{"id":2805,"date":"2000-03-22T00:08:23","date_gmt":"2000-03-21T22:08:23","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=2805"},"modified":"2017-11-09T11:36:54","modified_gmt":"2017-11-09T09:36:54","slug":"03-22-08","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/03-22-08\/","title":{"rendered":"08. Le Qidouch et les repas de Chabbat"},"content":{"rendered":"
Deux mitsvot toraniques fondamentales expriment l\u2019essence m\u00eame du Chabbat\u00a0: l\u2019une est une mitsva \u00ab\u00a0positive\u00a0\u00bb[g]<\/a><\/sup>, Zakhor<\/em> (\u00ab\u00a0Souviens-toi du jour du Chabbat\u00a0\u00bb)\u00a0; l\u2019autre, une mitsva \u00ab\u00a0n\u00e9gative\u00a0\u00bb[h]<\/a><\/sup>, Chamor<\/em> (\u00ab\u00a0Garde le jour du Chabbat\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0garde-toi de transgresser la saintet\u00e9 du jour du Chabbat\u00a0\u00bb). Le commandement de Chamor <\/em>signifie de s\u2019abstenir de tout travail, tandis que le commandement de Zakhor<\/em> a pour objet de se rappeler les fondements de la foi. Le premier fondement dont nous nous souvenons durant le Chabbat est la cr\u00e9ation du monde, le deuxi\u00e8me est la sortie d\u2019Egypte.<\/p>\n Bien que le commandement de Zakhor<\/em> (\u00ab\u00a0Souviens-toi\u00a0du jour de Chabbat \u00bb) soit un commandement positif d\u00e9pendant du temps, les femmes y sont oblig\u00e9es comme les hommes. En effet, le commandement de Zakhor<\/em> est scripturairement parall\u00e8le \u00e0 celui de Chamor<\/em> (\u00ab\u00a0Garde\u00a0le jour de Chabbat \u00bb)\u00a0: les deux versets, nous apprend le Talmud, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9nonc\u00e9s par Dieu en une seule et m\u00eame parole, si bien que leur r\u00e9gime halakhique est semblable. Or de m\u00eame que les femmes sont soumises \u00e0 la mitsva de Chamor<\/em>, mitsva \u00ab\u00a0n\u00e9gative\u00a0\u00bb \u2013 puisque nous avons pour principe que les femmes sont tenues d\u2019observer tous les interdits, m\u00eame quand ces derniers sont d\u00e9pendants du temps \u2013, de m\u00eame sont-elles soumises \u00e0 la mitsva de Zakhor<\/em>. C\u2019est la raison pour laquelle une femme peut acquitter un homme de la r\u00e9citation du Qidouch, en le r\u00e9citant elle-m\u00eame, puisque son obligation, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette mitsva, est \u00e9gale \u00e0 celle de l\u2019homme. En revanche un enfant (ou une enfant), qui n\u2019est pas encore arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge des mitsvot, ne peut rendre quittes des adultes\u00a0; en effet, quand un mineur est apte \u00e0 comprendre la th\u00e9matique du Chabbat, il n\u2019est assujetti \u00e0 la mitsva du Qidouch que par la d\u00e9cision des sages, tandis que les personnes majeures y sont tenues par l\u2019effet d\u2019une mitsva de la Torah (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em>, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 271, 2).<\/p>\n Nos ma\u00eetres ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que l\u2019accomplissement pratique du commandement de Zakhor<\/em> se ferait par la r\u00e9citation d\u2019un texte, le Qidouch, r\u00e9cit\u00e9 sur une coupe de vin le soir de Chabbat. Ce Qidouch du soir comprend deux b\u00e9n\u00e9dictions, l\u2019une sur le vin, l\u2019autre sur la saintet\u00e9 du Chabbat. La r\u00e9citation du Qidouch sur une coupe de vin, en introduction au repas, nous apprend que la saintet\u00e9 du Chabbat se manifeste \u00e0 tous les niveaux\u00a0: non seulement par les c\u00f4t\u00e9s spirituels de l\u2019existence mais aussi dans ses aspects mat\u00e9riels\u00a0; aussi r\u00e9cite-t-on le Qidouch sur le vin, qui r\u00e9jouit, et en t\u00eate du repas.<\/p>\n Nos ma\u00eetres ont encore d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que la saintet\u00e9 du Chabbat serait proclam\u00e9e de nouveau le matin, sur une coupe de vin, en introduction au repas. En introduisant le repas par le Qidouch, nous manifestons qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un repas important, particulier, et nous nous souvenons par l\u00e0 de la saintet\u00e9 du Chabbat. Toutefois, comme le Qidouch du jour est, en son fondement, une institution des sages, on n\u2019y a pas inclus de b\u00e9n\u00e9diction particuli\u00e8re en l\u2019honneur du Chabbat\u00a0: on se contente d\u2019y prononcer la b\u00e9n\u00e9diction sur le vin (Bor\u00e9 peri haguefen<\/em>, \u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-tu\u2026 qui cr\u00e9es le fruit de la vigne\u00a0\u00bb), et l\u2019on a coutume de r\u00e9citer, avant cette b\u00e9n\u00e9diction, des versets consacr\u00e9s au th\u00e8me du Chabbat. Ce Qidouch est appel\u00e9 Qidoucha rabba<\/em> (\u00ab\u00a0grand Qidouch\u00a0\u00bb, en aram\u00e9en), par antiphrase, car c\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 le Qidouch du soir qui est le plus important (cf. Pnin\u00e9 Halakha<\/em>, Chabbat<\/em> I, chap. 6, 1-3).<\/p>\n En ce qui concerne la mitsva de prendre trois repas le Chabbat, et celle d\u2019introduire les repas par une b\u00e9n\u00e9diction sur deux pains, les femmes sont oblig\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gal des hommes (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 291, 6\u00a0; Michna Beroura<\/em> et B\u00e9our Halakha<\/em> ad loc.).<\/p>\n