis de la remettre sur la plaque (dans des conditions que nous \u00e9tudierons au paragraphe 19)\u00a0; de m\u00eame, en ce dernier cas, si cette soupe \u00e9tait plac\u00e9e sur l\u2019un des c\u00f4t\u00e9s de la plaque, il sera permis de la faire passer au centre afin d\u2019intensifier sa chaleur.<\/p>\n Si la majorit\u00e9 des aliments pr\u00e9sents dans une marmite froide sont solides, mais qu\u2019il se trouve aussi de la sauce liquide, il est interdit de r\u00e9chauffer la marmite, car le r\u00e9chauffage de la sauce est interdit au titre de bichoul<\/em>. La solution, dans un tel cas, est d\u2019extraire les aliments solides et de les r\u00e9chauffer seuls. Quant \u00e0 l\u2019humidit\u00e9 qui reste sur ces morceaux, il n\u2019y a pas lieu d\u2019en tenir compte. De m\u00eame, il est permis de r\u00e9chauffer un aliment solide, tel que de la viande ou du poisson, auquel serait attach\u00e9e un peu d\u2019humidit\u00e9, car ce liquide n\u2019a pas d\u2019importance propre, il est accessoire \u00e0 l\u2019aliment solide[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Quand le plat est fig\u00e9 comme de la gel\u00e9e, par exemple s\u2019agissant d\u2019une sauce aux champignons, mais que le chauffage a pour effet de le rendre liquide, son statut est celui d\u2019un plat non liquide, qu\u2019il est permis de r\u00e9chauffer (Michna Beroura<\/em> 318, 100\u00a0; Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 158). Cependant, suivant la coutume ashk\u00e9naze, il ne faut pas le r\u00e9chauffer a priori, car certains auteurs (Terouma<\/em>, Roch) estiment qu\u2019il n\u2019y a pas lieu, a priori, de faire un acte qui aura pour effet de faire passer une chose de l\u2019\u00e9tat solide \u00e0 l\u2019\u00e9tat liquide ou inversement, car cet acte est assimilable au fait de cr\u00e9er une chose nouvelle (comme nous l\u2019expliquerons au chap. 12 \u00a7 12). Si la sauce est accessoire \u00e0 l\u2019aliment solide, il sera permis, m\u00eame selon la coutume ashk\u00e9naze, de r\u00e9chauffer l\u2019aliment avec sa sauce solidifi\u00e9e, et qui se liqu\u00e9fiera.<\/p>\n