{"id":2502,"date":"2000-03-06T00:02:04","date_gmt":"2000-03-05T22:02:04","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=2502"},"modified":"2017-11-07T12:15:38","modified_gmt":"2017-11-07T10:15:38","slug":"03-06-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/03-06-02\/","title":{"rendered":"02. \u00ab\u00a0Qui m\u2019as faite selon Ta volont\u00e9\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"
Parmi les b\u00e9n\u00e9dictions matinales, les sages ont institu\u00e9 trois b\u00e9n\u00e9dictions de reconnaissance particuli\u00e8res\u00a0: \u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu, Eternel\u2026 qui ne m\u2019as pas fait(e) non-Juif\u00a0(non-Juive) \u00bb, \u00ab\u00a0qui ne m\u2019as pas fait(e) esclave\u00a0\u00bb\u00a0; pour la troisi\u00e8me d\u2019entre elles, les hommes disent\u00a0: \u00ab\u00a0qui ne m\u2019as pas fait femme\u00a0\u00bb, et les femmes disent\u00a0: \u00ab\u00a0qui m\u2019as faite selon Ta volont\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n
Deux explications sont donn\u00e9es \u00e0 cette b\u00e9n\u00e9diction des femmes. Selon la premi\u00e8re, elle constitue une sorte de justification d\u2019un arr\u00eat divin qui semble, \u00e0 premi\u00e8re vue, d\u00e9favorable. En effet, les femmes sont tenues d\u2019accomplir moins de mitsvot que les hommes[a]<\/a><\/sup>\u00a0; malgr\u00e9 cela, elles b\u00e9nissent Dieu, croyant d\u2019une foi parfaite que tout est pour le bien, en disant\u00a0: \u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu\u2026 qui m\u2019as faite selon Ta volont\u00e9\u00a0\u00bb (Tour<\/em>, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 46, 4). D\u2019autres expliquent que cette b\u00e9n\u00e9diction est l\u2019expression du niveau sup\u00e9rieur de la femme, laquelle correspond pr\u00e9cis\u00e9ment davantage \u00e0 la volont\u00e9<\/em> de Dieu, b\u00e9ni soit-Il, si bien que c\u2019est elle, et elle seulement, qui est en mesure de dire\u00a0: \u00ab\u00a0qui m\u2019as faite selon Ta volont\u00e9\u00a0\u00bb. Et si les femmes sont assujetties \u00e0 moins de mitsvot, c\u2019est que, par leur nature m\u00eame, elles sont plus accomplies, et ont donc besoin de moins de mitsvot pour se parfaire. Cette r\u00e9alit\u00e9 est illustr\u00e9e par le fait que l\u2019homme fut cr\u00e9\u00e9 \u00e0 partir de la terre, tandis que la femme fut cr\u00e9\u00e9e \u00e0 partir d\u2019une mati\u00e8re plus affin\u00e9e, du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Adam. En d\u2019autres termes, la femme repr\u00e9sente un degr\u00e9 de d\u00e9veloppement suppl\u00e9mentaire par rapport au niveau de l\u2019homme (Rav Tsvi Yehouda Kook, Si\u2019hot Ha-Ratsia<\/em>, B\u00e9r\u00e9chit<\/em> p. 77-78\u00a0; Ch\u00e9mot<\/em> p. 380\u00a0; Rav Avraham Yits\u2019haq Kook, \u2018Olat Re\u00efya<\/em> I p. 71-72)[b]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Ce n\u2019est pas un hasard si la premi\u00e8re explication, simple, donne la pr\u00e9f\u00e9rence aux hommes, et si la seconde, plus profonde, donne la pr\u00e9f\u00e9rence aux femmes\u00a0; en effet, si l\u2019on consid\u00e8re les choses simplement, le statut des hommes est plus \u00e9lev\u00e9, tandis que l\u2019\u00e9l\u00e9vation r\u00e9elle des femmes est discernable lorsque l\u2019on consid\u00e8re les choses plus profond\u00e9ment. C\u2019est aussi pourquoi la pudeur, qui met l\u2019accent sur la grandeur de l\u2019int\u00e9riorit\u00e9, est plus importante chez les femmes.<\/p>\n En pratique, la coutume ashk\u00e9naze veut que l\u2019on r\u00e9cite la b\u00e9n\u00e9diction dans sa forme pl\u00e9ni\u00e8re\u00a0: Baroukh Ata Ado-na\u00ef, Elo-h\u00e9nou M\u00e9lekh ha-\u2019olam, ch\u00e9-\u2018assani kiretsono<\/em> (\u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu, Eternel, notre Dieu, Roi de l\u2019univers, qui m\u2019as faite selon Ta volont\u00e9\u00a0\u00bb). La coutume s\u00e9farade est de r\u00e9citer cette b\u00e9n\u00e9diction sans mention du nom divin ni de la royaut\u00e9 divine\u00a0: Baroukh ch\u00e9-\u2018assani kiretsono<\/em> (\u00ab\u00a0B\u00e9ni soit Celui qui m\u2019a faite selon Sa volont\u00e9\u00a0\u00bb). Certes, dans le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> lui-m\u00eame (46, 4), il est \u00e9crit que cette b\u00e9n\u00e9diction se r\u00e9cite en mentionnant le nom et la royaut\u00e9 de Dieu. Mais les femmes s\u00e9farades, dans leur majorit\u00e9, ont pris l\u2019usage de r\u00e9citer cette b\u00e9n\u00e9diction sans lesdites mentions, de crainte de r\u00e9citer une b\u00e9n\u00e9diction vaine. En effet, cette b\u00e9n\u00e9diction n\u2019est pas mentionn\u00e9e dans le Talmud (Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 46, 41).<\/p>\n En ce qui concerne les b\u00e9n\u00e9dictions Ch\u00e9lo \u2018assani go\u00ef<\/em> (\u00ab\u00a0qui ne m\u2019as pas fait non-Juif\u00a0\u00bb) et Ch\u00e9-lo \u2018assani \u2018aved<\/em> (\u00ab\u00a0qui ne m\u2019as pas fait esclave\u00a0\u00bb), les femmes s\u00e9farades ont coutume d\u2019utiliser une tournure f\u00e9minine\u00a0: goya<\/em> (non-Juive) au lieu de go\u00ef<\/em> (non-Juif), chif\u2019ha<\/em> (servante) au lieu de \u2018aved<\/em> (esclave m\u00e2le). Les femmes ashk\u00e9nazes, en revanche, ont coutume de r\u00e9citer le m\u00eame texte que les hommes, car les termes go\u00ef <\/em>et \u2018aved<\/em> incluent les hommes et les femmes.<\/p>\n