{"id":1623,"date":"2016-01-22T00:10:05","date_gmt":"2016-01-21T22:10:05","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=1623"},"modified":"2017-07-25T08:31:51","modified_gmt":"2017-07-25T05:31:51","slug":"01-22-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/01-22-10\/","title":{"rendered":"10. Parler de ses travaux ou de ses comptes"},"content":{"rendered":"
C\u2019est une mitsva que d\u2019honorer le Chabbat au moyen de la parole, comme il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu l\u2019honoreras en t\u2019abstenant de suivre tes chemins ordinaires, de chercher la fortune et d\u2019en faire le sujet de tes paroles\u00a0\u00bb (Is 58, 13), ce que nos sages commentent\u00a0: \u00ab\u00a0Que tes paroles, le Chabbat, ne soient pas semblables \u00e0 tes paroles de semaine\u00a0\u00bb (Chabbat<\/em> 113a). Le propos est ici de ne pas parler, le Chabbat, de ce qu\u2019il nous est interdit de faire en ce jour. On ne dira donc pas\u00a0: \u00ab\u00a0Demain, je voyagerai en voiture\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0j\u2019\u00e9crirai une lettre\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0j\u2019ach\u00e8terai telle chose\u00a0\u00bb. \u00c0 plus forte raison nous est-il interdit de demander \u00e0 notre prochain de voyager le lendemain pour notre compte, ou d\u2019\u00e9crire un courrier pour nous, ou encore d\u2019acheter pour nous quelque objet (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 307, 1). L\u2019interdit porte sur ce que l\u2019on a l\u2019intention de faire dans l\u2019avenir\u00a0; en revanche, sur ce que l\u2019on a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9, il est permis de parler, \u00e0 condition que l\u2019intention ne soit pas de donner des directives \u00e0 son prochain sur la mani\u00e8re de r\u00e9aliser la chose en question.<\/p>\n L\u2019interdit porte sur le fait de parler<\/em> de choses qu\u2019il est interdit de faire le Chabbat\u00a0; mais il est permis d\u2019y penser. Nos ma\u00eetres enseignent en effet\u00a0: \u00ab\u00a0\u201cEt d\u2019en faire le sujet de tes paroles\u201d\u00a0: la parole est interdite, mais la pens\u00e9e est permise\u00a0\u00bb (Chabbat<\/em> 113a). M\u00eame une parole qui se contente de faire allusion au travail est assimil\u00e9e \u00e0 la pens\u00e9e, et est permise. Par exemple, il est interdit de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Demain, je m\u2019entretiendrai par t\u00e9l\u00e9phone avec untel\u00a0\u00bb\u00a0; mais il est permis de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Demain, je m\u2019entretiendrai avec untel\u00a0\u00bb, bien qu\u2019il soit clair que l\u2019on a pour intention de parler par t\u00e9l\u00e9phone. De m\u00eame, il est interdit de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Demain, j\u2019irai en voiture \u00e0 J\u00e9rusalem\u00a0\u00bb, car voyager en voiture est interdit\u00a0; mais il est permis de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Demain, j\u2019irai \u00e0 J\u00e9rusalem\u00a0\u00bb, car le fait d\u2019aller<\/em>, en soi, n\u2019est pas interdit. Certes, il se peut que J\u00e9rusalem se trouve en dehors de la zone d\u2019habitation sabbatique\u00a0o\u00f9 l\u2019on se trouve ; mais si l\u2019on construisait un \u2018\u00e9rouv<\/em> reliant cette zone \u00e0 J\u00e9rusalem, il serait permis d\u2019y marcher ; et puisque cette marche n\u2019est pas interdite de mani\u00e8re inconditionnelle, il est permis d\u2019en parler. Bien que notre interlocuteur comprenne que nous avons l\u2019intention de voyager le lendemain en voiture, et que, s\u2019il le souhaite, il pourra se joindre \u00e0 nous, cela n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une allusion, ce qui est permis.<\/p>\n De m\u00eame, si je veux prendre un taxi \u00e0 l\u2019issue de Chabbat, je suis autoris\u00e9 \u00e0 demander \u00e0 un ami chauffeur de taxi\u00a0: \u00ab\u00a0Penses-tu que tu pourras venir chez moi \u00e0 l\u2019issue de Chabbat\u00a0?\u00a0\u00bb Puisque je n\u2019ai pas demand\u00e9 si l\u2019ami pourra venir avec son taxi afin de me conduire, et quoique celui-ci comprenne que telle est bien mon intention, ce n\u2019est pas interdit. Mais je ne peux lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0S\u2019il te pla\u00eet, viens chez moi \u00e0 l\u2019issue de Chabbat\u00a0\u00bb, car une allusion prenant la forme d\u2019un ordre est interdite. De m\u00eame, si je veux recruter un ouvrier le dimanche, je suis autoris\u00e9 \u00e0 dire \u00e0 l\u2019ouvrier, pendant Chabbat\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019esp\u00e8re vous rencontrer dimanche.\u00a0\u00bb Mais je ne peux lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0S\u2019il vous pla\u00eet, venez me voir dimanche\u00a0\u00bb (Chabbat<\/em> 150a, Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 307, 7).<\/p>\n Il est interdit de parler de comptes qui pr\u00e9sentent une utilit\u00e9 commerciale, mais il est permis de parler de comptes qui n\u2019ont aucune utilit\u00e9. Il est par exemple interdit de parler du prix que l\u2019on doit payer \u00e0 des ouvriers, mais il est permis de parler de ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pay\u00e9. De m\u00eame, si mon interlocuteur souhaite acheter une maison, il m\u2019est interdit de lui dire combien on a vendu une maison semblable. En revanche, il m\u2019est permis de le dire \u00e0 une personne qui n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019acheter de maison. Il m\u2019est \u00e9galement permis de dire quelle fut la r\u00e9colte de mon champ l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, ou \u00e0 combien s\u2019\u00e9l\u00e8ve le budget de l\u2019Etat, etc., puisque ces paroles n\u2019ont pas de lien avec les affaires que le locuteur ou l\u2019auditeur ont l\u2019intention de faire pendant la semaine (Choul\u2019han \u2018Aroukh <\/em>307, 6)[6]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Il faut toutefois limiter les vaines paroles, le Chabbat. Celui qui trouve un grand plaisir dans des propos de ce genre est autoris\u00e9 \u00e0 en tenir quelque peu, ce qui fera partie de ses d\u00e9lices mat\u00e9rielles<\/em> du Chabbat. Mais on n\u2019en fera pas \u00e0 l\u2019exc\u00e8s l\u2019objet de ses entretiens, de m\u00eame qu\u2019il ne faut pas verser \u00e0 l\u2019exc\u00e8s dans la nourriture, la boisson et le sommeil, afin de ne pas grever les heures que l\u2019on doit consacrer, le Chabbat, \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la Torah. Or nous avons vu que nous devions, \u00e0 tout le moins, \u00e9tudier la Torah pendant six heures, le Chabbat (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> et Rama 307, 1, Michna Beroura<\/em> 4\u00a0; cf. ci-dessus chap. 5 \u00a7 1).<\/p>\n