M\u00e9guila<\/em> 5b enseigne\u00a0: \u00ab\u00a0\u2018Hizqia lisait la M\u00e9guila \u00e0 Tib\u00e9riade le 14 et le 15, car la ville \u00e9tait entour\u00e9e de murailles par trois c\u00f4t\u00e9s\u00a0; de l\u2019autre il y avait le lac, sans muraille, et consid\u00e9rer la ville comme \u201centour\u00e9e de murailles\u201d \u00e9tait chose douteuse. Rav Assi lisait la M\u00e9guila \u00e0 Hotsal [ville de Babylonie] les 14 et 15, car il n\u2019\u00e9tait pas s\u00fbr que la ville f\u00fbt fortifi\u00e9e d\u00e8s l\u2019\u00e9poque de Josu\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\nSelon Na\u2019hmanide, le Rachba, le Ran et le Ritva, qui se fondent sur les Gu\u00e9onim, on ne lira, en cas de doute, que le 14, et l\u2019on r\u00e9citera aussi les b\u00e9n\u00e9dictions\u00a0; quant \u00e0 ces sages du Talmud, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte r\u00e8gle de halakha, ils n\u2019avaient aucune obligation de lire la M\u00e9guila, ni le 14, ni le 15<\/em>. En effet, cette lecture n\u2019est pas une mitsva de la Torah m\u00eame\u00a0; par cons\u00e9quent, en cas de doute, on est indulgent. Simplement, pour que la mitsva de lire la M\u00e9guila dans les villes de statut douteux ne f\u00fbt pas enti\u00e8rement annul\u00e9e<\/em>, ces sages d\u00e9cid\u00e8rent que la lecture se ferait le 14, suivant l\u2019usage majoritaire dans le monde. En outre, \u2018Hizqia et Rav Assi adopt\u00e8rent un usage de pi\u00e9t\u00e9<\/em> particuli\u00e8re (minhag \u2018hassidout<\/em>) en s\u2019imposant de lire aussi le 15. Face \u00e0 cette interpr\u00e9tation, Ma\u00efmonide, le Chibol\u00e9 Hal\u00e9qet<\/em>, le M\u00e9\u00efri et le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 688, 4 estiment que l\u2019on doit<\/em>, en vertu de la stricte obligation, lire les deux jours\u00a0: le premier jour en r\u00e9citant les b\u00e9n\u00e9dictions, le second sans r\u00e9p\u00e9ter celles-ci. (Selon Rabbi Yecha\u2019ya A\u2019haron zal<\/em>, on r\u00e9cite les b\u00e9n\u00e9dictions les deux jours\u00a0; selon Rabbi Ye\u2019hiel, on ne les r\u00e9cite aucun des deux jours.)<\/p>\nDe prime abord, il y a lieu de s\u2019interroger\u00a0: comment peut-on avoir coutume, en pareil cas, de r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction le 14\u00a0? N\u2019est-il pas douteux que ces villes aient le statut de villes ouvertes\u00a0? La r\u00e9ponse se trouve au Talmud de J\u00e9rusalem, M\u00e9guila<\/em> chap. 1 \u00a7 1 et 5, et chap. 2 \u00a7 3\u00a0: un habitant d\u2019une cit\u00e9 fortifi\u00e9e lui-m\u00eame, qui aurait fait la lecture le 14 au lieu du 15, est, a posteriori, quitte de son obligation. Certes, le Peri \u2018Hadach<\/em> (688) et plusieurs autres A\u2019haronim soutiennent que le Talmud de Babylone, lui, ne partage pas ce point de vue. Selon eux, un habitant d\u2019une ville fortifi\u00e9e qui aurait lu le 14 n\u2019est point quitte. Mais pour le Peri M\u00e9gadim<\/em> (Michbetsot Zahav<\/em> 688, 2) et d\u2019autres A\u2019haronim, le Talmud de Babylone est d\u2019accord avec le Talmud de J\u00e9rusalem. De m\u00eame, le Gaon de Vilna (688, 4) explique que c\u2019est l\u00e0 le fondement de l\u2019opinion de Ma\u00efmonide et du Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em>. C\u2019est aussi de cette mani\u00e8re qu\u2019est expliqu\u00e9e la position de Na\u2019hmanide et du Rachba\u00a0; aussi lit-on le 14 en r\u00e9citant les b\u00e9n\u00e9dictions.<\/p>\nSelon le Rachba, le Ritva et le Gaon de Vilna, c\u2019est seulement dans le cas o\u00f9 la ville dont le statut est douteux se trouve en terre d\u2019Isra\u00ebl<\/em> qu\u2019il y a lieu de lire les deux jours. D\u2019autres auteurs contestent cette id\u00e9e\u00a0; cf. Maguen Avraham<\/em> 688, 4. Le Ben Ich \u2018Ha\u00ef, Tetsav\u00e9<\/em> 14 \u00e9crit qu\u2019on avait coutume, \u00e0 Bagdad, de lire la M\u00e9guila les deux jours.<\/p>\nSelon Rabbi Yecha\u2019ya A\u2019haron zal <\/em>et le Maguen Avraham<\/em> 688, 5, en cas de doute, on accomplit toutes les mitsvot de Pourim chacun des deux jours. Selon le Peri \u2018Hadach<\/em> et le Mat\u00e9 Yehouda<\/em>, seule la lecture de la M\u00e9guila est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e le deuxi\u00e8me jour. Le Binyan Chelomo<\/em> explique que la lecture de la M\u00e9guila est une institution proph\u00e9tique (ce que l\u2019on appelle divr\u00e9 qabala<\/em>, mitsva reposant sur la tradition<\/em> [proph\u00e9tique, des livres bibliques ult\u00e9rieurs au Pentateuque]), tandis que les autres mitsvot sont de rang rabbinique<\/em>, de sorte que l\u2019on est plus indulgent en cas de doute les concernant. (Cf. Michna Beroura<\/em> 688, 10, dont l\u2019expression est conforme \u00e0 l\u2019opinion du Maguen Avraham<\/em>, mais qui, dans le B\u00e9our Halakha<\/em>, \u00e0 la fin du chap. 685, se prononce comme le Peri \u2018Hadach<\/em>. Peut-\u00eatre la distinction que fait l\u2019auteur repose-t-elle sur la question de la d\u00e9pense\u00a0: s\u2019agissant de mitsvot n\u00e9cessitant une d\u00e9pense d\u2019argent, on serait plus indulgent, comme l\u2019\u00e9crit le Ran, qui estime que, en cas de doute portant sur une d\u00e9pense, on est indulgent.) Selon le Igu\u00e9ret Hapourim<\/em>, \u00e0 H\u00e9bron et \u00e0 Tib\u00e9riade, le 15 adar, on a coutume de lire seulement la M\u00e9guila, et non de faire les autres mitsvot de Pourim. Mais le Ben Ich \u2018Ha\u00ef<\/em> avait coutume d\u2019accomplir toutes les mitsvot les deux jours. Cf. Torat Hamo\u2019adim<\/em> 6, 3.<\/p>\nAu sujet de la lecture de la Torah, les A\u2019haronim sont partag\u00e9s (Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 688, 25)\u00a0; quant au texte \u2018Al hanissim<\/em>, le Michna Beroura<\/em> 683, 6 estime qu\u2019il faut le dire \u00e9galement le second jour, tandis que le Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 688, 23 \u00e9crit, se fondant sur Rabbi \u2018Ha\u00efm Vital, qu\u2019on ne le redit pas.<\/p>\n[6]<\/a>. Pour le Birk\u00e9 Yossef<\/em> 688, 9, cit\u00e9 en B\u00e9our Halakha<\/em> 688, 2, quand on habite un quartier jouxtant une ville dont le statut est incertain, on lit la M\u00e9guila le 14 uniquement\u00a0; pour le P\u00e9at Hachoul\u2019han<\/em> 3, 15, dans les villages contigus \u00e0 Safed, on lit la M\u00e9guila les deux jours. C\u2019est aussi l\u2019avis du \u2018Hazon Ich <\/em>153, 3\u00a0; aussi, \u00e0 Bn\u00e9 Brak, on doit lire \u00e9galement le 15, selon lui, car la ville est proche de Jaffa. Simplement, comme nous l\u2019avons vu, de nombreux Richonim estiment que, dans la ville au statut douteux elle-m\u00eame, il n\u2019est pas besoin, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte obligation, de lire le 15\u00a0; par cons\u00e9quent, le quartier proche d\u2019une ville au statut douteux est un cas de doute portant lui-m\u00eame sur un cas de doute (sfeq sfeqa<\/em>)\u00a0: en ce cas, on est indulgent.<\/p>\nComme suite \u00e0 ces consid\u00e9rations, peut-\u00eatre est-il permis de dire que, en cons\u00e9quence, l\u2019opinion selon laquelle on n\u2019a \u00e0 faire la lecture que le 14 se renforce \u00e0 l\u2019\u00e9gard des villes au statut douteux elles-m\u00eames. En effet, l\u2019un des arguments exprim\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de la th\u00e8se selon laquelle les quartiers proches ont m\u00eame statut que la ville est qu\u2019il ne faut pas diviser les gens qui vivent dans le m\u00eame voisinage (Tour\u00e9 Even<\/em>, \u2018Hatam Sofer<\/em>, comme on l\u2019a vu en note 3). Or, si dans un quartier proche d\u2019une ville au statut douteux on suivait les usages de Pourim le 14, et que dans la ville au statut douteux elle-m\u00eame on suive ces usages \u00e9galement le 15, il y aurait une diff\u00e9rence de coutume entre voisins. Aussi convient-il que ceux qui vivent dans une ville au statut douteux soient \u00ab\u00a0assimil\u00e9s\u00a0\u00bb aux quartiers qui leur sont proches, et ne f\u00eatent Pourim que le 14\u00a0; en outre, c\u2019est l\u2019opinion de la majorit\u00e9 des Richonim, conforme \u00e0 l\u2019enseignement des Gu\u00e9onim.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les villes pour lesquelles un doute est pr\u00e9sent sont\u00a0: Tib\u00e9riade (Tveria), H\u00e9bron (\u2018Hevron), Sichem (Chekhem), Jaffa (Yafo), Lod, Gaza (\u2018Aza), Safed (Tsfat), Acre (Ako), Ha\u00effa. Certains ajoutent qu\u2019un doute existe \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Beit Sh\u00e9an, J\u00e9richo, Bersheva, Raml\u00e9\u00a0; et, en dehors des fronti\u00e8res actuelles d\u2019Isra\u00ebl\u00a0: Tyr (Tsour), Sa\u00efda du Liban (Tsidon), Damas, Smyrne (Izmir) et […]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41],"tags":[],"class_list":["post-164","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-05-17"],"yoast_head":"\n
03. Statut des lieux sur lesquels p\u00e8se un doute - Pnin\u00e9 Halakha<\/title>\n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n