{"id":3834,"date":"2014-04-09T00:02:52","date_gmt":"2014-04-08T21:02:52","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3834"},"modified":"2018-10-22T09:38:41","modified_gmt":"2018-10-22T06:38:41","slug":"14-09-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-09-02\/","title":{"rendered":"02. L\u2019interdit de l\u2019avortement, chez les Juifs et chez les Noachides"},"content":{"rendered":"
Bien que l\u2019interdit de l\u2019avortement s\u2019applique \u00e9galement aux Juifs et aux Noachides[a]<\/a><\/sup>, il existe une diff\u00e9rence quant \u00e0 la gravit\u00e9 de la sanction. Un Juif qui a tu\u00e9 un f\u0153tus n\u2019est pas puni pour cela par le tribunal rabbinique, tandis qu\u2019un non-Juif qui a tu\u00e9 un f\u0153tus est passible de mort.<\/p>\n Comme on le sait, les Noachides sont assujettis \u00e0 sept mitsvot g\u00e9n\u00e9rales[b]<\/a><\/sup>, et celui qui transgresse l\u2019une d\u2019entre elles est passible de mort. L\u2019une de ces sept lois est l\u2019interdit de verser le sang, comme il fut dit \u00e0 No\u00e9, apr\u00e8s qu\u2019il fut sorti de l\u2019arche\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui verse le sang de l\u2019homme, c\u2019est par l\u2019homme que son sang sera vers\u00e9, car c\u2019est \u00e0 sa ressemblance que Dieu fit l\u2019homme\u00a0\u00bb (Gn 9, 6). Rabbi Ichma\u00ebl enseigne, \u00e0 partir de ce verset \u2013 lu sur le mode midrachique \u2013, que celui-l\u00e0 m\u00eame qui tue un f\u0153tus est passible de mort. En effet, ce verset, pris mot \u00e0 mot et autrement ponctu\u00e9, se lit\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui verse le sang de l\u2019homme en l\u2019homme<\/em>, son sang sera vers\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0; or quel est \u00ab\u00a0l\u2019homme qui est en l\u2019homme\u00a0\u00bb\u00a0? c\u2019est le f\u0153tus (Sanh\u00e9drin<\/em> 57b\u00a0; Ma\u00efmonide, M\u00e9lakhim<\/em> 9, 4)[2]<\/a><\/sup>.<\/p>\n En revanche, un Juif qui a tu\u00e9 un f\u0153tus n\u2019est pas passible de mort, parce que, lorsque la Torah a d\u00e9clar\u00e9 que la peine encourue par le meurtrier isra\u00e9lite est la mort, elle n\u2019a pas fait allusion \u00e0 une quelconque inclusion du f\u0153tus dans cette r\u00e8gle. Certes, il est \u00e9vident qu\u2019il est \u00e9galement interdit au Juif de faire mourir un f\u0153tus. Nous tenons en effet pour principe que tout ce qui est interdit aux Noachides l\u2019est \u00e9galement aux Juifs (Sanh\u00e9drin <\/em>59a). Car la Torah a pour propos de sanctifier Isra\u00ebl en lui imposant des conduites plus rigoureuses, par le biais des mitsvot\u00a0; aussi ne serait-il pas vraisemblable qu\u2019une chose f\u00fbt interdite aux Noachides et permise aux Juifs. Donc, si les versets nous apprennent qu\u2019il est interdit aux Noachides de tuer un f\u0153tus, cet interdit s\u2019applique \u00e9galement aux Juifs. L\u2019unique diff\u00e9rence r\u00e9side dans la gravit\u00e9 de la sanction\u00a0: le Noachide est passible de mort pour avoir tu\u00e9 le f\u0153tus, tandis que le Juif n\u2019est pas passible de cette peine.<\/p>\n Il faut savoir que, en pratique, selon les principes m\u00eames de la halakha, et \u00e0 l\u2019\u00e9poque m\u00eame o\u00f9 le beit-din<\/em> (tribunal rabbinique) avait autorit\u00e9 pour prononcer la peine de mort, ce n\u2019est que tr\u00e8s rarement que l\u2019on ex\u00e9cutait un homme, conform\u00e9ment \u00e0 la peine pr\u00e9vue par la Torah. Nos sages ont dit qu\u2019un tribunal rabbinique qui, en sept ans, fait ex\u00e9cuter un homme, est consid\u00e9r\u00e9 comme un tribunal exterminateur <\/em>(Makot<\/em> 1, 10). Selon Rabbi El\u00e9azar ben Azaria, m\u00eame si le tribunal fait ex\u00e9cuter un homme en soixante-dix ans, il est consid\u00e9r\u00e9 comme un tribunal exterminateur<\/em>. Et quoi qu\u2019il y ait des dizaines de fautes dont la sanction, telle que la Torah la pr\u00e9voit, est la mort, il ne s\u2019est pas trouv\u00e9 de tribunal rabbinique qui f\u00eet ex\u00e9cuter un homme par sept ans. C\u2019est que les peines de mort \u00e9dict\u00e9es par la Torah, qu\u2019elles visent un Juif ou un Noachide, sont principalement destin\u00e9es \u00e0 pr\u00e9venir la commission de crimes, et \u00e0 montrer la gravit\u00e9 de la faute, ainsi que la punition \u00e0 craindre en ce monde-ci et dans le monde futur, mais non \u00e0 faire de l\u2019ex\u00e9cution capitale une chose fr\u00e9quente.<\/p>\n Il semble que, si la Torah a \u00e9t\u00e9 plus s\u00e9v\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Noachides qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard des Juifs en mati\u00e8re de pr\u00e9servation des f\u0153tus, c\u2019est parce que, parmi les non-Juifs, nombreux sont ceux qui ont tendance \u00e0 d\u00e9daigner la valeur de la vie humaine, au point que certains d\u2019entre eux sont suspect\u00e9s de verser le sang\u00a0; aussi, pour dresser devant eux une barri\u00e8re rigoureuse, la Torah a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que, m\u00eame pour la mort d\u2019un f\u0153tus, on pouvait prononcer la peine de mort. Cependant, il semble que, dans le cas o\u00f9 un avortement est autoris\u00e9 en raison d\u2019une maladie grave, la r\u00e8gle applicable aux Juifs et aux Noachides soit identique, et, dans tous les cas o\u00f9 il serait permis \u00e0 de Juifs de recourir \u00e0 l\u2019avortement, cela serait permis aussi aux Noachides[3]<\/a><\/sup>.<\/p>\n [b]<\/a>. Ce sont les interdits d\u2019idol\u00e2trie, de blasph\u00e8me, de meurtre, de vol, d\u2019inceste (ainsi que d\u2019adult\u00e8re, etc.), de consommation d\u2019un membre d\u2019une b\u00eate vivante, et l\u2019obligation d\u2019instituer des tribunaux.<\/p>\n
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