{"id":3551,"date":"2016-09-08T00:03:27","date_gmt":"2016-09-07T21:03:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3551"},"modified":"2018-08-14T11:55:16","modified_gmt":"2018-08-14T08:55:16","slug":"15-08-03","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/15-08-03\/","title":{"rendered":"03. Malade dont l\u2019\u00e9tat est dangereux"},"content":{"rendered":"
Si le je\u00fbne risque de provoquer la mort du malade, c\u2019est une mitsva qu\u2019il boive et qu\u2019il mange suivant ses besoins, car le sauvetage de la vie (piqoua\u2019h n\u00e9fech<\/em>) a priorit\u00e9 sur la mitsva du je\u00fbne, comme des autres mitsvot de la Torah, ainsi qu\u2019il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Vous garderez mes lois et mes statuts, car l\u2019homme qui les pratique vivra par eux, Je suis l\u2019\u00c9ternel\u00a0\u00bb (Lv 18, 5). Nos sages \u00e9laborent\u00a0: \u00ab\u00a0Il est dit qu\u2019il vivra par eux, non qu\u2019il mourra par eux\u00a0\u00bb (Yoma<\/em> 85b). Les mitsvot de la Torah ont en effet \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es pour que l\u2019on vive par elles, et non pour que l\u2019on meure en les mettant en pratique (Les Lois de Chabbat II<\/em> 27, 1, note 1). Si l\u2019on se trouve dans un cas de doute \u2013 y a-t-il danger pour la vie ou non\u00a0? \u2013 et que l\u2019on soit rigoureux envers soi-m\u00eame en ne buvant ni ne mangeant, on est en faute\u00a0; car on aura transgress\u00e9 la mitsva toranique consistant \u00e0 pr\u00e9server sa vie (Dt 2, 4\u00a0; 4, 9\u00a0; 4, 15). D\u2019une telle personne, il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Seulement, du sang de votre vie, Je demanderai compte\u00a0\u00bb (Gn 9, 5\u00a0; Baba Qama<\/em> 91b).<\/p>\n Ce qui est vis\u00e9 ici, ce ne sont pas seulement les cas hautement dangereux\u00a0: dans tous les cas o\u00f9 il existe un risque que le je\u00fbne provoque la mort du malade, ou affaiblisse sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 sa maladie, elle-m\u00eame dangereuse, c\u2019est une mitsva que de boire et de manger suivant ses besoins. M\u00eame un malade qui est \u00e0 l\u2019article de la mort, c\u2019est une mitsva pour lui, d\u00e8s lors que le je\u00fbne risque de h\u00e2ter la survenance de sa mort, que de boire et de manger suivant ses besoins\u00a0; car m\u00eame pour prolonger la vie d\u2019une heure, il est permis de boire et de manger \u00e0 Yom Kipour.<\/p>\n Toutefois, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, il ne faut pas exag\u00e9rer, quand les risques sont \u00e9loign\u00e9s. Si l\u2019on craignait, pour toute maladie ordinaire, qu\u2019un danger vital exist\u00e2t, cela aurait pour effet d\u2019annuler la halakha d\u2019apr\u00e8s laquelle un malade a l\u2019obligation de je\u00fbner \u00e0 Kipour. Bien plus\u00a0: si l\u2019on exag\u00e9rait, et que l\u2019on t\u00eent compte de risques tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s, nous devrions hospitaliser tous les malades de la grippe, ou, tout au moins, exiger qu\u2019un m\u00e9decin leur rend\u00eet visite deux fois par jour. Et si l\u2019on tenait compte d\u2019un tel degr\u00e9 de risque, nous devrions aussi interdire, au titre du sauvetage de la vie, les voyages en voiture ou en avion. Nous devrions aussi, \u00e9videmment, interdire tout voyage dans une auto qui n\u2019a pas subi de r\u00e9vision pointilleuse une fois par mois, et interdire aussi les randonn\u00e9es p\u00e9destres et tout ce qui y ressemble.<\/p>\n Le principe est donc le suivant\u00a0: tout danger que les gens ont l\u2019habitude de traiter en urgence, en y impartissant du temps et des ressources \u2013 comme le convoiement d\u2019urgence du malade \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, en plein milieu de sa journ\u00e9e de travail \u2013, est consid\u00e9r\u00e9 comme un danger pour la vie\u00a0; et, pour le pr\u00e9venir, c\u2019est une mitsva que de profaner le Chabbat, ou de boire et de manger \u00e0 Kipour. Un danger qu\u2019il n\u2019est pas d\u2019usage de traiter en h\u00e2te, en y impartissant du temps et des ressources, en revanche, n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme un danger pour la vie[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n