{"id":3698,"date":"2016-09-09T00:03:14","date_gmt":"2016-09-08T21:03:14","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3698"},"modified":"2018-08-26T11:59:58","modified_gmt":"2018-08-26T08:59:58","slug":"15-09-03","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/15-09-03\/","title":{"rendered":"03. Se laver pour les besoins d\u2019une mitsva"},"content":{"rendered":"
Pour les besoins d\u2019une mitsva, il est permis de se laver les mains traditionnellement. Par cons\u00e9quent, les cohanim (pr\u00eatres) sont autoris\u00e9s \u00e0 se laver chaque main \u00e0 l\u2019approche de la b\u00e9n\u00e9diction sacerdotale (Birkat cohanim<\/em>) (Rama 613, 3, Choul\u2019han \u2018Aroukh <\/em>128, 6). Mais si l\u2019on a eu une \u00e9mission s\u00e9minale pendant Kipour, et quoique, en tout autre jour, on aurait eu coutume de s\u2019immerger au bain rituel (miqv\u00e9<\/em>), on ne s\u2019immergera pas durant Kipour, car une coutume pieuse ne saurait repousser l\u2019interdit de se laver[b]<\/a><\/sup>. De m\u00eame, une femme isol\u00e9e par son flux (nida<\/em>) et dont la date d\u2019immersion tomberait \u00e0 Kipour, repoussera son miqv\u00e9<\/em> \u00e0 l\u2019issue du je\u00fbne (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 613, 11-12)[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Le matin, au r\u00e9veil, on se lave les mains traditionnellement\u00a0: trois fois altern\u00e9es sur chaque main, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019articulation m\u00e9tacarpo-phalangienne (qui relie les doigts au reste de la main). En effet, un esprit d\u2019impuret\u00e9 (roua\u2019h ra\u2019a<\/em>) repose sur les mains, apr\u00e8s le sommeil nocturne, et cet esprit d\u2019impuret\u00e9 risque de porter atteinte aux ouvertures du corps[c]<\/a><\/sup> avec lesquelles les mains entreraient en contact. Or pour l\u2019\u00e9liminer, il faut laver chaque main, trois fois par alternance[d]<\/a><\/sup>. Apr\u00e8s avoir fait ses besoins aux toilettes, on se relave les mains selon la m\u00eame m\u00e9thode, et l\u2019on r\u00e9cite la b\u00e9n\u00e9diction\u00a0: Baroukh\u2026 \u2018al n\u00e9tilat yada\u00efm<\/em>. En effet cette ablution est une mitsva, puisque nos sages ont institu\u00e9 une ablution des mains, assortie d\u2019une b\u00e9n\u00e9diction, \u00e0 l\u2019approche de la pri\u00e8re du matin (cf. La Pri\u00e8re d\u2019Isra\u00ebl<\/em>, 8, 4, note 2). Et bien que, le reste de l\u2019ann\u00e9e, nous ayons l\u2019habitude d\u2019accomplir la mitsva avec un suppl\u00e9ment de perfection, en lavant \u00e0 chaque fois toute la main, on se contente, \u00e0 Kipour, de verser l\u2019eau sur les doigts, y compris sur les articulations qui les relient au reste de la main. Cela parce que, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la stricte r\u00e8gle, une telle ablution, limit\u00e9e aux doigts, suffit aussi bien \u00e0 la propret\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9limination de l\u2019esprit d\u2019impuret\u00e9 (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 613, 2). Il est vrai que, en g\u00e9n\u00e9ral, lorsqu\u2019on a l\u2019intention de se laver les mains jusqu\u2019aux articulations m\u00e9tacarpo-phalangiennes incluses, une petite partie du reste de la main est, elle aussi, mouill\u00e9e\u00a0; mais aucune transgression n\u2019est \u00e0 craindre \u00e0 cet \u00e9gard, puisque l\u2019intention ne porte pas sur cela.<\/p>\n Si l\u2019on touche une partie de son corps ordinairement couverte, partie o\u00f9 de la sueur peut s\u2019\u00eatre agr\u00e9g\u00e9e, on est consid\u00e9r\u00e9 comme ayant touch\u00e9 un endroit souill\u00e9. Si l\u2019on veut, apr\u00e8s cela, prononcer des paroles saintes, on devra se relaver les mains. En effet, c\u2019est pour les besoins d\u2019une mitsva qu\u2019on se les lavera, et non pour le plaisir (Michna Beroura<\/em> 613, 5-6, Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 6, La Pri\u00e8re d\u2019Isra\u00ebl<\/em> 5, 2). Un doute s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 quant au cas suivant\u00a0: si l\u2019on est all\u00e9 aux toilettes, mais que l\u2019on n\u2019ait pas touch\u00e9, de ses mains, d\u2019endroits ordinairement couverts, peut-\u00eatre n\u2019est-il pas besoin de se laver les mains rituellement, puisque ses mains n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 en contact avec un endroit souill\u00e9\u00a0? Pour sortir du doute, il est juste que celui qui va aux toilettes touche, de son doigt, quelque endroit de son corps ordinairement couvert\u00a0; ensuite, il pourra, de l\u2019avis de tous, se laver les mains jusqu\u2019aux articulations m\u00e9tacarpo-phalangiennes incluses, afin de pouvoir r\u00e9citer, en \u00e9tat de propret\u00e9, la b\u00e9n\u00e9diction Acher yatsar<\/em> (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 613, 3, Michna Beroura<\/em> 4)[5]<\/a><\/sup>.<\/p>\n [4]<\/a>. Au trait\u00e9 Yoma<\/em> 88a, nos sages disent que celui qui a eu une pollution s\u00e9minale s\u2019immerge, le jour de Kipour. C\u2019est en ce sens que tranche, en pratique, Rabbi Yehouda Barceloni. Et pour ceux qui seraient tourment\u00e9s, et qui ont l\u2019habitude constante, en cas de pollution s\u00e9minale, de se tremper au miqv\u00e9<\/em>, le Maharil, le Mahari Weil et le Mahari Bruna 49 l\u2019autorisent. C\u2019est aussi en ce sens que tranche le Rav Pe\u2019alim, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm <\/em>II 61\u00a0; et c\u2019est aussi ce que, parfois, prescrivent les Hassidim (Pisq\u00e9 Techouvot<\/em> 613, 6, note 23). Cependant, de nombreux Richonim interdisent cela, parce que l\u2019autorisation formul\u00e9e par la Gu\u00e9mara se rapporte \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on se conformait au d\u00e9cret d\u2019Ezra, d\u2019apr\u00e8s lequel, en cas de pollution s\u00e9minale, il faut<\/em> s\u2019immerger au miqv\u00e9\u00a0<\/em>; tandis que, de nos jours, o\u00f9 nous n\u2019avons plus cette obligation, un usage dict\u00e9 par la pi\u00e9t\u00e9 ne saurait annuler la halakha interdisant de se laver \u00e0 Kipour. En effet, une coutume peut avoir pour effet d\u2019interdire ce qui, en principe, est permis, mais non de permettre ce qui est interdit (Ma\u00efmonide, Chevitat H\u00e9\u2019assor<\/em> 3, 3\u00a0; Rabb\u00e9nou Tam, Maharam, Mordekhi, Hagahot Ma\u00efmoniot<\/em>). C\u2019est en ce sens que se prononce le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 613, 11, et telle est la position d\u2019une majorit\u00e9 d\u00e9cisive d\u2019A\u2019haronim.<\/p>\n S\u2019agissant d\u2019une immersion au miqv\u00e9<\/em> destin\u00e9e \u00e0 passer de l\u2019impuret\u00e9 rituelle \u00e0 la puret\u00e9\u00a0: selon une majorit\u00e9 de Richonim, s\u2019immerger au temps prescrit est une mitsva, et celle-ci repousse l\u2019interdit de se laver. Mais selon Rabb\u00e9nou Tam, cela ne repousse pas l\u2019interdit. Cependant, pour ceux-l\u00e0 m\u00eame qui tiennent que, fondamentalement, se tremper au temps prescrit est une mitsva, Tossephot<\/em> (sur Beitsa <\/em>18b) estime que ce n\u2019est plus, de nos jours, une mitsva, car tout le monde a contract\u00e9 l\u2019impuret\u00e9 li\u00e9e au contact d\u2019un mort, de sorte que l\u2019immersion, de ce point de vue, n\u2019a pas pour effet de purifier.<\/p>\n Quant \u00e0 l\u2019immersion faite de nos jours par les femmes pour quitter le statut de nida<\/em>, elle n\u2019a pas v\u00e9ritablement lieu en son temps<\/em>. En effet, nous sommes rigoureux, et exigeons que la femme nida<\/em> compte sept jours propres, comme si elle avait le statut de zava<\/em> (flux sanguin \u00e9tranger au cycle menstruel, et cause d\u2019impuret\u00e9 rituelle majeure). Le sujet est r\u00e9sum\u00e9 par le Beit Yossef, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 554, 8, et c\u2019est en ce sens que tranche le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 613, 12.<\/p>\n [c]<\/a>. Telles que les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, le m\u00e9at urinaire et l\u2019anus.<\/p>\n
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