{"id":2056,"date":"2016-02-17T07:00:32","date_gmt":"2016-02-17T05:00:32","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=2056"},"modified":"2017-08-10T15:19:01","modified_gmt":"2017-08-10T12:19:01","slug":"02-17-07","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/02-17-07\/","title":{"rendered":"07 \u2013 Prier \u00e0 voix basse"},"content":{"rendered":"
Nous apprenons de la pri\u00e8re de Hanna (I Samuel 1-2) de tr\u00e8s nombreuses et grandes r\u00e8gles. Hanna se tenait debout, demandant \u00e0 Dieu de l\u2019exaucer en lui donnant un fils. Sa pri\u00e8re fut agr\u00e9\u00e9e\u00a0: elle eut le m\u00e9rite de mettre au monde le proph\u00e8te Samuel, le plus grand des proph\u00e8tes d\u2019Isra\u00ebl apr\u00e8s Mo\u00efse notre ma\u00eetre, que la paix repose sur lui. Or il est dit dans le premier livre de Samuel (1, 13)\u00a0: \u00ab\u00a0Hanna parlait en son c\u0153ur, seules ses l\u00e8vres bougeaient, mais sa voix ne se faisait pas entendre\u00a0\u00bb. Nos sages disent \u00e0 ce sujet\u00a0(Berakhot<\/em> 31a)\u00a0: \u00ab \u201cElle parlait en son c\u0153ur\u201d \u2013 cela nous apprend que celui qui prie doit se concentrer (prier avec kavana<\/em>)\u00a0; \u201cseules ses l\u00e8vres bougeaient\u201d \u2013 cela nous apprend que celui qui prie doit articuler les mots\u00a0; \u201cmais sa voix ne se faisait pas entendre\u201d \u2013 cela nous apprend qu\u2019il est interdit de hausser la voix durant la \u2018Amida.\u00a0\u00bb<\/p>\n Le but de la \u2018Amida est d\u2019exprimer devant Dieu les aspirations profondes de l\u2019\u00e2me. Aussi ne convient-il pas de la dire \u00e0 voix haute et de l\u2019exposer \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, on ne s\u2019acquitte pas de l\u2019obligation de prier par la seule pens\u00e9e, car toute id\u00e9e doit \u00eatre l\u2019objet d\u2019une certaine expression concr\u00e8te en ce monde. Notre volont\u00e9 int\u00e9rieure est bonne\u00a0; les corruptions sont ext\u00e9rieures\u00a0; aussi notre travail consiste-t-il \u00e0 exprimer notre bonne volont\u00e9 de fa\u00e7on effective. C\u2019est pourquoi la mitsva la plus subtile a besoin elle-m\u00eame d\u2019une certaine expression, par le biais de l\u2019articulation des mots par les l\u00e8vres.<\/p>\n Les usages divergent quant \u00e0 savoir la fa\u00e7on convenable de prier \u00e0 voix basse. Selon la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires et une partie des kabbalistes, le fid\u00e8le doit faire entendre sa voix \u00e0 sa propre oreille, de telle mani\u00e8re que lui seul puisse entendre sa propre voix, \u00e0 l\u2019exclusion de ses voisins se trouvant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 101, 2\u00a0; Michna Beroura<\/em> 5-6). Selon la majorit\u00e9 des kabbalistes, la \u2018Amida est une pri\u00e8re si profonde et int\u00e9rieure que le fid\u00e8le ne doit m\u00eame pas faire entendre sa voix \u00e0 sa propre oreille, mais doit se contenter d\u2019articuler les lettres avec ses l\u00e8vres (Kaf Ha\u2019ha\u00efm <\/em>101, 8). Il convient que chacun se conforme \u00e0 l\u2019usage de ses p\u00e8res, ou \u00e0 celui par lequel on se concentre le mieux.<\/p>\n A posteriori, m\u00eame si l\u2019on a fait entendre sa voix durant la \u2018Amida, on est quitte de son obligation. Aussi, celui \u00e0 qui il est difficile de se concentrer en priant \u00e0 voix basse, est autoris\u00e9 \u00e0 prier \u00e0 voix haute quand il se trouve seul. Mais au sein de la communaut\u00e9, on ne priera en aucun cas \u00e0 voix haute, afin de ne pas d\u00e9ranger les autres fid\u00e8les (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 101, 2). Il vaut mieux prier \u00e0 voix basse au sein d\u2019un minyan, m\u00eame si l\u2019on parvient moins bien \u00e0 se concentrer, car la pri\u00e8re dite en minyan est agr\u00e9\u00e9e (Michna Beroura<\/em> 101, 8)[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Dans les autres parties de la pri\u00e8re, telles que les b\u00e9n\u00e9dictions du Ch\u00e9ma et les Pessouq\u00e9 dezimra<\/em>, qui ne sont pas aussi int\u00e9rieurs et profonds que la \u2018Amida, tous les avis s\u2019accordent \u00e0 dire qu\u2019il faut faire entendre sa voix \u00e0 son oreille. Quant au premier verset du Ch\u00e9ma, on a coutume de le dire \u00e0 haute voix, afin d\u2019\u00e9veiller la kavana<\/em> (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 61, 4). De m\u00eame, on r\u00e9pond amen\u00a0<\/em> et Baroukh Hou ouvaroukh Ch\u00e9mo <\/em>\u00e0 haute voix. Il faut en particulier s\u2019efforcer de r\u00e9pondre \u00e0 haute voix au Qaddich (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 56, 1).<\/p>\n