{"id":374,"date":"2016-01-06T00:04:13","date_gmt":"2016-01-05T22:04:13","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=374"},"modified":"2017-07-19T10:39:04","modified_gmt":"2017-07-19T07:39:04","slug":"01-06-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/01-06-04\/","title":{"rendered":"04.\tLes vins u04. Les vins utilisables pour le Qidouchtilisables pour le Qidouch"},"content":{"rendered":"
Nous tirons les r\u00e8gles applicables au vin de celles qui r\u00e9gissaient, \u00e0 l\u2019\u00e9poque du Temple, le vin que l\u2019on versait sur l\u2019autel\u00a0: tout vin impropre aux libations, en raison de quelque d\u00e9faut, est \u00e9galement impropre au Qidouch. Par exemple, un vin qui est rest\u00e9 d\u00e9couvert (dans un verre, d\u00e9pourvu de couvercle, ou dans une bouteille rest\u00e9e ouverte) pendant plusieurs heures, est impropre au Qidouch. De m\u00eame, un vin dont l\u2019odeur est mauvaise est impropre au Qidouch (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 272, 1\u00a0; Michna Beroura<\/em> 3).<\/p>\n Mais des vins qui seraient valides a posteriori pour \u00eatre vers\u00e9es sur l\u2019autel sont valides, m\u00eame a priori<\/em>, pour le Qidouch. Par exemple, un vin tr\u00e8s doux, produit \u00e0 partir de raisins rendus trop sucr\u00e9s par la chaleur du soleil, peut \u00eatre utilis\u00e9 a priori pour le Qidouch, car il est utilisable a posteriori pour l\u2019autel. De m\u00eame, le jus de raisin\u00a0: si on l\u2019a vers\u00e9 sur l\u2019autel, on est quitte a posteriori\u00a0; il est donc permis de r\u00e9citer le Qidouch sur ce jus. Toutefois, l\u2019application la plus parfaite de la mitsva consiste \u00e0 faire le Qidouch sur un vin de qualit\u00e9, alcoolis\u00e9, et qui r\u00e9jouit, car la directive des sages vise essentiellement la r\u00e9citation du Qidouch sur un vin qui r\u00e9jouit (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 272, 2\u00a0; Michna Beroura<\/em> 5).<\/p>\n Certains vins sont rendus impropres aux libations car on y a m\u00eal\u00e9 d\u2019autres ingr\u00e9dients, mais restent valides pour le Qidouch. Ainsi, un vin m\u00eal\u00e9 d\u2019eau est disqualifi\u00e9 pour \u00eatre vers\u00e9 sur l\u2019autel, mais pour le Qidouch, au contraire\u00a0: il est bon de couper le vin d\u2019un peu d\u2019eau, afin d\u2019en exalter le go\u00fbt et d\u2019en temp\u00e9rer l\u2019\u00e2cret\u00e9. Mais les vins de notre temps, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de les couper, car ils ne sont pas si forts (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> et Rama 272, 5).<\/p>\n Si l\u2019on a coup\u00e9 le vin d\u2019eau et qu\u2019il y ait \u00e0 pr\u00e9sent une majorit\u00e9 d\u2019eau, certains estiment que le statut de cette boisson n\u2019est plus celui de vin, et que l\u2019on ne peut donc r\u00e9citer sur elle la b\u00e9n\u00e9diction Hagu\u00e9fen<\/em> (\u00ab\u00a0\u2026 qui cr\u00e9es le fruit de la vigne\u00a0\u00bb)\u00a0; cette boisson est aussi impropre au Qidouch. D\u2019autres sont indulgents \u00e0 cet \u00e9gard, tant que le go\u00fbt est semblable \u00e0 celui du vin. Quand des vins sont soumis \u00e0 son certificat de cacheroute, le rabbinat veille \u00e0 ce que la part de vin soit majoritaire, si bien que ces vins sont propres \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction et au Qidouch d\u2019apr\u00e8s toutes les opinions[3]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Un vin cuit (m\u00e9vouchal<\/em>), de m\u00eame qu\u2019un vin auquel on aurait ajout\u00e9 du sucre ou du miel, est impropre aux libations, car un tel vin a chang\u00e9 de nature. Selon certains, de m\u00eame que de tels vins sont impropres aux libations, ils sont impropres au Qidouch (Ma\u00efmonide). Mais la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires pensent que ces vins peuvent \u00eatre valablement utilis\u00e9s pour le Qidouch car la cuisson ou l\u2019adjonction de sucre sont destin\u00e9es \u00e0 les am\u00e9liorer. Tel est l\u2019usage, en pratique, que de s\u2019acquitter du Qidouch par des vins cuits ou additionn\u00e9s de sucre, tels que le vin sirupeux (appel\u00e9 konditon<\/em>, en Isra\u00ebl). M\u00eame si l\u2019on dispose par ailleurs de vin normal, mais que l\u2019on ait une pr\u00e9f\u00e9rence pour le vin cuit ou additionn\u00e9 de sucre, il vaut mieux dire le Qidouch sur ce dernier (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> et Rama 272, 8). Dans de nombreux vins doux de qualit\u00e9, on n\u2019ajoute pas de sucre\u00a0: la douceur provient de la qualit\u00e9 du raisin, et tous les avis s\u2019accordent \u00e0 dire que l\u2019on s\u2019acquitte par de tels vins de l\u2019obligation du Qidouch[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Selon certains, le vin doit \u00eatre rouge\u00a0; et s\u2019il est blanc, il est impropre au Qidouch (Na\u2019hmanide). Mais pour la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, on peut faire le Qidouch sur un vin blanc, et c\u2019est en ce sens que tranche le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> (272, 4). Si l\u2019on dispose de deux vins, l\u2019un rouge mais m\u00e9diocre, l\u2019autre blanc et de qualit\u00e9, on pourra, si l\u2019on veut s\u2019accorder avec toutes les opinions, m\u00ealer le blanc dans un peu de rouge, de fa\u00e7on \u00e0 obtenir un vin \u00e0 la fois savoureux et rouge d\u2019apparence[c]<\/a><\/sup> (il est alors pr\u00e9f\u00e9rable de verser le blanc dans le rouge, et non le contraire, comme nous l\u2019expliquerons au chap. 12 \u00a7 10).<\/p>\n <\/p>\n Toutefois, le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> pr\u00e9cise que les vins de notre temps ne sont pas si forts, si bien que la r\u00e8gle diff\u00e8re. Le Peri M\u00e9gadim<\/em> et d\u2019autres A\u2019haronim expliquent que ce n\u2019est que lorsque la majorit\u00e9 <\/em>du m\u00e9lange est constitu\u00e9e de vin que le statut de vin s\u2019y applique. Tel est l\u2019usage des S\u00e9farades et de nombreux Ashk\u00e9nazes. D\u2019autres d\u00e9cident que, tant que le go\u00fbt<\/em> est celui du vin, et que plus du septi\u00e8me du m\u00e9lange est form\u00e9 de vin, le statut de vin s\u2019y applique. Tel est l\u2019usage du rabbinat de la communaut\u00e9 orthodoxe (Badats ha\u2019eda ha\u2019har\u00e9dit<\/em>) [l\u2019un des principaux organismes de cacheroute en Isra\u00ebl] (Pisq\u00e9 Techouvot<\/em> 204, 8). Plusieurs d\u00e9cisionnaires parmi les plus grands s\u2019opposent \u00e0 cette opinion (responsa \u2018Hazon \u2018Ovadia<\/em> 6, 2). Quand un vin est coup\u00e9 d\u2019eau, ce n\u2019est que si le vin est majoritaire que le Grand Rabbinat d\u2019Isra\u00ebl lui accorde, en tant que vin, son certificat de cacheroute.<\/p>\n <\/p>\n
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