{"id":1463,"date":"2016-01-17T00:02:58","date_gmt":"2016-01-16T22:02:58","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=1463"},"modified":"2017-07-23T12:36:46","modified_gmt":"2017-07-23T09:36:46","slug":"01-17-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/01-17-02\/","title":{"rendered":"02. Si l\u2019interdit de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est toranique ou rabbinique"},"content":{"rendered":"
Il est interdit, le Chabbat, de mettre en marche des appareils fonctionnant \u00e0 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, tels que le t\u00e9l\u00e9phone, un haut-parleur, un syst\u00e8me d\u2019alarme, une sonnette, un ventilateur, un climatiseur ou encore un ordinateur. M\u00eame lorsque ces appareils ne contiennent pas de filament, et qu\u2019ils n\u2019ex\u00e9cutent aucun des trente-neuf travaux d\u00e9fendus, il reste interdit de les mettre en marche le Chabbat. Simplement, les A\u2019haronim sont partag\u00e9s quant au fait de savoir si l\u2019interdit de les actionner est une norme toranique ou rabbinique.<\/p>\n
Selon certains, toute mise en marche d\u2019appareil \u00e9lectrique est interdite par la Torah, au titre de la m\u00e9lakha<\/em> d\u2019allumer (mav\u2019ir<\/em>), car l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme un feu\u00a0<\/em>: de m\u00eame que le feu, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 poss\u00e8de de l\u2019\u00e9nergie et une force agissante. C\u2019est en ce sens qu\u2019incline le Rav Avraham Yits\u2019haq Kook\u00a0: pour lui, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est assimil\u00e9e au feu car, pour qu\u2019une chose soit consid\u00e9r\u00e9e comme du feu, l\u2019essentiel ne r\u00e9side pas dans le fait de ressembler ext\u00e9rieurement au feu, mais dans le fait de pouvoir agir en vue d\u2019\u00e9clairer, de r\u00e9chauffer, ou de commander le fonctionnement d\u2019objets divers. En ce sens, les sages du Talmud disent qu\u2019il existe plusieurs cat\u00e9gories de feu, et qu\u2019il existe ainsi un feu qui ne consume ni ne d\u00e9truit<\/em>, comme celui qui br\u00fblait au sein du buisson ardent, \u00e0 la vue de Mo\u00efse notre ma\u00eetre (Yoma<\/em> 21b\u00a0; Ora\u2019h Michpat<\/em> 71). C\u2019est aussi l\u2019opinion du Rav Ouziel, selon lequel la mise en marche d\u2019appareils \u00e9lectriques est interdite par la Torah au titre de la m\u00e9lakha<\/em> d\u2019allumer, ainsi qu\u2019au titre de l\u2019interdit de rendre un ustensile apte \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9<\/em> (m\u00e9taqen<\/em>) ; en effet, quand on allume l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, l\u2019appareil \u00e9lectrique devient apte \u00e0 fonctionner (Michpet\u00e9 Ouziel, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> II 36, 2). Quant au \u2018Hazon Ich<\/em> (Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 50, 9), il estime qu\u2019actionner des appareils \u00e9lectriques est interdit au titre de la m\u00e9lakha<\/em> de construire <\/em>(bon\u00e9<\/em>) car, quand on ferme un circuit \u00e9lectrique, un \u00ab\u00a0ustensile\u00a0\u00bb (keli<\/em>) est cr\u00e9\u00e9\u00a0; en effet, par le courant qui y circule, le filament \u00e9lectrique s\u2019\u00e9veille, pour ainsi dire, \u00e0 la vie, et fait fonctionner l\u2019appareil \u00e9lectrique. Il se trouve donc qu\u2019en fermant un circuit \u00e9lectrique, on construit l\u2019\u00ab\u00a0ustensile\u00a0\u00bb que constitue le circuit activ\u00e9, et qu\u2019en coupant le circuit \u00e9lectrique on le d\u00e9truit (soter<\/em>).<\/p>\n Selon de nombreux avis (et contrairement aux pr\u00e9c\u00e9dents), mettre en marche des appareils \u00e9lectriques qui ne sont pas pourvus d\u2019un filament et qui n\u2019ex\u00e9cutent aucun des trente-neuf travaux est un interdit rabbinique. Cet interdit est motiv\u00e9 par le fait qu\u2019une telle action rel\u00e8ve des activit\u00e9s profanes<\/em> (\u2018ovdin de\u2019hol<\/em>). De plus, en actionnant de tels appareils, on fait na\u00eetre<\/em> (molid<\/em>) un courant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du circuit \u00e9lectrique (Beit Yits\u2019haq<\/em>). Mais il n\u2019y a pas l\u00e0 d\u2019interdit de la Torah m\u00eame, selon cette opinion, puisqu\u2019il n\u2019y a pas de feu au sein des appareils non dot\u00e9s de filament\u00a0; de plus, le fait de les allumer ne contrevient pas \u00e0 l\u2019interdit de construire, car on ne saurait d\u00e9finir un circuit \u00e9lectrique en soi comme un instrument. C\u2019est l\u2019opinion du Rav Auerbach (Min\u2019hat Chelomo<\/em> I 9-12) et du Rav Waldenberg (Tsits Eli\u00e9zer<\/em> I 20, 10).<\/p>\n En pratique, il faut tenir compte de l\u2019avis selon lequel la mise en marche de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 est un interdit toranique\u00a0; en cas de n\u00e9cessit\u00e9, lorsqu\u2019il y a \u00e9galement d\u2019autres motifs d\u2019indulgence, on s\u2019appuie sur les d\u00e9cisionnaires qui estiment que le d\u00e9clenchement de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9[a]<\/a><\/sup> est un interdit rabbinique[1]<\/a><\/sup>.<\/p>\n