{"id":3943,"date":"2014-04-03T00:09:02","date_gmt":"2014-04-02T21:09:02","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=3943"},"modified":"2018-11-11T13:36:39","modified_gmt":"2018-11-11T11:36:39","slug":"14-03-09","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-03-09\/","title":{"rendered":"09. Le d\u00e9cret d\u2019Ezra"},"content":{"rendered":"
Comme prolongement \u00e0 la Torah, qui d\u00e9clare impure l\u2019\u00e9mission de semence, Ezra le scribe et sa cour rabbinique ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que l\u2019homme ayant eu des relations conjugales, de m\u00eame que celui qui, malgr\u00e9 lui, a constat\u00e9 une \u00e9mission s\u00e9minale en dehors de telles relations, ne pourrait pas \u00e9tudier la Torah ni prier, avant de s\u2019\u00eatre immerg\u00e9 dans un miqv\u00e9<\/em> (Baba Qama <\/em>82b, Roch). La raison en est qu\u2019il faut \u00e9tudier la Torah \u00ab\u00a0dans la crainte, la r\u00e9v\u00e9rence, le frisson et le tremblement\u00a0\u00bb, de la fa\u00e7on m\u00eame dont nous re\u00e7\u00fbmes la Torah au Sina\u00ef\u00a0; tandis que la semence est \u00e9mise \u00ab\u00a0dans la frivolit\u00e9 et l\u2019autosatisfaction\u00a0\u00bb (Berakhot<\/em> 22a, Rachi). Autre motif\u00a0: \u00ab\u00a0Afin que les Isra\u00e9lites ne soient pas comme ces coqs, qui, apr\u00e8s l\u2019accouplement, vont, viennent et mangent\u00a0\u00bb (Talmud de J\u00e9rusalem, Berakhot<\/em> 3, 4)\u00a0; de m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0Afin que les disciples des sages ne soient pas constamment avec leurs femmes, comme des coqs\u00a0\u00bb (Berakhot<\/em> 22a).<\/p>\n Il ne faut pas conclure de toutes ces raisons qu\u2019il y aurait quelque tache dans l\u2019union entre l\u2019homme et sa femme. Simplement, il ne faut pas exag\u00e9rer en cela, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un coq, qui n\u2019a rien d\u2019autre \u00e0 faire en son monde. L\u2019homme a d\u2019autres vocations, spirituelles, professionnelles\u00a0; s\u2019il \u00e9tait constamment occup\u00e9 \u00e0 l\u2019accouplement, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un coq, il ne pourrait remplir ses diff\u00e9rentes missions. L\u2019immersion au bain rituel cr\u00e9e une certaine charge rituelle, destin\u00e9e \u00e0 assurer que l\u2019homme accomplisse la mitsvat \u2018ona<\/em> selon la mesure qui lui convient, sans exag\u00e9ration.<\/p>\n De plus, l\u2019immersion a pour but de s\u00e9parer les domaines. La Torah doit s\u2019\u00e9tudier avec gravit\u00e9, crainte et r\u00e9v\u00e9rence, tandis que la mitsvat \u2018ona<\/em> poss\u00e8de un c\u00f4t\u00e9 ludique, s\u2019accomplit dans un sentiment de lib\u00e9ration, une joie rompant les entraves, comme il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Or voici, Isaac riait (metsa\u2019heq<\/em>) avec R\u00e9becca sa femme\u00a0\u00bb (Gn 26, 8). Or Rachi explique\u00a0que le terme metsa\u2019heq <\/em>vise ici les relations conjugales. De m\u00eame, nos sages ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que l\u2019homme doit porter une ceinture \u00ab\u00a0s\u00e9parant son c\u0153ur de sa nudit\u00e9\u00a0\u00bb, quand il prononce des paroles consacr\u00e9es. Ainsi, une s\u00e9paration est m\u00e9nag\u00e9e entre le cerveau et le c\u0153ur, si\u00e8ges de l\u2019intellect et du sentiment, d\u2019une part, et le membre viril, si\u00e8ge de l\u2019instinct g\u00e9n\u00e9sique, faute de quoi il serait \u00e0 craindre que les app\u00e9tences provenant du membre viril ne se m\u00ealassent aux pens\u00e9es du cerveau et aux sentiments du c\u0153ur. L\u2019ing\u00e9rence de ces passions aurait pour effet la difficult\u00e9 de l\u2019homme \u00e0 se concentrer sur les notions de l\u2019esprit et du c\u0153ur, dans la puret\u00e9, au point que l\u2019intellect et l\u2019\u00e9motion deviendraient assujettis \u00e0 la r\u00e9alisation des d\u00e9sirs. Par cons\u00e9quent, afin de fortifier le monde spirituel, l\u2019homme doit \u00e9tudier la Torah avec \u00ab\u00a0crainte, r\u00e9v\u00e9rence, frisson et tremblement\u00a0\u00bb, comme il convient \u00e0 la gravit\u00e9 et \u00e0 la saintet\u00e9 des paroles toraniques. Gr\u00e2ce \u00e0 cela, quand l\u2019homme reviendra au c\u00f4t\u00e9 mat\u00e9riel, il pourra diriger celui-ci d\u2019une fa\u00e7on juste et parachev\u00e9e. C\u2019est pourquoi nos sages ont prescrit, parmi les b\u00e9n\u00e9dictions matinales (birkot hacha\u2019har<\/em>), d\u2019exprimer notre reconnaissance envers Dieu pour la ceinture dont nous nous ceignons\u00a0: \u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu\u2026 qui ceins Isra\u00ebl de bravoure.\u00a0\u00bb Cette bravoure (guevoura<\/em>), consistant \u00e0 op\u00e9rer une s\u00e9paration entre c\u0153ur et nudit\u00e9, lib\u00e8re l\u2019homme de la servitude de l\u2019instinct, et lui permet de sanctifier le penchant \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 par le biais de la mitsvat \u2018ona<\/em>.<\/p>\n Toutefois, en pratique, la conduite institu\u00e9e par le d\u00e9cret d\u2019Ezra ne s\u2019est pas r\u00e9pandue parmi le peuple juif. Un certain nombre d\u2019hommes ne voulaient point perdre de leur temps d\u2019\u00e9tude\u00a0; et comme il leur \u00e9tait difficile d\u2019accomplir l\u2019immersion au miqv\u00e9<\/em>, ils s\u2019abstenaient d\u2019avoir des relations conjugales, et annulaient ainsi la mitsvat \u2018ona<\/em> ainsi que la mitsva de procr\u00e9er.<\/p>\n D\u2019autres, au contraire, voulaient accomplir la mitsvat \u2018ona<\/em>, mais comme il leur \u00e9tait difficile de pratiquer l\u2019immersion au miqv\u00e9<\/em>, ils annulaient leur \u00e9tude de Torah. Et nombreux \u00e9taient ceux qui ne tenaient aucun compte de ce d\u00e9cret, car ils ne voulaient l\u00e9ser ni la mitsvat \u2018ona<\/em>, ni la mitsva d\u2019\u00e9tudier la Torah. Or, constatant que le d\u00e9cret n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9ritablement adopt\u00e9 parmi le peuple juif, les sages l\u2019abrog\u00e8rent, et permirent \u00e0 nouveau \u00e0 ceux qui avaient perdu de la semence, ainsi qu\u2019\u00e0 ceux qui avaient eu des relations conjugales, d\u2019\u00e9tudier et de prier, sans limitation (Berakhot<\/em> 22a, Ma\u00efmonide, Qriat Ch\u00e9ma<\/em> 4, 8).<\/p>\n Quoi qu\u2019il en soit, il y a encore des hommes qui, de nos jours, apportent \u00e0 leur pratique un suppl\u00e9ment de perfection (hidour<\/em>) en s\u2019immergeant au miqv\u00e9<\/em> comme le voulait le d\u00e9cret d\u2019Ezra, avant la pri\u00e8re et l\u2019\u00e9tude. D\u2019autres accomplissent le hidour<\/em> en se lavant, simplement, avec une quantit\u00e9 d\u2019eau de 9 kav <\/em>(environ 11 litres). Puisque, dans toute maison moderne, se trouve une douche, il est bon d\u2019\u00eatre exigeant envers soi-m\u00eame sur ce point[6]<\/a><\/sup>.<\/p>\n