{"id":2145,"date":"2016-02-15T00:08:47","date_gmt":"2016-02-14T22:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=2145"},"modified":"2017-08-13T11:53:24","modified_gmt":"2017-08-13T08:53:24","slug":"02-15-08","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/02-15-08\/","title":{"rendered":"08 \u2013 Les mitsvot requi\u00e8rent une intention"},"content":{"rendered":"
Les Amora\u00efm (ma\u00eetres du Talmud) et les Richonim (d\u00e9cisionnaires m\u00e9di\u00e9vaux) sont partag\u00e9s sur la question de savoir si les commandements requi\u00e8rent une intention. Lorsque la Torah nous enjoint d\u2019accomplir une mitsva d\u00e9termin\u00e9e, l\u2019acte m\u00eame est-il suffisant en tant que tel, ou faut-il former l\u2019intention, en l\u2019accomplissant, de r\u00e9aliser l\u2019ordre du Cr\u00e9ateur\u00a0? En pratique, la r\u00e8gle est que les mitsvot requi\u00e8rent une intention (kavana<\/em>). On peut expliquer le motif de cette r\u00e8gle en disant que, de la m\u00eame fa\u00e7on que l\u2019homme est dot\u00e9 d\u2019un corps (gouf<\/em>) et d\u2019une \u00e2me (n\u00e9chama<\/em>), et qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de l\u2019un ou de l\u2019autre il ne saurait vivre, ainsi la mitsva n\u00e9cessite un corps et une \u00e2me. Le corps est l\u2019acte de la mitsva, et la kavana<\/em>, l\u2019intention qui accompagne l\u2019accomplissement de la mitsva, constitue son \u00e2me.<\/p>\n Par cons\u00e9quent, si l\u2019on r\u00e9cite, au cours d\u2019une lecture de la Torah, la section Vaet\u2019hanan<\/em>, dans laquelle se trouve le premier paragraphe du Ch\u00e9ma, et qu\u2019arrive le moment de la lecture du Ch\u00e9ma, on sera quitte de l\u2019obligation de lire le Ch\u00e9ma \u00e0 la condition d\u2019avoir eu l\u2019intention de faire cette lecture en tant que mitsva de lecture du Ch\u00e9ma<\/em>. En revanche, si l\u2019on s\u2019est content\u00e9 de continuer sa lecture comme \u00e0 son habitude, sans former l\u2019intention d\u2019accomplir la mitsva de lecture du Ch\u00e9ma, on n\u2019est pas quitte de son obligation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette mitsva (Berakhot <\/em>13a\u00a0; Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 60, 4).<\/p>\n Nous voyons donc que, lors de la lecture du Ch\u00e9ma, nous devons pr\u00eater attention \u00e0 deux types de kavana<\/em>\u00a0: d\u2019une part, comme dans toutes les mitsvot, nous devons avoir conscience de ce que, par l\u2019acte que nous faisons, nous r\u00e9alisons la mitsva de Dieu\u00a0; d\u2019autre part, de fa\u00e7on sp\u00e9cifique \u00e0 la lecture du Ch\u00e9ma, nous devons pr\u00eater attention\u00a0 au sens des mots que nous pronon\u00e7ons. En effet, puisque l\u2019aspect essentiel de la mitsva de lecture du Ch\u00e9ma est de prendre sur soi le joug de la royaut\u00e9 du Ciel, c\u2019est une obligation que de pr\u00eater attention au sens des mots que nous pronon\u00e7ons. Et comme nous l\u2019avons vu au paragraphe 6, si l\u2019on n\u2019applique pas sa pens\u00e9e au sens des mots du verset Ch\u00e9ma Isra\u00ebl<\/em>, on n\u2019est pas quitte de son obligation, et l\u2019on doit le relire avec kavana<\/em>.<\/p>\n Revenons \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 la kavana<\/em> g\u00e9n\u00e9rale, celle qui rel\u00e8ve de toutes les mitsvot. Il arrive que la kavana <\/em>soit \u00ab\u00a0flottante\u00a0\u00bb\u00a0(kavana r\u00e9douma<\/em>) ; or cette attention flottante elle-m\u00eame est suffisante a posteriori<\/em>. Par exemple, lorsqu\u2019un homme se rend \u00e0 la synagogue pour prier et qu\u2019il lit le Ch\u00e9ma au cours de sa pri\u00e8re, il s\u2019acquitte par l\u00e0 de son obligation, bien qu\u2019il n\u2019ait pas sp\u00e9cifi\u00e9 consciemment son intention d\u2019accomplir la mitsva de lire le Ch\u00e9ma. Car si on lui demandait\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi as-tu lu le Ch\u00e9ma\u00a0?\u00a0\u00bb, il r\u00e9pondrait tout de suite\u00a0: \u00ab\u00a0Pour accomplir la mitsva\u00a0\u00bb. Par cons\u00e9quent, dans un tel cas, la lecture a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par une kavana <\/em>flottante, en veilleuse. De m\u00eame, si l\u2019on met des t\u00e9philines et s\u2019enveloppe d\u2019un talith, m\u00eame dans le cas o\u00f9 l\u2019on ne sp\u00e9cifie pas consciemment son intention d\u2019accomplir la mitsva, il est de toute fa\u00e7on clair que l\u2019intention de ces actes n\u2019est autre que d\u2019accomplir la mitsva\u00a0; et puisqu\u2019une intention flottante est pr\u00e9sente, on est quitte de son obligation (Talmud de J\u00e9rusalem, Pessa\u2019him<\/em> 10, 3\u00a0; \u2018Hay\u00e9 Adam<\/em> 68, 9\u00a0; Michna Beroura<\/em> 60, 10)[5]<\/a><\/sup>.<\/p>\n De nombreuses personnes ne savent pas que la raison centrale pour laquelle on lit le troisi\u00e8me paragraphe du Ch\u00e9ma (Vayomer<\/em>) est d\u2019accomplir par cela la mitsva du souvenir de la sortie d\u2019Egypte, sujet mentionn\u00e9 \u00e0 la fin du paragraphe. Or ceux qui ne le savent pas ne s\u2019acquittent pas de leur obligation. En effet, si on leur demande pour quelle raison ils ont lu le paragraphe Vayomer<\/em>, ils ignorent que cette lecture a pour but de mentionner la sortie d\u2019Egypte. Il appara\u00eet donc que, durant leur lecture de ce paragraphe, ils n\u2019avaient pas m\u00eame une kavana <\/em>flottante. Aussi faut-il enseigner publiquement que nous lisons le paragraphe Vayomer <\/em>dans le but de mentionner la sortie d\u2019Egypte.<\/p>\n