{"id":2446,"date":"2000-03-02T00:06:58","date_gmt":"2000-03-01T22:06:58","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=2446"},"modified":"2017-11-07T10:59:28","modified_gmt":"2017-11-07T08:59:28","slug":"03-02-06","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/03-02-06\/","title":{"rendered":"06. R\u00e8gle applicable aux femmes qui s\u2019occupent d\u2019enfants"},"content":{"rendered":"
Les femmes occup\u00e9es par les soins \u00e0 donner \u00e0 de petits enfants, et qui sont affair\u00e9es \u00e0 la gestion des affaires de leur maison, sont autoris\u00e9es, m\u00eame a priori, \u00e0 s\u2019acquitter de leur obligation de prier par la seule r\u00e9citation des b\u00e9n\u00e9dictions matinales et des b\u00e9n\u00e9dictions de la Torah. En effet, nous avons d\u00e9j\u00e0 vu au paragraphe 4 que, selon certaines autorit\u00e9s, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte r\u00e8gle de halakha, les femmes peuvent se rendre quittes de l\u2019obligation de prier par la r\u00e9citation des b\u00e9n\u00e9dictions matinales et des b\u00e9n\u00e9dictions de la Torah. Et bien que, a priori, il ne convienne pas de s\u2019appuyer sur cette opinion, les femmes qui sont affair\u00e9es par les soins \u00e0 donner \u00e0 leurs enfants sont, pour leur part, autoris\u00e9es, m\u00eame a priori, \u00e0 s\u2019acquitter de leur obligation par la seule r\u00e9citation desdites b\u00e9n\u00e9dictions. Rabbi Ary\u00e9 Leib, fils de Rabbi Isra\u00ebl M\u00e9\u00efr, l\u2019auteur du \u2018Hafets \u2018Ha\u00efm<\/em>, t\u00e9moigne \u00e0 ce sujet que sa propre m\u00e8re ne priait presque pas, tout le temps que ses enfants \u00e9taient sous sa responsabilit\u00e9 directe\u00a0; elle lui rapporta que son p\u00e8re, le \u2018Hafets \u2018Ha\u00efm lui-m\u00eame, lui avait dit qu\u2019elle \u00e9tait dispens\u00e9e de la pri\u00e8re en raison du fait qu\u2019elle s\u2019occupait d\u2019\u00e9lever ses enfants[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n M\u00eame dans le cas o\u00f9 une femme va travailler, parce qu\u2019il est n\u00e9cessaire d\u2019aider au gagne-pain familial, ou encore dans le cas o\u00f9 elle envoie ses enfants \u00e0 la cr\u00e8che, au jardin d\u2019enfants ou \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et o\u00f9 elle reste seule \u00e0 la maison pour mettre celle-ci en ordre et pour se reposer un peu, il lui est permis de s\u2019acquitter de son obligation de prier par le biais des seules b\u00e9n\u00e9dictions matinales et b\u00e9n\u00e9dictions de la Torah\u00a0; en effet, une telle femme est g\u00e9n\u00e9ralement fatigu\u00e9e et pr\u00e9occup\u00e9e par les soins \u00e0 apporter \u00e0 ses enfants. Mais s\u2019il lui est possible de se concentrer pendant la \u2018Amida, il est pr\u00e9f\u00e9rable qu\u2019elle r\u00e9cite celle-ci. Chaque femme est fond\u00e9e \u00e0 d\u00e9cider pour elle-m\u00eame si la charge des soins qu\u2019elle apporte \u00e0 ses enfants p\u00e8se sur elle au point de devoir s\u2019abstenir de r\u00e9citer la \u2018Amida. S\u2019il lui est difficile de d\u00e9cider par elle-m\u00eame, elle pourra prendre conseil \u00e0 ce sujet aupr\u00e8s d\u2019un Rav ou d\u2019une Rabbanite[f]<\/a><\/sup>.<\/p>\n En revanche, quand une femme travaille, non pour les n\u00e9cessit\u00e9s de la subsistance, mais parce qu\u2019elle a du temps libre, il ne convient pas qu\u2019elle s\u2019appuie sur l\u2019opinion indulgente\u00a0; elle aura soin de r\u00e9citer chaque jour la \u2018Amida, en plus des b\u00e9n\u00e9dictions de la Torah et des b\u00e9n\u00e9dictions matinales[5]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Une femme occup\u00e9e par l\u2019\u00e9ducation de ses enfants, et qui se contente pour cela d\u2019une pri\u00e8re abr\u00e9g\u00e9e (telle que les seules b\u00e9n\u00e9dictions du matin, et celles de la Torah), doit pr\u00eater attention au fait que, lorsque ses enfants auront grandi et que le joug domestique s\u2019att\u00e9nuera, elle devra de nouveau r\u00e9citer la \u2018Amida chaque jour.<\/p>\n [4]<\/a>. Tel est l\u2019usage r\u00e9pandu, et le t\u00e9moignage du Rav Ary\u00e9 Leib est rapport\u00e9 dans le recueil des discours du \u2018Hafets \u2018Ha\u00efm I, 27. Il y a \u00e0 cela deux raisons. Premi\u00e8rement, en cas de n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse, il est permis de s\u2019appuyer a priori sur le raisonnement du Maguen Avraham<\/em>. Deuxi\u00e8mement, certains auteurs expliquent que le souci permanent o\u00f9 se trouvent les femmes en charge de jeunes enfants est assimilable aux \u00e9l\u00e9ments faisant obstacle \u00e0 la kavana<\/em> [la concentration de l\u2019esprit sur le sens des mots de la pri\u00e8re]\u00a0; or ces \u00e9l\u00e9ments, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte r\u00e8gle de halakha, dispensent la personne pr\u00e9occup\u00e9e de l\u2019obligation de la pri\u00e8re. Comme l\u2019ont dit nos sages, de m\u00e9moire b\u00e9nie (\u2018Erouvin <\/em>65a)\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui revient d\u2019un long voyage est dispens\u00e9 de prier pendant trois jours\u00a0\u00bb, et les autres perturbations sont assimil\u00e9es \u00e0 celle-ci. De m\u00eame, selon le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 98, 2, on ne priera pas dans un lieu qui perturbe la kavana<\/em>, ou \u00e0 un moment qui fait \u00e9chec \u00e0 la kavana<\/em>.<\/li>\n Certes, en pratique, le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> conclut\u00a0: \u00ab\u00a0Mais de nos jours, nous ne faisons plus attention \u00e0 tout cela [c\u2019est-\u00e0-dire que nous ne nous abstenons plus de prier dans les cas o\u00f9 notre kavana<\/em> est perturb\u00e9e], du fait que nous ne nous concentrons pas tellement dans notre pri\u00e8re.\u00a0\u00bb [M\u00eame ordinairement, quand il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9l\u00e9ment de perturbation, nous ne sommes pas si concentr\u00e9s.] Cependant, on peut soutenir que les femmes observent en cela la stricte r\u00e8gle de halakha\u00a0: puisque toutes celles qui sont en charge d\u2019\u00e9lever des enfants connaissent une grande pression, bien plus grande que le d\u00e9rangement \u00e9prouv\u00e9 par un homme de retour de voyage, elles n\u2019ont point coutume de r\u00e9citer la \u2018Amida. C\u2019est en ce sens que se prononce le recueil de responsa Ma\u2019haz\u00e9 Elyahou<\/em> 20, 5 au nom du \u2018Hazon Ich<\/em>, et le Halikhot Beitah<\/em> 6, note 1 rapporte ses propos. On peut ajouter que, en vertu du principe ha\u2019osseq be-mitsva patour mi-mitsva a\u2019h\u00e9ret<\/em> (\u00ab\u00a0celui qui s\u2019occupe d\u2019une mitsva est dispens\u00e9 de s\u2019occuper d\u2019une autre\u00a0\u00bb), une femme qui s\u2019occupe d\u2019enfants accomplit une mitsva permanente de bienfaisance, et se trouve par suite dispens\u00e9e de la pri\u00e8re, laquelle exige un effort de concentration (d\u2019apr\u00e8s la position du Ran, telle que la rapporte le B\u00e9our Halakha<\/em> 38, 8 \u05d3\u00a0\u00bb\u05d4 \u05d0\u05dd \u05e6\u05e8\u05d9\u05da, et selon laquelle, m\u00eame si l\u2019on peut s\u2019efforcer d\u2019accomplir les deux mitsvot, la Torah n\u2019exige pas de celui qui s\u2019adonne \u00e0 l\u2019accomplissement d\u2019une mitsva de se donner aussi la peine d\u2019accomplir la seconde).<\/p>\n Nous avons vu au paragraphe 4 que, [selon les avis indulgents,] par les b\u00e9n\u00e9dictions de la Torah et les b\u00e9n\u00e9dictions matinales, les femmes peuvent s\u2019acquitter de leur obligation de prier, puisque ces b\u00e9n\u00e9dictions comprennent des \u00e9l\u00e9ments de louange, de requ\u00eate et de reconnaissance. Or les b\u00e9n\u00e9dictions ne requi\u00e8rent pas de kavana<\/em> au m\u00eame titre que la \u2018Amida elle-m\u00eame \u2013 pour laquelle le fid\u00e8le se pr\u00e9sente devant le Roi des rois. Aussi les pr\u00e9occupations constantes li\u00e9es \u00e0 la maternit\u00e9 sont un moindre \u00e9l\u00e9ment de perturbation quand il s\u2019agit des b\u00e9n\u00e9dictions de la Torah et des b\u00e9n\u00e9dictions matinales, que lorsqu\u2019il s\u2019agit de la \u2018Amida. Il faut, en revanche, que toutes les femmes s\u2019habituent \u00e0 r\u00e9citer ces b\u00e9n\u00e9dictions quotidiennement.<\/p>\n
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