{"id":388,"date":"2016-01-07T00:01:02","date_gmt":"2016-01-06T22:01:02","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=388"},"modified":"2018-11-22T12:48:42","modified_gmt":"2018-11-22T10:48:42","slug":"01-07-01","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/01-07-01\/","title":{"rendered":"01. La mitsva des repas sabbatiques"},"content":{"rendered":"
Nos sages ont enseign\u00e9 : \u00ab\u00a0Quiconque prend trois repas le Chabbat est pr\u00e9serv\u00e9 de trois types de calamit\u00e9s\u00a0: les souffrances pr\u00e9c\u00e9dant la venue du Messie, la peine de la g\u00e9henne et la guerre de Gog et Magog\u00a0\u00bb (Chabbat <\/em>118a). Ils disent encore\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque fait du Chabbat un d\u00e9lice est pr\u00e9serv\u00e9 de la servitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard des nations \u00bb (ibid. 118b). Cela signifie que, si nous n\u2019avions le Chabbat, nous serions totalement asservis au joug mat\u00e9riel de ce monde. Nous peinerions, nous fatiguant sans cesse afin de maintenir notre corps et de pourvoir \u00e0 ses plaisirs, oubliant notre \u00e2me divine, et il serait bien difficile de nous \u00e9lever aux id\u00e9aux divins. Nos aspirations spirituelles seraient entrav\u00e9es, r\u00e9duites au silence\u00a0; partant, nous sombrerions dans tous les d\u00e9fauts et les d\u00e9faillances que renferme le monde, lesquels entra\u00eenent les plus dures calamit\u00e9s. Mais quand on a le m\u00e9rite de se relier, de tout son \u00eatre, au Chabbat, par l\u2019esprit et par le corps, par l\u2019\u00e9tude de la Torah, la pri\u00e8re, mais aussi par les d\u00e9lices sabbatiques et par le repos, on s\u2019\u00e9l\u00e8ve au-del\u00e0 des manques affectant ce monde, vers le monde de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, qui est enti\u00e8rement bon. D\u00e8s lors, on est pr\u00e9serv\u00e9 de toutes les calamit\u00e9s du monde.<\/p>\n Le monde mat\u00e9riel, grossier, est rempli d\u2019entraves qui emp\u00eachent la lumi\u00e8re divine de se r\u00e9v\u00e9ler, et l\u2019\u00e2me de se r\u00e9aliser. Mais qui fait du Chabbat son d\u00e9lice, par l\u2019\u00e9tude de la Torah, la pri\u00e8re et de bons repas, relie le corps \u00e0 sa racine spirituelle, et la mat\u00e9rialit\u00e9 devient elle-m\u00eame l\u2019instrument de l\u2019\u00e2me et de la saintet\u00e9 sabbatique. Alors les limites et les entraves propres au monde mat\u00e9riel s\u2019effacent, le c\u0153ur s\u2019amende, et en lui s\u2019accomplissent les paroles des sages\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque fait du Chabbat son d\u00e9lice, on exauce tous les souhaits de son c\u0153ur\u00a0\u00bb (Chabbat <\/em>118b).<\/p>\n Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019honneur que l\u2019on fait au Chabbat en ayant une maison ordonn\u00e9e et en prenant les repas du saint jour, la mati\u00e8re se relie \u00e0 sa racine spirituelle, ce qui attire \u00e0 elle la b\u00e9n\u00e9diction. Nos sages disent\u00a0\u00e0 ce propos que celui qui honore le Chabbat m\u00e9rite la richesse (Chabbat <\/em>119a). Ils enseignent encore, \u00e0 ce propos\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque fait du Chabbat son d\u00e9lice, on lui donne un h\u00e9ritage sans limite, comme il est dit\u00a0: \u201cSi tu retiens ton pas, le Chabbat, t\u2019abstenant de te livrer \u00e0 tes affaires en mon saint jour, et que tu appelles le Chabbat d\u00e9lice<\/em>, honor\u00e9<\/em> le jour saint de l\u2019Eternel\u2026 alors tu te d\u00e9lecteras en l\u2019Eternel, Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre et te nourrirai de l\u2019h\u00e9ritage de Jacob ton p\u00e8re, car c\u2019est la bouche de l\u2019Eternel qui l\u2019a annonc\u00e9\u02ee (Is 58, 13-14)\u00a0\u00bb (Chabbat <\/em>118a). Or l\u2019h\u00e9ritage de Jacob est sans limite.<\/p>\n Au premier abord, il est tr\u00e8s facile de faire du Chabbat un objet de d\u00e9lice en prenant de bons repas\u00a0; pourquoi donc nos sages ont-ils tant insist\u00e9 sur la r\u00e9compense attach\u00e9e \u00e0 cela\u00a0? Tout le monde n\u2019aime-t-il pas manger et se r\u00e9jouir\u00a0? Cependant, la mitsva consiste \u00e0 se d\u00e9lecter du Chabbat<\/em>, et non dans la jouissance de son palais ou de son ventre\u00a0; c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019on savoure ces repas en pleine conscience de la saintet\u00e9 du Chabbat, de fa\u00e7on que, par lesdits repas, se renforce le d\u00e9sir d\u2019accro\u00eetre l\u2019\u00e9tude de la Torah et l\u2019observance des mitsvot. Si l\u2019on a le m\u00e9rite de se d\u00e9lecter ainsi du Chabbat, de relier la joie corporelle \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9vation de l\u2019\u00e2me, on est r\u00e9compens\u00e9 par la saintet\u00e9 et la b\u00e9n\u00e9diction, dans ce monde-ci et dans le monde futur.<\/p>\n Bien que le Chabbat et les jours de f\u00eate se ressemblent, il y a entre eux une diff\u00e9rence. La mitsva du Chabbat consiste en la d\u00e9lectation, tandis que celle du Yom tov<\/em> (jour de f\u00eate) est la joie. La diff\u00e9rence est que la joie est manifeste, elle se voit de l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0; aussi est-ce une mitsva, les jours de Yom tov<\/em>, que de manger de la viande et de boire davantage de vin. La d\u00e9lectation, elle, est int\u00e9rieure, profonde et d\u00e9licate, si bien que la mitsva de manger est, le Chabbat, plus d\u00e9licate aussi, et si l\u2019on ne trouve pas tellement de plaisir dans la viande et le vin, on peut se d\u00e9lecter d\u2019autres aliments. C\u2019est peut-\u00eatre pour cela que le poisson caract\u00e9rise davantage les mets de Chabbat, car son go\u00fbt est raffin\u00e9, profond[1]<\/a><\/sup>.<\/p>\n