{"id":3840,"date":"2014-04-09T00:05:18","date_gmt":"2014-04-08T21:05:18","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3840"},"modified":"2018-10-22T10:17:19","modified_gmt":"2018-10-22T07:17:19","slug":"14-09-05","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-09-05\/","title":{"rendered":"05. Avortement d\u2019un f\u0153tus porteur de la maladie de Tay-Sachs"},"content":{"rendered":"
La maladie de Tay-Sachs est une maladie h\u00e9r\u00e9ditaire incurable. Elle provient du manque d\u2019un enzyme dont la propri\u00e9t\u00e9 est de transformer certaines mati\u00e8res. Ceux qui naissent avec cette maladie commencent, environ six mois apr\u00e8s leur naissance, \u00e0 pr\u00e9senter un retard dans leur d\u00e9veloppement corporel et mental. Par la suite, ils sont sujets \u00e0 la c\u00e9cit\u00e9 et \u00e0 la paralysie, et, en cons\u00e9quence, tous les malades de Tay-Sachs meurent au plus tard \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatre ans. Gr\u00e2ce \u00e0 des examens m\u00e9dicaux, on peut, de nos jours, savoir avec certitude si le f\u0153tus est porteur de cette maladie. La question qui se pose est de savoir s\u2019il est permis, en ce cas, d\u2019avorter.<\/p>\n
Selon les d\u00e9cisionnaires rigoureux, l\u2019interdit d\u2019avorter est une subdivision de l\u2019interdit du meurtre\u00a0; et de m\u00eame qu\u2019il est interdit de tuer un homme malade, de m\u00eame est-il interdit de tuer un f\u0153tus malade. Il est donc interdit d\u2019avorter d\u2019un f\u0153tus atteint de la maladie de Tay-Sachs (Rav Feinstein, en Igrot Moch\u00e9<\/em> II 69). C\u2019est en ce sens que se prononcent le Rav Auerbach et le Rav Elyachiv. Cependant, dans le cas o\u00f9 la perspective de la naissance prochaine d\u2019un enfant malade \u00e0 un tel degr\u00e9 cr\u00e9e, chez la m\u00e8re, un \u00e9tat psychique difficile, au point qu\u2019il est \u00e0 craindre qu\u2019elle ne tombe malade, psychiquement parlant, ces d\u00e9cisionnaires eux-m\u00eames autorisent l\u2019avortement, car une maladie psychique risquerait d\u2019exposer la m\u00e8re \u00e0 un danger vital\u00a0; or la vie de la m\u00e8re a priorit\u00e9 sur celle du f\u0153tus (Nichmat Avraham, \u2018Hochen Michpat<\/em> 425, note 18\u00a0; selon le Rav Feinstein, ce n\u2019est que lorsqu\u2019il est presque certain que la m\u00e8re mourrait \u00e0 cause de cela, qu\u2019il est permis d\u2019avorter).<\/p>\n Face \u00e0 cela, de l\u2019avis des d\u00e9cisionnaires indulgents, il est permis d\u2019avorter d\u2019un f\u0153tus atteint de la maladie de Tay-Sachs, m\u00eame lorsqu\u2019il n\u2019est pas \u00e0 craindre que la m\u00e8re tombe psychiquement malade. En effet, selon eux, l\u2019avortement n\u2019est, par principe, pas consid\u00e9r\u00e9 comme un meurtre, mais comme une blessure. Par suite, il est pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019\u00e9pargner \u00e0 ce f\u0153tus toutes les souffrances auxquelles il serait destin\u00e9, et il est bon pour lui-m\u00eame qu\u2019il ne naisse pas du tout. De m\u00eame, il est pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019\u00e9pargner \u00e0 la m\u00e8re cette terrible douleur de voir souffrir le fruit de ses entrailles, ses yeux se consumant sans pouvoir l\u2019aider (\u2018Amoud Hayemani <\/em>32). Bien entendu, il est pr\u00e9f\u00e9rable de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019avortement aussit\u00f4t que possible\u00a0; toutefois, a posteriori, le Rav Waldenberg \u00e9crit que, jusqu\u2019au septi\u00e8me mois, il est permis de proc\u00e9der, en ce cas, \u00e0 l\u2019interruption de grossesse (Tsits Eli\u00e9zer<\/em> XIII 102)[7]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Nous l\u2019avons vu (\u00a7 3), en pratique, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un cas de n\u00e9cessit\u00e9 pressante, on peut s\u2019appuyer sur l\u2019opinion des d\u00e9cisionnaires indulgents (cf. \u00a7 8, au sujet de la foi que l\u2019on peut accorder aux m\u00e9decins).<\/p>\n