{"id":32,"date":"2016-01-15T03:00:32","date_gmt":"2016-01-15T01:00:32","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=32"},"modified":"2018-03-19T11:24:42","modified_gmt":"2018-03-19T09:24:42","slug":"05-15-03","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/05-15-03\/","title":{"rendered":"03. Institution perp\u00e9tuelle de Pourim"},"content":{"rendered":"
Bien que la joie d\u2019\u00eatre sauv\u00e9 f\u00fbt immense, la mani\u00e8re de manifester cette joie \u00e9tait d\u2019abord incertaine. Esther envoya cette requ\u00eate aux sages\u00a0: \u00ab\u00a0Ecrivez-moi pour les g\u00e9n\u00e9rations\u00a0\u00bb (kitvouni ladorot<\/em>), c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: \u00e9crivez l\u2019histoire du miracle de Pourim, et incluez-la dans les livres hagiographiques de la Bible<\/em> (M\u00e9guila <\/em>7a). Esther demanda encore\u00a0: \u00ab\u00a0Instituez-moi pour les g\u00e9n\u00e9rations\u00a0\u00bb (qiv\u2019ouni ladorot<\/em>), c\u2019est-\u00e0-dire\u00a0: fixez le jour de Pourim comme jour de joie et de lecture de la M\u00e9guila (le livre d\u2019Esther), de mani\u00e8re perp\u00e9tuelle<\/em>. Au d\u00e9but, les sages h\u00e9sit\u00e8rent, \u00e0 cet \u00e9gard\u00a0: d\u2019une part, cela risquait d\u2019\u00e9veiller la jalousie des nations du monde, qui penseraient qu\u2019Isra\u00ebl se r\u00e9jouit de leur chute\u00a0; d\u2019autre part, ils n\u2019\u00e9taient pas certains qu\u2019il y e\u00fbt place \u00e0 une nouvelle mention, dans la Bible, de la guerre d\u2019Isra\u00ebl contre Amaleq. Finalement, ils apprirent d\u2019allusions contenues dans des versets qu\u2019il y avait en effet place pour une nouvelle mention de la guerre contre Amaleq, dans la Bible. Les membres de la Grande Assembl\u00e9e (anch\u00e9 Knesset Haguedola<\/em>) \u00e9crivirent alors la M\u00e9guila sous l\u2019effet de l\u2019esprit saint (roua\u2019h haqodech<\/em>) et institu\u00e8rent la f\u00eate de Pourim de fa\u00e7on perp\u00e9tuelle (M\u00e9guila<\/em> 2a, 7a, Baba Batra<\/em> 15a).<\/p>\n Les membres de la Grande Assembl\u00e9e formaient la grande cour de justice qui fonctionnait au d\u00e9but de la p\u00e9riode du deuxi\u00e8me Temple. Elle comprenait cent vingt anciens, parmi lesquels on trouvait des proph\u00e8tes et des sages, Agg\u00e9e (\u2018Haga\u00ef), Zacharie, Malachie, Daniel, \u2018Hanania, Misha\u00ebl, Azaria, Ezra le scribe, N\u00e9h\u00e9mie fils de \u2018Hakhalia, Mordekha\u00ef et Zeroubavel fils de Salathiel. Le Mordekha\u00ef dont il est ici question n\u2019est autre que le Mordekha\u00ef dont parle le livre d\u2019Esther. Ezra le scribe \u00e9tait le plus \u00e9minent parmi ses pairs, au point que, quelquefois, la Grande Assembl\u00e9e est appel\u00e9e tribunal d\u2019Ezra le scribe<\/em>. Ses membres formaient donc le grand tribunal, qui prit les premiers grands d\u00e9crets consid\u00e9r\u00e9s comme commandements rabbiniques (mitsvot derabbanan<\/em>). C\u2019est de leur autorit\u00e9 que d\u00e9coule l\u2019activit\u00e9 des sages de la Torah orale.<\/p>\n Le miracle de Pourim est consid\u00e9r\u00e9 comme le dernier miracle consign\u00e9 dans la Bible\u00a0; comme le disent nos sages\u00a0: \u00ab\u00a0Esther est la fin de tous les miracles\u00a0\u00bb (Yoma<\/em> 29a). Et c\u2019est, en pratique, avec la r\u00e9daction du livre d\u2019Esther que la Bible est scell\u00e9e.<\/p>\n Pourim est le cha\u00eenon qui lie la Torah \u00e9crite \u00e0 la Torah orale. Et tel est bien le statut des mitsvot de Pourim que d\u2019\u00eatre des commandements d\u2019institution proph\u00e9tique (mitsvot midivr\u00e9 qabala<\/em>, litt\u00e9ralement\u00a0: commandements ordonn\u00e9s par tradition)\u00a0: il s\u2019agit d\u2019une cat\u00e9gorie interm\u00e9diaire entre les mitsvot de la Torah \u00e9crite et les mitsvot rabbiniques. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ces commandements ne se situent pas aussi haut, dans la hi\u00e9rarchie des normes, que les mitsvot consign\u00e9es dans le Pentateuque\u00a0; de l\u2019autre, elles n\u2019ont pas le statut de normes rabbiniques, puisque le livre d\u2019Esther est inclus dans les Hagiographes, qui font partie de la Bible.<\/p>\n Les Richonim sont partag\u00e9s quant \u00e0 la conduite \u00e0 tenir en cas de doute portant sur les lois de Pourim\u00a0: la halakha oblige-t-elle \u00e0 la rigueur, comme c\u2019est le cas quand le doute porte sur une mitsva toranique, ou bien faut-il \u00eatre indulgent, comme dans le cas d\u2019une r\u00e8gle rabbinique\u00a0? Cette question est d\u00e9battue[2]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Sept mitsvot ont cours \u00e0 Pourim. Parmi elles, quatre sont propres \u00e0 cette f\u00eate\u00a0: 1) la lecture du rouleau d\u2019Esther (la M\u00e9guila)\u00a0; 2) l\u2019envoi de pr\u00e9sents alimentaires, de l\u2019individu \u00e0 son prochain\u00a0; 3) les dons aux pauvres\u00a0; 4) le festin et la joie. Trois autres mitsvot ont \u00e9t\u00e9 \u00e9dict\u00e9es par les sages, et ont \u00e9galement cours lors d\u2019autres f\u00eates\u00a0: 1) la lecture publique de la Torah (cette obligation s\u2019impose aux hommes)\u00a0; 2) la mention du jour de Pourim dans la \u2018Amida, ainsi que dans le Birkat hamazon<\/em> r\u00e9cit\u00e9 apr\u00e8s le repas, par l\u2019insertion du passage \u2018Al hanissim<\/em>\u00a0; 3) l\u2019interdit de prononcer un \u00e9loge fun\u00e8bre ou de je\u00fbner.<\/p>\n