{"id":3642,"date":"2016-09-06T00:06:34","date_gmt":"2016-09-05T21:06:34","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3642"},"modified":"2018-08-16T10:41:05","modified_gmt":"2018-08-16T07:41:05","slug":"15-06-06","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/15-06-06\/","title":{"rendered":"06. Signification du je\u00fbne"},"content":{"rendered":"
C\u2019est une mitsva que de je\u00fbner le jour de Kipour\u00a0; ce je\u00fbne est li\u00e9 \u00e0 l\u2019expiation des fautes, ainsi qu\u2019il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ce sera pour vous une loi perp\u00e9tuelle\u00a0: le septi\u00e8me mois, au dixi\u00e8me jour du mois, vous mortifierez vos personnes, et vous ne ferez aucun ouvrage, l\u2019indig\u00e8ne ni le pros\u00e9lyte qui r\u00e9side parmi vous. Car en ce jour, il sera fait expiation pour vous, afin de vous purifier de toutes vos fautes\u00a0; devant l\u2019\u00c9ternel, vous vous purifierez\u00a0\u00bb (Lv 16, 29-30). De prime abord, il y a lieu de s\u2019interroger\u00a0: si la Torah voulait fixer pour nous un jour de repentir et d\u2019expiation des fautes, n\u2019e\u00fbt-il pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable que nous mangions et buvions quelque peu, afin que notre esprit soit parfaitement clair, et que nous puissions nous concentrer convenablement sur la pri\u00e8re et sur la t\u00e9chouva<\/em>\u00a0?<\/p>\n Mais par le biais du je\u00fbne, se r\u00e9v\u00e8le une chose plus profonde. Tout au long de l\u2019ann\u00e9e, l\u2019\u00e2me est recouverte par une enveloppe mat\u00e9rielle, par divers d\u00e9sirs du corps, qui conduisent l\u2019homme \u00e0 oublier son aspiration profonde, et \u00e0 fauter. L\u2019\u00c9ternel nous a ordonn\u00e9 de je\u00fbner le jour de Kipour, afin que notre \u00e2me se d\u00e9tache quelque peu des cha\u00eenes du corps et de la mati\u00e8re, et que toutes ses aspirations vraies et bonnes se lib\u00e8rent et se r\u00e9v\u00e8lent. Par cette mise en rapport sup\u00e9rieure avec la racine de son \u00e2me, les fautes se s\u00e9parent de nous et sont jet\u00e9es \u00e0 Azazel (D\u00e9rekh Hachem<\/em> IV 8, 5).<\/p>\n Bien que, en raison du je\u00fbne et des autres mortifications, il nous soit, plus que les autres jours, difficile de nous concentrer, un savoir profond nous \u00e9claire progressivement\u00a0: notre volont\u00e9 v\u00e9ritable est de nous attacher \u00e0 Dieu et de r\u00e9parer le monde \u00e0 la lumi\u00e8re de la Torah et de sa conduite. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, nous op\u00e9rons une profonde t\u00e9chouva<\/em>, chacun selon son niveau.<\/p>\n Aussi, celui-l\u00e0 m\u00eame qui est contraint de s\u2019allonger sur son lit pour pouvoir continuer le je\u00fbne ne doit pas s\u2019en affliger, car il a le m\u00e9rite de faire sien le fondement principal de Yom Kipour. Lors m\u00eame qu\u2019il est \u00e9tendu sur son lit, il peut entretenir en soi-m\u00eame de bonnes pens\u00e9es, et d\u00e9cider d\u2019ajouter \u00e0 son \u00e9tude de Torah, \u00e0 sa pratique des mitsvot et \u00e0 la construction de sa famille.<\/p>\n Il faut encore savoir que le je\u00fbne est comparable \u00e0 un sacrifice. \u00c0 l\u2019\u00e9poque du Temple, l\u2019homme apportait un animal en sacrifice\u00a0; la graisse et le sang de la b\u00eate \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s sur l\u2019autel et apportaient \u00e0 l\u2019homme l\u2019expiation. Le jour de Kipour, par le biais du je\u00fbne, les Isra\u00e9lites apportent leur propre graisse et leur propre sang, et l\u2019\u00c9ternel fait expiation sur eux. Aussi chaque Juif doit-il se repr\u00e9senter, lors du je\u00fbne de Kipour, que c\u2019est d\u2019une certaine fa\u00e7on lui-m\u00eame qu\u2019il offre sur l\u2019autel, et que sa graisse, que son sang \u2013 qui diminuent \u00e0 ce moment \u2013 lui apportent l\u2019expiation. Par le fait qu\u2019ils s\u2019\u00e9l\u00e8vent en d\u00e9lectable odeur vers l\u2019\u00c9ternel, l\u2019homme s\u2019\u00e9l\u00e8ve au degr\u00e9 supr\u00eame, qui d\u00e9passe tout entendement, toute conception, et o\u00f9 seul demeurent le savoir simple et la volont\u00e9 d\u2019accomplir la volont\u00e9 de notre P\u00e8re qui est au Ciel (cf. Berakhot<\/em> 17a\u00a0; Recanati sur Lv 16, 29\u00a0; Zohar<\/em> sur Ruth 80a).<\/p>\n Dans une certaine mesure, le Chabbat est d\u2019un degr\u00e9 de saintet\u00e9 sup\u00e9rieur \u00e0 celui de Kipour, car la peine pr\u00e9vue[d]<\/a><\/sup> pour sa transgression est la lapidation (seqila<\/em>), tandis que, pour Yom Kipour, la peine est le retranchement (karet<\/em>). La sup\u00e9riorit\u00e9 du Chabbat se manifeste \u00e9galement par le nombre d\u2019appel\u00e9s \u00e0 la Torah\u00a0: le Chabbat, on fait monter sept appel\u00e9s, seulement six \u00e0 Kipour (M\u00e9guila <\/em>22b). Cela, parce que le Chabbat unifie l\u2019\u00e2me et le corps, et, par l\u2019un et l\u2019autre associ\u00e9s, r\u00e9v\u00e8le la saintet\u00e9. Le jour de Kipour est en revanche plus \u00e9lev\u00e9 d\u2019un point de vue spirituel, car on s\u2019y abstient de toutes les d\u00e9lices de ce monde-ci\u00a0; bien plus, dans le cas m\u00eame o\u00f9 Kipour tombe un Chabbat, on je\u00fbne, car il y a \u00e0 cela une grande n\u00e9cessit\u00e9 pour l\u2019expiation de la collectivit\u00e9 d\u2019Isra\u00ebl[2]<\/a><\/sup>.<\/p>\n