{"id":3694,"date":"2016-09-09T00:01:00","date_gmt":"2016-09-08T21:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3694"},"modified":"2018-08-26T11:58:08","modified_gmt":"2018-08-26T08:58:08","slug":"15-09-01","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/15-09-01\/","title":{"rendered":"01. La mitsva de se mortifier"},"content":{"rendered":"
Comme nous l\u2019avons vu au d\u00e9but du chapitre pr\u00e9c\u00e9dent, c\u2019est une mitsva \u00ab\u00a0positive\u00a0\u00bb (un commandement de faire) que de je\u00fbner au jour de Kipour, comme il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ce sera pour vous une loi perp\u00e9tuelle\u00a0: au septi\u00e8me mois, le dixi\u00e8me jour du mois, vous vous mortifierez\u00a0\u00bb (Lv 16, 29). Certes, l\u2019essentiel de la mitsva de \u00ab\u00a0mortification\u00a0\u00bb (\u2018inou\u00ef<\/em>) tient dans l\u2019abstention de nourriture et de boisson, de sorte que seul celui qui transgresse l\u2019un de ces deux interdits est passible de sanction\u00a0: karet<\/em> (retranchement) pour une transgression intentionnelle, \u2018hatat<\/em> (sacrifice expiatoire) pour une transgression inintentionnelle\u00a0; mais la mitsva de se mortifier comprend encore quatre interdits, qui, eux aussi, impliquent une certaine souffrance. Si donc on y joint l\u2019interdit de manger et de boire, on compte en tout cinq interdits\u00a0: 1) manger et boire\u00a0; 2) se laver\u00a0; 3) s\u2019oindre\u00a0; 4) porter des chaussures\u00a0; 5) avoir des relations conjugales (Michna Yoma <\/em>73b).<\/p>\n La mitsva de la mortification ne signifie pas qu\u2019il faille accomplir des actes entra\u00eenant la souffrance, comme de rester assis sous le soleil en plein midi. La mitsva consiste \u00e0 s\u2019abstenir de certaines choses, dont la cessation occasionne une certaine souffrance (Yoma<\/em> 74b\u00a0; 76b-77b). Le fondement de cela se trouve dans ce verset\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est pour vous un Chabbat solennel (Chabbat chabbaton<\/em>), et vous mortifierez vos personnes\u00a0\u00bb (Lv 23, 32). Nos sages enseignent\u00a0: le mot Chabbat<\/em> signifie (dans ce contexte) que vous vous absteniez[a]<\/a><\/sup> de toute nourriture ou boisson\u00a0; le mot chabbaton<\/em> signifie que vous vous absteniez \u00e9galement de certaines autres choses, qui font obstacle \u00e0 la mortification (Yoma <\/em>74a). De plus, de ce qu\u2019il est dit cinq fois, dans la Torah, qu\u2019il y a une mitsva de se mortifier, nos sages apprennent qu\u2019il faut s\u2019abstenir de ces cinq choses (Yoma<\/em> 76a).<\/p>\n Les d\u00e9cisionnaires sont partag\u00e9s quant au degr\u00e9 pr\u00e9cis de gravit\u00e9 des quatre autres interdits. Selon certains, puisqu\u2019il n\u2019est pas dit explicitement que l\u2019interdit vise le fait de manger et de boire, mais qu\u2019il est g\u00e9n\u00e9ralement dit \u00ab\u00a0vous mortifierez vos personnes\u00a0\u00bb, la mitsva toranique inclut l\u2019ensemble des cinq abstentions, comme les sages l\u2019apprennent des versets. Mais selon la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, seuls le fait de manger et le fait de boire sont toraniquement interdits, car c\u2019est dans leur abstention que se trouve la principale mortification. Quoi qu\u2019il en soit, si la Torah n\u2019a pas dit explicitement que la mitsva consiste \u00e0 s\u2019abstenir de manger et de boire, mais qu\u2019elle consiste \u00e0 se mortifier, c\u2019est pour nous apprendre que la mortification doit s\u2019exprimer par des abstentions suppl\u00e9mentaires\u00a0; et c\u2019est sur cette base que les sages ont interdit les quatre autres actes[1]<\/a><\/sup>.<\/p>\n