{"id":4048,"date":"2014-04-05T00:04:00","date_gmt":"2014-04-04T21:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=4048"},"modified":"2018-12-13T13:32:55","modified_gmt":"2018-12-13T11:32:55","slug":"14-05-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-05-04\/","title":{"rendered":"04. Conditions d\u2019accomplissement de la mitsva, des points de vue masculin et f\u00e9minin"},"content":{"rendered":"
Un homme qui a engendr\u00e9 un fils et une fille, et dont l\u2019un ou l\u2019autre des enfants est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 de son vivant, m\u00eame s\u2019il n\u2019a pas eu le temps d\u2019avoir un autre enfant, a accompli, de l\u2019avis de Rav Houna, la mitsva de cro\u00eetre et de multiplier. En effet, selon lui, la mitsva consiste \u00e0 enfanter. M\u00eame quand un b\u00e9b\u00e9 ne vit que peu de temps, sa vie a une valeur\u00a0; son \u00e2me a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 quelque chose en ce monde, et a m\u00eame contribu\u00e9, par cela, au rapprochement de la D\u00e9livrance, car, enseignent nos sages, \u00ab\u00a0le fils de David ne viendra que lorsque se seront incarn\u00e9es toutes les \u00e2mes\u00a0(qui sont dans la r\u00e9serve des \u00e2mes d\u2019Isra\u00ebl)\u00a0\u00bb. Selon Rabbi Yo\u2019hanan, la mitsva ne se trouve accomplie que par le biais des enfants restant en vie apr\u00e8s la mort du p\u00e8re, car le propos de la mitsva est de veiller \u00e0 la p\u00e9rennisation du peuplement du monde. Soit dit en passant, Rabbi Yo\u2019hanan lui-m\u00eame enterra tous ses fils, sans qu\u2019ils ne laissassent d\u2019enfants apr\u00e8s eux, de sorte qu\u2019il consid\u00e9rait n\u2019avoir pas eu le m\u00e9rite d\u2019accomplir la mitsva. Et c\u2019est en ce sens que fut tranch\u00e9e la halakha. Toutefois, si le fils et la fille de l\u2019homme continuent de vivre apr\u00e8s la mort de celui-ci, m\u00eame s\u2019ils restent c\u00e9libataires en leur vieillesse, de sorte qu\u2019il n\u2019y ait plus de chance qu\u2019ils aient \u00e0 leur tour des enfants, leur p\u00e8re a n\u00e9anmoins rempli son obligation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la mitsva (Yevamot<\/em> 62a-b, Choul\u2019han \u2018Aroukh, Even Ha\u2019ezer <\/em>1, 5).<\/p>\n Si un homme a eu un fils et une fille, que ceux-ci soient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s de son vivant, mais que chacun d\u2019eux ait eu le temps, avant sa mort, d\u2019engendrer un enfant, leur p\u00e8re aura accompli son obligation par le biais de ses petits-enfants, n\u00e9s d\u2019eux. En effet, le principal est que la descendance de l\u2019homme se perp\u00e9tue apr\u00e8s lui, par le biais de son fils et de sa fille[3]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Si l\u2019on a un fils et une fille, et que le fils ait eu de nombreux enfants, tandis que la fille est morte du vivant de son p\u00e8re, sans avoir eu d\u2019enfants, le p\u00e8re n\u2019aura pas rempli son obligation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la mitsva, puisque sa descendance ne se maintient pas par le biais de son fils et de sa fille \u00e0 la fois, mais par le seul biais de son fils. La r\u00e8gle est la m\u00eame si c\u2019est sa fille qui a eu de nombreux enfants, tandis que le fils est mort du vivant de son p\u00e8re, sans avoir d\u2019enfants (Choul\u2019han \u2018Aroukh, Even Ha\u2019ezer<\/em> 1, 6).<\/p>\n Si un p\u00e8re a un fils et une fille, mais que le fils soit eunuque (saris<\/em>), inapte \u00e0 l\u2019enfantement, ou que sa fille soit st\u00e9rile (a\u00eflonit<\/em>), inapte \u00e0 l\u2019enfantement, ce p\u00e8re n\u2019aura pas rempli son obligation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la mitsva, puisqu\u2019il n\u2019aura pas laiss\u00e9 un fils et une fille en \u00e9tat d\u2019enfanter (Talmud de J\u00e9rusalem, Yevamot<\/em> 6, 5, Choul\u2019han \u2018Aroukh, Even Ha\u2019ezer<\/em> 1, 5). Mais si un p\u00e8re a un fils et une fille, tous deux capables d\u2019avoir des enfants, et que le fils ait \u00e9pous\u00e9 une femme st\u00e9rile, ou que la fille ait \u00e9pous\u00e9 un homme st\u00e9rile, ou qu\u2019ils ne se soient pas mari\u00e9s du tout, le p\u00e8re aura rempli son obligation, puisque ses enfants, en eux-m\u00eames, ne sont pas st\u00e9riles (\u2018Helqat Me\u2019hoqeq <\/em>6).<\/p>\n Si le p\u00e8re a un fils sourd-muet, ou d\u00e9ment, son obligation d\u2019enfanter est n\u00e9anmoins accomplie par son biais, car, du point de vue physique, le fils est capable d\u2019enfanter (Rama, Even Ha\u2019ezer<\/em> 1, 6). D\u2019apr\u00e8s cela, on s\u2019acquitte \u00e9galement de la mitsva en ayant un enfant autiste\u00a0; par contre, par un enfant trisomique, on ne s\u2019acquitte pas de son obligation, puisque, dans leur grande majorit\u00e9, ces enfants sont st\u00e9riles.<\/p>\n Si un non-Juif a eu des enfants, puis qu\u2019il se soit converti au juda\u00efsme, certains estiment que, si ses enfants se convertissent eux aussi, le p\u00e8re aura accompli, par eux, l\u2019obligation de procr\u00e9er\u00a0; mais que, si les enfants ne se sont pas convertis, l\u2019obligation ne sera pas encore remplie (Ma\u00efmonide, Choul\u2019han \u2018Aroukh, Even Ha\u2019ezer<\/em> 1, 7, Yam Chel Chelomo<\/em>). D\u2019autres pensent que, m\u00eame si les enfants ne se sont pas convertis, leur p\u00e8re aura accompli, en leur personne, l\u2019obligation de procr\u00e9er (Tossephot<\/em>, Maharil, \u2018Helqat Me\u2019hoqeq<\/em>, Beit Chemouel<\/em>, Gaon de Vilna 17).<\/p>\n Un Juif qui a des enfants d\u2019une femme non juive n\u2019a pas accompli, en leur personne, la mitsva de procr\u00e9er, puisque ces enfants sont non juifs, et ne lui sont pas du tout rattach\u00e9s g\u00e9n\u00e9alogiquement[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n