{"id":3935,"date":"2014-04-03T00:05:41","date_gmt":"2014-04-02T21:05:41","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3935"},"modified":"2018-11-11T13:33:16","modified_gmt":"2018-11-11T11:33:16","slug":"14-03-05","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-03-05\/","title":{"rendered":"05. La saintet\u00e9 dont est porteuse l\u2019observance des interdits sexuels"},"content":{"rendered":"
Comme nous l\u2019avons vu, le premier degr\u00e9 de la saintet\u00e9 matrimoniale consiste dans le fait que l\u2019homme se lie \u00e0 sa femme conform\u00e9ment \u00e0 la halakha, et se garde des relations interdites. Ma\u00efmonide comptabilise trente-sept interdits toraniques, au titre des issour\u00e9 bia<\/em> (relations charnelles interdites) (Michn\u00e9 Torah, Q\u00e9doucha<\/em>). On peut r\u00e9partir ces interdits en cinq cat\u00e9gories. La premi\u00e8re est celle des relations interdites au titre de la proximit\u00e9 familiale\u00a0; par exemple, l\u2019union avec sa m\u00e8re, sa fille, sa s\u0153ur, sa tante, sa belle-s\u0153ur, la fille ou la petite-fille de sa femme. Dans ce groupe, sont inclus la majorit\u00e9 des interdits. La deuxi\u00e8me cat\u00e9gorie comprend les cas de m\u00e9salliance\u00a0: l\u2019interdit de se marier avec des non-Juifs qui ne se sont pas convertis selon la halakha, l\u2019interdit d\u2019\u00e9pouser un mamzer<\/em> (personne issue de l\u2019union adult\u00e9rine d\u2019une femme mari\u00e9e et d\u2019un homme autre que son \u00e9poux), ou un eunuque. La troisi\u00e8me cat\u00e9gorie comprend l\u2019union charnelle de deux hommes, ainsi que les relations zoophiles. La quatri\u00e8me cat\u00e9gorie est celle de la femme mari\u00e9e \u00e0 autrui. La cinqui\u00e8me est l\u2019interdit des relations charnelles avec une femme nida<\/em> (isol\u00e9e par la p\u00e9riode mensuelle)[2]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Il existe encore un grave interdit sexuel\u00a0: le fait de violer une femme ou un homme, et \u00e0 plus forte raison des enfants. Ce p\u00e9ch\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement commis \u00e0 l\u2019occasion de la transgression d\u2019une des relations interdites au titre de la proximit\u00e9 familiale, ou de l\u2019isolement de la femme nida<\/em>, ou encore d\u2019une relation homosexuelle entre hommes. Cependant, m\u00eame quand le viol est commis en dehors de ces cas d\u2019interdit, il porte tr\u00e8s gravement atteinte \u00e0 la personne viol\u00e9e, au point que, d\u2019un certain point de vue, le viol est consid\u00e9r\u00e9 comme un meurtre, ainsi qu\u2019il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Car de m\u00eame qu\u2019un homme se l\u00e8ve contre son prochain pour le tuer, ainsi cette chose-l\u00e0\u00a0\u00bb (Dt 22, 26).<\/p>\n Dix-sept autres mitsvot sont consign\u00e9es dans la Torah quant au cadre matrimonial, parmi lesquelles les lois du divorce, le l\u00e9virat (yiboum<\/em>) et la c\u00e9r\u00e9monie du d\u00e9chaussage (\u2018halitsa<\/em>), la r\u00e8gle applicable au s\u00e9ducteur, ainsi qu\u2019au violeur d\u2019une jeune fille vierge, et le statut de la femme sota<\/em> (soup\u00e7onn\u00e9e d\u2019adult\u00e8re)[3]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Ne prenons pas \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re la saintet\u00e9 de celui qui se garde de tous ces interdits et observe toutes ces mitsvot. Nous voyons qu\u2019en pratique la majorit\u00e9 de ceux qui ne prennent pas sur eux le joug de la Torah et des mitsvot \u00e9chouent \u00e0 pr\u00e9server l\u2019alliance contract\u00e9e avec leur conjoint. Parmi les personnes pratiquantes elles-m\u00eames, ce n\u2019est pas tout le monde qui r\u00e9ussit \u00e0 tenir bon \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n Nos sages enseignent\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque s\u2019abstient de commettre une transgression, on lui accorde une r\u00e9compense semblable \u00e0 celle qu\u2019il e\u00fbt re\u00e7u pour l\u2019accomplissement positif d\u2019une mitsva. Rabbi Chimon, fils de Rabbi, a enseign\u00e9\u00a0: \u201cIl est dit en effet\u00a0: Seulement, montre-toi fort, en t\u2019abstenant de consommer le sang, car le sang, c\u2019est la vie m\u00eame\u2026<\/em> (Dt 12, 23). Or, si celui qui s\u2019abstient de consommer du sang \u2013 chose que l\u2019homme a en d\u00e9go\u00fbt \u2013 est r\u00e9compens\u00e9 de cette abstention, \u00e0 combien plus forte raison celui qui s\u2019abstient du vol et des unions interdites, que l\u2019homme d\u00e9sire et convoite, s\u2019acquerra-t-il un m\u00e9rite, pour lui ainsi que pour ses g\u00e9n\u00e9rations, et pour les g\u00e9n\u00e9rations de ses g\u00e9n\u00e9rations, jusqu\u2019\u00e0 la fin de toutes les g\u00e9n\u00e9rations\u00a0\u00bb (Michna Makot<\/em> 3, 16). De m\u00eame, il est \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Soyez saints, car Je suis saint, Moi, l\u2019\u00c9ternel votre Dieu\u00a0\u00bb (Lv 19, 2). Rachi explique ce que vise le verset, quand il parle ici de saintet\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Abstenez-vous (litt\u00e9ralement\u00a0: soyez s\u00e9par\u00e9s<\/em>) des unions interdites et de la transgression. Car en tout endroit o\u00f9 tu trouves une mesure de pr\u00e9caution destin\u00e9e \u00e0 pr\u00e9venir la transgression d\u2019une union interdite, tu trouves la saintet\u00e9.\u00a0\u00bb Nous voyons de l\u00e0 que toute personne qui respecte l\u2019alliance de son mariage est appel\u00e9e sainte (qadoch<\/em>).<\/p>\n