{"id":1345,"date":"2016-01-12T00:04:56","date_gmt":"2016-01-11T22:04:56","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=1345"},"modified":"2017-07-23T09:04:03","modified_gmt":"2017-07-23T06:04:03","slug":"01-12-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/01-12-04\/","title":{"rendered":"04. La permission de pr\u00e9parer une p\u00e2te fluide de mani\u00e8re inhabituelle"},"content":{"rendered":"
Comme nous l\u2019avons vu, l\u2019interdit toranique de lach<\/em> porte sur le p\u00e9trissage d\u2019une p\u00e2te \u00e9paisse, acte par lequel les particules se rassemblent en un bloc unifi\u00e9, de sorte que, si l\u2019on mettait cette p\u00e2te dans une assiette, elle ne coulerait pas, ni ne se r\u00e9pandrait sur les c\u00f4t\u00e9s. Mais faire une p\u00e2te fluide, que l\u2019on peut verser d\u2019un r\u00e9cipient \u00e0 un autre, et qui s\u2019\u00e9tale sur les c\u00f4t\u00e9s quand on la met dans une assiette, n\u2019est pas interdit par la Torah. En effet, pr\u00e9parer une telle p\u00e2te n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme un acte de p\u00e9trissage mais seulement de remuement (be\u2019hicha<\/em>). Toutefois, puisqu\u2019il est \u00e0 craindre de se tromper, et de faire une p\u00e2te \u00e9paisse, transgressant ainsi un interdit toranique, les sages ont dress\u00e9 une haie protectrice autour de la Torah en interdisant de faire une p\u00e2te fluide. Cependant, les sages permettent de faire une p\u00e2te fluide en introduisant un changement<\/em> (chinou\u00ef<\/em>) dans l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019acte car, \u00e0 l\u2019aide de ce changement, on se rappellera l\u2019interdit toranique, et l\u2019on prendra soin de ne pas rendre cette p\u00e2te \u00e9paisse.<\/p>\n Le changement doit s\u2019op\u00e9rer dans la mani\u00e8re de r\u00e9unir les ingr\u00e9dients. Si l\u2019on a l\u2019habitude de placer d\u2019abord la mati\u00e8re s\u00e8che puis d\u2019y verser le liquide, on placera d\u2019abord les ingr\u00e9dients liquides, puis on y versera la mati\u00e8re s\u00e8che. Si l\u2019on a l\u2019habitude de placer d\u2019abord les liquides et d\u2019y verser la mati\u00e8re s\u00e8che, on placera d\u2019abord la mati\u00e8re s\u00e8che et l\u2019on y versera les liquides. Dans ce dernier cas, on versera tous les liquides en une fois, afin qu\u2019une p\u00e2te \u00e9paisse ne soit pas d\u2019abord form\u00e9e.<\/p>\n Ensuite, durant l\u2019\u00e9tape du remuement, certains estiment qu\u2019il n\u2019est plus n\u00e9cessaire de rien changer, si ce n\u2019est que l\u2019on ne m\u00e9langera pas vigoureusement, comme on le ferait les jours de semaine. D\u2019autres sont rigoureux, exigeant de modifier \u00e9galement la forme du remuement\u00a0: par exemple, au lieu de m\u00e9langer la p\u00e2te en tournant la cuiller, on m\u00e9langera en imprimant \u00e0 celle-ci des mouvements rectilignes, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019autre du r\u00e9cipient, ou en quadrillage\u00a0; ou bien encore en remuant du doigt, ou en faisant tanguer le r\u00e9cipient, ou en transvasant la p\u00e2te d\u2019un r\u00e9cipient \u00e0 un autre, de fa\u00e7on qu\u2019elle se m\u00e9lange. A priori, il est juste de se rendre quitte aux yeux de tous les d\u00e9cisionnaires, en modifiant aussi bien la fa\u00e7on de r\u00e9unir les ingr\u00e9dients que la fa\u00e7on de remuer.<\/p>\n Quand il n\u2019y a pas d\u2019ordre particulier dans la mani\u00e8re de r\u00e9unir les ingr\u00e9dients, on placera d\u2019abord la mati\u00e8re s\u00e8che, et l\u2019on versera les liquides par-dessus\u00a0; en plus de quoi on aura soin de modifier sa mani\u00e8re de remuer[7]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Il est permis d\u2019ajouter des liquides \u00e0 une p\u00e2te \u00e9paisse pour la rendre fluide\u00a0; en effet, l\u2019adjonction d\u2019eau dans la p\u00e2te produit l\u2019op\u00e9ration inverse du p\u00e9trissage, car ce dernier rassemble les parties en une pi\u00e8ce unitaire, tandis que l\u2019adjonction d\u2019eau affaiblit leur fusion (B\u00e9our Halakha <\/em>321, 15, passage commen\u00e7ant par Yakhol<\/em>).<\/p>\n D\u2019apr\u00e8s cela, il est permis d\u2019ajouter de l\u2019eau \u00e0 une p\u00e2te de te\u2019hina<\/em>[a]<\/a><\/sup> brute, puisque l\u2019eau la rend plus fluide. Certains, il est vrai, l\u2019interdisent, parce que, durant le processus de fluidification, il y a une \u00e9tape o\u00f9 la p\u00e2te durcit l\u00e9g\u00e8rement (Chemirat Chabbat Kehilkhata<\/em> 8, 31). Cependant, en pratique, l\u2019essentiel tient dans l\u2019opinion indulgente, puisque, en fin de compte, la p\u00e2te devient plus fluide. De plus, la graine a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pil\u00e9e et r\u00e9duite \u00e0 l\u2019\u00e9tat p\u00e2teux \u00e0 la veille de Chabbat, si bien que, de l\u2019avis de nombreux auteurs, l\u2019interdit de p\u00e9trir ne s\u2019y applique plus (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 321, 15). Pour sortir du doute, il est juste de remuer cette p\u00e2te de mani\u00e8re inhabituelle, quadrill\u00e9e au lieu de circulaire.<\/p>\n