{"id":3636,"date":"2016-09-06T00:03:57","date_gmt":"2016-09-05T21:03:57","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3636"},"modified":"2018-08-16T10:38:46","modified_gmt":"2018-08-16T07:38:46","slug":"15-06-03","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/15-06-03\/","title":{"rendered":"03. L\u2019expiation de Kipour et son sens"},"content":{"rendered":"
Le mot kipourim<\/em> poss\u00e8de de nombreuses significations, qui sont toutes contenues dans la th\u00e9matique de Kipour. Le mot kapara <\/em>signifie, \u00e9tymologiquement, couverture<\/em>. De m\u00eame que le propitiatoire (k<\/em><\/strong>ap<\/strong>or<\/strong>et<\/em>) couvrait l\u2019arche sainte, ainsi l\u2019expiation couvre les fautes. Le mot kapara <\/em>est \u00e9galement parent du mot k<\/em><\/strong>of<\/strong>er<\/strong><\/em> (rachat<\/em>, contrepartie<\/em>, remplacement<\/em>)\u00a0; car la faute, qui provient des forces de l\u2019impuret\u00e9, est remplac\u00e9e, et restitu\u00e9e \u00e0 son lieu, par le biais du bouc \u00e9missaire. Le mot comporte \u00e9galement l\u2019id\u00e9e de nettoyage<\/em>, de lavage<\/em>, car l\u2019expiation lave et nettoie la souillure de la faute. On trouve encore dans ce mot une id\u00e9e d\u2019annulation<\/em>, comme nous le voyons dans la parole de Jacob notre p\u00e8re\u00a0: Ak<\/strong>hap<\/strong>er<\/strong>a panav<\/em> (\u00ab\u00a0je veux rass\u00e9r\u00e9ner son visage\u00a0\u00bb), ce qui signifie\u00a0: \u00ab\u00a0je neutraliserai sa col\u00e8re par le biais de ce pr\u00e9sent\u00a0\u00bb (Gn 32, 21, Rachi ad loc.). Le mot kapara<\/em> porte \u00e9galement en lui la notion d\u2019apaisement\u00a0: par le nettoyage de la faute et son annulation, la personne l\u00e9s\u00e9e, ou l\u2019accusateur, s\u2019apaise, se rass\u00e9r\u00e8ne (Rachi sur Pr 16, 14). Enfin, on trouve dans ce mot la notion de parfums, comme il est dit\u00a0: echkol hak<\/strong>of<\/strong>er<\/strong><\/em> (\u00ab\u00a0grappe de cypre\u00a0\u00bb, Ct 1, 14)\u00a0; car si la t\u00e9chouva<\/em> est faite par amour, les fautes volontaires se transforment en m\u00e9rites, et il en \u00e9mane une bonne odeur.<\/p>\n Nos ma\u00eetres expliquent sur le mode midrachique les mots\u00a0: \u00ab\u00a0les jours<\/em> de leur formation, avant qu\u2019aucun<\/em> d\u2019eux<\/em> ne f\u00fbt[b]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb (Ps 139, 16) \u2013 \u00e9\u2019had bahem<\/em>, litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0l\u2019un d\u2019eux\u00a0\u00bb \u2013 en disant que ce jour un<\/em> est le jour de Kipour, jour particulier au sein de l\u2019ann\u00e9e\u00a0:<\/p>\n [Ce jour] est un motif de grande joie devant Celui qui, par sa parole, cr\u00e9a le monde, parce qu\u2019Il le donna \u00e0 Isra\u00ebl avec un grand amour. \u00c0 quoi cela ressemble-t-il\u00a0? \u00c0 un roi de chair et de sang dont les serviteurs et les proches, sortant les ordures, les jetaient face \u00e0 la porte de la ville du roi [afin de s\u2019en d\u00e9barrasser en dehors de la ville]. Quand le roi sortit et vit ces ordures, il \u00e9prouva une grande joie. C\u2019est \u00e0 cela qu\u2019est compar\u00e9 le jour de Kipour, que le Saint b\u00e9ni soit-Il nous donna par l\u2019effet de son grand amour et dans la joie. (\u2026) Quand Il pardonne les fautes d\u2019Isra\u00ebl, Il ne s\u2019en afflige pas mais s\u2019en r\u00e9jouit grandement, disant aux monts et aux collines, aux ruisseaux et aux vall\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Allons, r\u00e9jouissez-vous avec Moi d\u2019une grande joie, car Je pardonne les fautes d\u2019Isra\u00ebl\u2026\u00a0\u00bb (Tana Devei Elyahou Rabba<\/em> 1).<\/p>\n Nos sages enseignent qu\u2019il est fait allusion, dans le nom Ha-Satan<\/em> (l\u2019Accusateur) \u2013 dont la valeur num\u00e9rique est de 364 \u2013 au propos particulier du jour de Kipour\u00a0: cela nous enseigne que, trois cent soixante-quatre jours de l\u2019ann\u00e9e durant, l\u2019Accusateur a le droit de faire obstacle \u00e0 la lumi\u00e8re divine \u2013 l\u2019emp\u00eachant de se d\u00e9voiler dans le monde \u2013, et de mettre en cause Isra\u00ebl. Or, puisque l\u2019ann\u00e9e compte trois cent soixante-cinq jours, il en est un durant lequel l\u2019Accusateur n\u2019a pas le droit de mettre en cause Isra\u00ebl. Ce jour est Yom Kipour, puisque s\u2019y d\u00e9voile la racine de la saintet\u00e9 d\u2019Isra\u00ebl, qui est li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9ternel (Yoma<\/em> 20).<\/p>\n Si l\u2019\u00c9ternel n\u2019avait pas fix\u00e9 un jour d\u2019expiation et de pardon pour Isra\u00ebl, les fautes se seraient amoncel\u00e9es, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, au point que, apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, Isra\u00ebl et le monde eussent risqu\u00e9 d\u2019\u00eatre condamn\u00e9s \u00e0 la destruction (cf. S\u00e9fer Ha\u2019hinoukh<\/em>, mitsva 185).<\/p>\n Toute la dur\u00e9e du jour de Kipour a cette vertu expiatrice. Aussi, m\u00eame un homme qui serait mort au milieu de la journ\u00e9e aurait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019expiation de ses fautes (Keritot<\/em> 7a). Mais le parach\u00e8vement de l\u2019expiation se produit \u00e0 l\u2019approche de l\u2019issue de Kipour, au moment o\u00f9 le je\u00fbne parvient \u00e0 son sommet, et o\u00f9 toutes les pri\u00e8res et toutes les intentions qui y sont associ\u00e9es (les kavanot<\/em>) s\u2019assemblent (Talmud de J\u00e9rusalem, Yoma<\/em> 8, 7). Aussi a-t-on coutume, dans les communaut\u00e9s d\u2019Isra\u00ebl, d\u2019intensifier la pri\u00e8re au moment de la N\u00e9\u2019ila, dernier office de Kipour[1]<\/a><\/sup>.<\/p>\n