{"id":3577,"date":"2016-09-04T00:04:52","date_gmt":"2016-09-03T21:04:52","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3577"},"modified":"2018-08-15T11:07:32","modified_gmt":"2018-08-15T08:07:32","slug":"15-04-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/15-04-04\/","title":{"rendered":"04. La coutume des cent sonneries"},"content":{"rendered":"
C\u2019est une coutume tr\u00e8s ancienne, attest\u00e9e d\u00e8s l\u2019\u00e9poque des Gu\u00e9onim, que de faire entendre cent sonneries. \u00c0 l\u2019\u00e9poque des Richonim, la majorit\u00e9 des communaut\u00e9s n\u2019avaient pas adopt\u00e9 cet usage\u00a0: on faisait entendre trente sonneries[g]<\/a><\/sup> \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e assise, avant Moussaf, puis, \u00e0 Moussaf m\u00eame, on faisait entendre dix sonneries dans certaines communaut\u00e9s, et dans d\u2019autres trente. \u00c0 l\u2019\u00e9poque des A\u2019haronim, sous l\u2019influence de Rabbi Isaac Louria \u2013 qui a formul\u00e9 des kavanot<\/em> (pens\u00e9es \u00e0 entretenir pendant que l\u2019on entend le chofar) conformes \u00e0 l\u2019enseignement de la mystique juive, cela pour cent sonneries \u2013, la coutume se r\u00e9pandit dans toutes les communaut\u00e9s juives de produire cent sonneries en tout\u00a0; au point que, de nos jours, on a coutume de produire cent sonneries dans presque toutes les communaut\u00e9s[2]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Les cent sonneries sont ainsi ordonnanc\u00e9es\u00a0: pendant les \u00ab\u00a0sonneries que l\u2019on fait assis\u00a0\u00bb, avant la pri\u00e8re de Moussaf, on produit trente sonneries, r\u00e9parties en trois fois t<\/em><\/strong>achr<\/strong>at<\/strong><\/em>, trois fois t<\/em><\/strong>ach<\/strong>at<\/strong><\/em>, trois fois t<\/em><\/strong>ar<\/strong>at<\/strong><\/em>. On ex\u00e9cute encore trente sonneries lors de la r\u00e9p\u00e9tition de la \u2018Amida de Moussaf\u00a0; elles s\u2019ordonnancent ainsi\u00a0: \u00e0 la suite de la b\u00e9n\u00e9diction des Malkhouyot<\/em>, dix sonneries, que sont t<\/em><\/strong>achr<\/strong>at<\/strong>, t<\/strong>ach<\/strong>at<\/strong>, t<\/strong>ar<\/strong>at\u00a0<\/strong><\/em>; m\u00eame chose apr\u00e8s la b\u00e9n\u00e9diction des Zikhronot<\/em>, et m\u00eame chose apr\u00e8s celle des Chofarot<\/em>.<\/p>\n S\u2019agissant de la \u2018Amida de Moussaf dite \u00e0 voix basse, les usages divergent\u00a0: certains ont coutume de sonner y compris \u00e0 ce moment, de m\u00eame que l\u2019on sonne pendant la r\u00e9p\u00e9tition de la \u2018Amida\u00a0; la raison en est que, lorsque la sonnerie du chofar se m\u00eale \u00e0 la pri\u00e8re, l\u2019une et l\u2019autre sont davantage agr\u00e9\u00e9es. Tel est l\u2019usage des S\u00e9farades et des Hassidim. Pour ceux qui partagent cet usage, c\u2019est le sonneur (le toq\u00e9a\u2019<\/em>) qui fixe le rythme de la pri\u00e8re, et les fid\u00e8les s\u2019efforcent de prier au m\u00eame rythme que lui, afin d\u2019\u00e9couter les diff\u00e9rentes sonneries \u00e0 l\u2019endroit propre \u00e0 chacune d\u2019entre elles, en conclusion des trois b\u00e9n\u00e9dictions centrales. \u00c0 cette fin, le toq\u00e9a\u2019<\/em> doit prier \u00e0 un rythme mod\u00e9r\u00e9 et constant\u00a0; et le fid\u00e8le qui termine une b\u00e9n\u00e9diction avant le toq\u00e9a\u2019<\/em> fera bien d\u2019attendre, avant de poursuivre, que le toq\u00e9a\u2019<\/em> fasse entendre le chofar. Quoi qu\u2019il en soit, ceux qui veulent prier plus vite ou plus lentement y sont autoris\u00e9s\u00a0; ils diront alors Hayom harat \u2018olam<\/em> (\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui est la naissance du monde\u2026\u00a0\u00bb) en conclusion de chacune des trois b\u00e9n\u00e9dictions centrales\u00a0; et, lorsqu\u2019ils entendront le chofar, ils s\u2019interrompront pour l\u2019\u00e9couter, bien qu\u2019ils se trouvent au milieu de quelque autre b\u00e9n\u00e9diction, puis ils poursuivront leur pri\u00e8re (cf. Mat\u00e9 Ephra\u00efm<\/em> 591, 13).<\/p>\n D\u2019autres ont coutume de ne pas faire entendre le chofar au moment de la \u2018Amida \u00e0 voix basse, car, selon eux, la directive consiste essentiellement \u00e0 sonner du chofar pendant la pri\u00e8re de la communaut\u00e9 elle-m\u00eame, c\u2019est-\u00e0-dire pendant la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019officiant. De plus, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019ajuster le rythme de la pri\u00e8re aux sonneries successives risque de perturber la concentration des fid\u00e8les, leur kavana<\/em>. Telle est la coutume ashk\u00e9naze[3]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Pour ceux qui ont coutume de sonner \u00e9galement pendant la \u2018Amida dite \u00e0 voix basse, on aura donc produit, jusqu\u2019\u00e0 la fin de la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019officiant incluse, quatre-vingt-dix sonneries. On y ajoute dix sonneries au moment du Qaddich Titqabal<\/em>.<\/p>\n Pour ceux qui n\u2019ont pas coutume de sonner pendant la \u2018Amida dite \u00e0 voix basse, il manque encore quarante sonneries apr\u00e8s l\u2019ach\u00e8vement de la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019officiant\u00a0: on en fait trente apr\u00e8s \u2018Al\u00e9nou l\u00e9chab\u00e9a\u2019h<\/em>, et dix encore apr\u00e8s le cantique An\u2019im z\u00e9mirot<\/em> (Michna Beroura<\/em> 592, 4).<\/p>\n
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