{"id":1249,"date":"2016-01-10T00:11:19","date_gmt":"2016-01-09T22:11:19","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=1249"},"modified":"2017-07-20T11:39:14","modified_gmt":"2017-07-20T08:39:14","slug":"01-10-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/01-10-11\/","title":{"rendered":"11. Cuire \u00e0 l\u2019eau apr\u00e8s une cuisson au four, et autres successions de cuissons"},"content":{"rendered":"
Comme nous l\u2019avons vu (\u00a7 3), il est permis de r\u00e9chauffer, pendant Chabbat, un plat qui a d\u00e9j\u00e0 enti\u00e8rement cuit, car l\u2019interdit de bichoul<\/em> consiste \u00e0 faire passer un aliment de l\u2019\u00e9tat cru \u00e0 l\u2019\u00e9tat cuit\u00a0; tandis qu\u2019apr\u00e8s que l\u2019aliment a cuit, il n\u2019est pas interdit de le r\u00e9chauffer. Toutefois, il nous faut encore v\u00e9rifier s\u2019il est permis, le Chabbat, de faire passer un aliment de l\u2019\u00e9tat cuit, quand cette cuisson s\u2019est faite \u00e0 l\u2019eau, \u00e0 l\u2019\u00e9tat grill\u00e9, ou encore de l\u2019\u00e9tat cuit, quand cette cuisson s\u2019est faite au four, \u00e0 l\u2019\u00e9tat poch\u00e9, et ainsi des autres combinaisons du m\u00eame genre. Par exemple, est-il permis de prendre de la viande qui a \u00e9t\u00e9 grill\u00e9e avant Chabbat, et de l\u2019introduire, pendant Chabbat, dans une marmite de cholent<\/em> ou de tafina<\/em>\u00a0? D\u2019un c\u00f4t\u00e9, cette viande n\u2019est plus crue, elle est enti\u00e8rement grill\u00e9e\u00a0; de l\u2019autre, son s\u00e9jour dans la marmite modifierait sa nature, la faisant passer de grill\u00e9e \u00e0 bouillie.<\/p>\n Selon le Raavia, le Mordekhi et la majorit\u00e9 des Richonim, il n\u2019y a pas d\u2019interdit \u00e0 cela. Par la chaleur du feu, l\u2019aliment est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9 de l\u2019\u00e9tat cru \u00e0 l\u2019\u00e9tat cuit \u2013 \u00e0 l\u2019eau, au four ou au gril \u2013\u00a0; l\u2019interdit de bichoul <\/em>ne s\u2019y applique donc plus. Quant au changement d\u2019\u00e9tat qu\u2019entra\u00eenera le passage du grill\u00e9 au poch\u00e9 ou l\u2019inverse, cela n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme une cuisson mais comme une accentuation donn\u00e9e au go\u00fbt, qui n\u2019est pas interdite. Telle est la halakha selon une partie des d\u00e9cisionnaires s\u00e9farades (Ye\u2019hav\u00e9 Da\u2019at<\/em> II 44\u00a0; Menou\u2019hat Ahava<\/em> II 10, 26).<\/p>\n En revanche, selon Rabbi Eli\u00e9zer de Metz (S\u00e9fer Yere\u00efm<\/em> 274), s\u2019il est permis de r\u00e9chauffer pendant Chabbat un plat poch\u00e9, cuit au four ou grill\u00e9, il est interdit de modifier sa nature en le faisant passer de l\u2019\u00e9tat grill\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat poch\u00e9, car cela serait consid\u00e9r\u00e9 comme une nouvelle cuisson. De m\u00eame, il est interdit de prendre du pain cuit au four et de le mettre dans une marmite o\u00f9 mijote un mets car, ce faisant, on transformerait le pain\u00a0: de cuit au four, il deviendrait cuit \u00e0 l\u2019eau. M\u00eame si la soupe se trouve dans un keli ch\u00e9ni<\/em>, il faut craindre que le pain ne fasse partie des qal\u00e9 habichoul<\/em> (aliments faciles \u00e0 cuire), et qu\u2019il ne cuise donc dans le keli ch\u00e9ni<\/em>. La coutume ashk\u00e9naze est d\u2019\u00eatre rigoureux (Rama 318, 5). De m\u00eame, une partie des d\u00e9cisionnaires s\u00e9farades estiment qu\u2019il est juste, a priori, d\u2019\u00eatre rigoureux en cela (Ben Ich \u2018Ha\u00ef<\/em>, deuxi\u00e8me ann\u00e9e, Bo<\/em> 6\u00a0; Or l\u00e9-Tsion <\/em>II 30, 6).<\/p>\n Certes, ceux-l\u00e0 m\u00eame qui ont l\u2019usage d\u2019\u00eatre rigoureux reconnaissent que, a posteriori, si l\u2019on a poch\u00e9 un aliment cuit au four, ou mis au four un aliment cuit \u00e0 l\u2019eau, l\u2019aliment n\u2019est pas interdit \u00e0 la consommation\u00a0; en effet, a posteriori, on peut s\u2019appuyer sur l\u2019opinion des d\u00e9cisionnaires indulgents (Michna Beroura<\/em> 318, 46).<\/p>\n Suivant l\u2019usage de la majorit\u00e9 des communaut\u00e9s, qui sont rigoureuses en cette mati\u00e8re, celui qui souhaite tremper un biscuit dans du th\u00e9 ou du caf\u00e9 doit veiller \u00e0 ce que le th\u00e9 ou le caf\u00e9 se trouve dans un keli chelichi<\/em>, car celui-ci ne provoque pas la cuisson. Si l\u2019on souhaite tremper du pain dans la soupe, et que l\u2019on serve la soupe de la marmite \u00e0 l\u2019assiette par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une louche, on pourra \u00eatre indulgent et consid\u00e9rer l\u2019assiette de soupe comme un keli chelichi<\/em>, ce qui autorisera \u00e0 y tremper du pain (Michna Beroura<\/em> 318, 45)[10]<\/a><\/sup>.<\/p>\n