{"id":3824,"date":"2014-04-07T00:04:37","date_gmt":"2014-04-06T21:04:37","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3824"},"modified":"2018-10-22T09:15:43","modified_gmt":"2018-10-22T06:15:43","slug":"14-07-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-07-04\/","title":{"rendered":"04. Interdiction faite \u00e0 l\u2019eunuque de se marier\u00a0: questions pratiques"},"content":{"rendered":"
Diff\u00e9rentes atteintes peuvent affecter les organes reproducteurs. Le principe est que, si, malgr\u00e9 l\u2019atteinte, l\u2019homme peut enfanter, il n\u2019a pas le statut de petsoua\u2019 daka<\/em> (\u00ab\u00a0homme aux testicules bless\u00e9s ou \u00e0 la verge sectionn\u00e9e\u00a0\u00bb), et il lui est donc permis de se marier comme tout Juif. La question est confi\u00e9e \u00e0 des m\u00e9decins dignes de foi. \u00c0 l\u2019\u00e9poque des Richonim, de nombreux m\u00e9decins pensaient que l\u2019absence d\u2019un seul testicule emp\u00eachait la procr\u00e9ation\u00a0; d\u2019apr\u00e8s cela, la majorit\u00e9 des Richonim enseign\u00e8rent qu\u2019un tel homme a le statut de petsoua\u2019 daka<\/em>\u00a0; mais Rabb\u00e9nou Tam et quelques autres Richonim estimaient qu\u2019un tel homme peut enfanter (Choul\u2019han \u2018Aroukh, Even Ha\u2019ezer<\/em> 5, 7). De nos jours, les m\u00e9decins ont la certitude qu\u2019une telle personne peut enfanter\u00a0; d\u00e8s lors, il est certain qu\u2019elle n\u2019est point consid\u00e9r\u00e9e comme petsoua\u2019 daka<\/em>[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n L\u2019un des probl\u00e8mes apparaissant fr\u00e9quemment chez les hommes d\u2019un certain \u00e2ge est le grossissement de la prostate, par laquelle passent le canal d\u00e9f\u00e9rent et l\u2019ur\u00e8tre. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00eane le passage de l\u2019urine. Dans les cas les plus difficiles, il est n\u00e9cessaire de couper la prostate, afin de rendre possible l\u2019expulsion des urines. Le probl\u00e8me est que l\u2019ablation de la prostate emp\u00eache le sperme de s\u2019\u00e9couler par la verge, lors du co\u00eft\u00a0: depuis les testicules, il entre dans la vessie, puis il est expuls\u00e9 avec les urines. Ainsi, bien que le sperme soit encore valide, l\u2019homme est, en pratique, incapable de f\u00e9conder sa femme, car, au moment de l\u2019union, il ne peut expulser de semence. Certains auteur ont pr\u00e9tendu que, puisque en pratique un tel homme a \u00e9t\u00e9 rendu st\u00e9rile par le biais d\u2019une intervention humaine, il lui est d\u00e9sormais interdit d\u2019\u00eatre compt\u00e9 parmi l\u2019assembl\u00e9e<\/em>, et, s\u2019il \u00e9tait mari\u00e9, il doit divorcer.<\/p>\n Cependant, en pratique, il est convenu que l\u2019homme op\u00e9r\u00e9 de la prostate n\u2019a pas le statut de petsoua\u2019 daka<\/em>. Premi\u00e8rement, parce que l\u2019ablation de la prostate se pratique en raison d\u2019une maladie\u00a0; or, nous l\u2019avons vu au paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent, la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires estiment que le statut d\u2019un tel homme est assimilable \u00e0 celui de l\u2019homme fait eunuque par le Ciel<\/em>, puisque l\u2019acte du m\u00e9decin a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 pour le d\u00e9livrer de ses souffrances, et non pour le castrer. Deuxi\u00e8mement, en pratique, le canal d\u00e9f\u00e9rent reste intact, et ce n\u2019est que par une cause accessoire que le sperme ne peut s\u2019\u00e9couler pendant le rapport conjugal.<\/p>\n Une question plus difficile est celle de la r\u00e8gle \u00e0 appliquer \u00e0 un homme souffrant du cancer de la prostate, ou d\u2019un autre type de cancer, et qui a d\u00fb, pour que ses chances d\u2019\u00eatre sauv\u00e9 fussent plus grandes, subir une ablation des testicules, car ceux-ci produisent des hormones qui h\u00e2tent l\u2019activit\u00e9 canc\u00e9reuse. En pratique, de nombreux d\u00e9cisionnaires pensent que, bien que les m\u00e9decins lui aient effectivement retir\u00e9 les testicules, cet homme reste consid\u00e9r\u00e9 comme fait eunuque par le Ciel, puisque l\u2019ablation a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9e en cons\u00e9quence d\u2019une maladie (Ma\u00efmonide, avis partag\u00e9 par la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires). De plus, on peut dire que les d\u00e9cisionnaires rigoureux (tels que le Roch) seraient eux-m\u00eames indulgents en pareil cas. En effet, ce n\u2019est que lorsque la maladie elle-m\u00eame a port\u00e9 atteinte aux organes reproducteurs, au point que l\u2019un d\u2019eux est n\u00e9cros\u00e9, que l\u2019homme est, selon eux, insusceptible d\u2019\u00eatre compt\u00e9 parmi l\u2019assembl\u00e9, car alors il est consid\u00e9r\u00e9 comme associ\u00e9 \u00e0 la survenance de son mal. En revanche, lorsque la maladie n\u2019a pas atteint les organes reproducteurs, et que ce sont les m\u00e9decins qui ont \u00e9t\u00e9 contraints de retirer \u00e0 cet homme ses testicules afin de le sauver d\u2019une maladie autre, son appartenance \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e n\u2019est pas invalid\u00e9e (\u2018Helqat Yoav, Even Ha\u2019ezer<\/em> 3, Rav Tsvi Pessah Frank).<\/p>\n La r\u00e8gle est la m\u00eame pour l\u2019homme qui, ayant \u00e9t\u00e9 malade du cancer, a subi des s\u00e9ances de radioth\u00e9rapie qui ont totalement an\u00e9anti sa capacit\u00e9 de produire du sperme\u00a0: bien que cet homme ne puisse plus enfanter, sa st\u00e9rilit\u00e9, puisqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e pour traiter une maladie, est consid\u00e9r\u00e9e comme faite par le Ciel<\/em>, et il lui est permis d\u2019\u00eatre compt\u00e9 parmi l\u2019assembl\u00e9e<\/em>[5]<\/a><\/sup>.<\/p>\n En tout cas de doute qui se pr\u00e9sente en ces mati\u00e8res, la halakha suit l\u2019opinion indulgente, car tel est le principe pour toutes les r\u00e8gles toraniques\u00a0: en cas de n\u00e9cessit\u00e9 pressante (cha\u2019at had\u2019haq<\/em>), on s\u2019appuie sur le propos des d\u00e9cisionnaires indulgents. Or le cas que nous \u00e9tudions est un v\u00e9ritable cas de n\u00e9cessit\u00e9 pressante, car, si l\u2019on \u00e9tait rigoureux, il serait interdit \u00e0 un tel homme d\u2019\u00e9pouser une Isra\u00e9lite de naissance\u00a0; et dans le cas o\u00f9 il serait mari\u00e9, il serait contraint de divorcer. De plus, de l\u2019avis de nombreux d\u00e9cisionnaires, le statut de petsoua\u2019 daka<\/em> et de kerout chafkha<\/em> a ceci de commun avec celui de mamzer<\/em> (enfant adult\u00e9rin) que, si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 la r\u00e8gle toranique, seule la personne qui est certainement mamzer<\/em>, ou petsoua\u2019 daka<\/em>, ou kerout chafkha<\/em>, est disqualifi\u00e9e pour prendre part \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e. En revanche, d\u00e8s lors qu\u2019il y a un doute en l\u2019affaire, aucun interdit ne s\u2019applique \u00e0 cette personne. Aussi, en tout cas de doute, la halakha suit la position indulgente[6]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Les Richonim sont encore partag\u00e9s quant \u00e0 la r\u00e8gle applicable \u00e0 celui dont un testicule a \u00e9t\u00e9 \u00f4t\u00e9 par l\u2019effet d\u2019une intervention humaine. Selon Rabb\u00e9nou Tam (Yevamot<\/em> 75a, \u05d3\u00a0\u00bb\u05d4 \u05e9\u05d0\u05d9\u05df), puisqu\u2019un tel homme est susceptible d\u2019enfanter, il ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme petsoua\u2019 daka<\/em>, et il est apte \u00e0 \u00ab\u00a0prendre part \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e d\u2019Isra\u00ebl\u00a0\u00bb. Certes, de nombreux Richonim s\u2019opposent \u00e0 Rabb\u00e9nou Tam, et rendent inapte au mariage l\u2019homme dont un testicule a \u00e9t\u00e9 \u00f4t\u00e9. C\u2019est l\u2019avis du Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> et du Rama 5, 7. Toutefois, les A\u2019haronim partagent l\u2019avis de Rabb\u00e9nou Tam\u00a0: c\u2019est le cas du Yam Chel Chelomo<\/em>, du \u2018Hatam Sofer, Even Ha\u2019ezer<\/em> 17, du Divr\u00e9 \u2018Ha\u00efm<\/em> 1, 11. C\u2019est aussi ce qu\u2019\u00e9crit le Pit\u2019h\u00e9 Techouva<\/em> 7, se fondant sur Rabbi \u2018Ha\u00efm de Volozhin. Telle est la position des m\u00e9decins aujourd\u2019hui\u00a0: m\u00eame quand un testicule lui a \u00e9t\u00e9 \u00f4t\u00e9, l\u2019homme a l\u2019aptitude d\u2019enfanter. Il semble que ceux des Richonim qui ne partageaient pas l\u2019avis de Rabb\u00e9nou Tam se fondaient eux-m\u00eames sur les connaissances m\u00e9dicales de leur temps. Il se peut aussi que, jadis, \u00e0 la suite d\u2019infections, celui qui \u00e9tait bless\u00e9 \u00e0 un testicule ne pouvait g\u00e9n\u00e9ralement pas enfanter.<\/p>\n
\n