{"id":4054,"date":"2014-04-05T00:07:23","date_gmt":"2014-04-04T21:07:23","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=4054"},"modified":"2018-12-13T13:37:46","modified_gmt":"2018-12-13T11:37:46","slug":"14-05-07","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-05-07\/","title":{"rendered":"07. \u00c2ge de l\u2019obligation pour les hommes"},"content":{"rendered":"
Bien que, d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de treize ans, le jeune homme soit responsable d\u2019observer l\u2019ensemble des mitsvot, nos sages ont enseign\u00e9 que l\u2019\u00e2ge du mariage, pour l\u2019homme, est de dix-huit ans, et que l\u2019on ne doit pas le reporter au-del\u00e0 de vingt ans. Cet \u00e9cart entre majorit\u00e9 religieuse et \u00e2ge du mariage s\u2019explique par la n\u00e9cessit\u00e9, pour le jeune homme, de se pr\u00e9parer \u00e0 ce grand d\u00e9fi qu\u2019est la fondation d\u2019une famille, \u00e0 deux \u00e9gards\u00a0:<\/p>\n
Premi\u00e8rement, l\u2019\u00e9tude des bases de la Torah\u00a0: le jeune homme doit les \u00e9tudier, afin de former sa conception du monde, et de savoir se conduire conform\u00e9ment \u00e0 la halakha. C\u2019est \u00e0 ce propos que nos sages enseignent\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 cinq ans, l\u2019\u00e9tude de la Torah \u00e9crite\u00a0; \u00e0 dix ans, l\u2019\u00e9tude de la Torah orale (la Michna)\u00a0; \u00e0 treize ans, la pratique des\u00a0mitsvot\u00a0; \u00e0 quinze, l\u2019\u00e9tude du Talmud\u00a0; \u00e0 dix-huit, le dais nuptial\u00a0\u00bb (Maximes des p\u00e8res<\/em> 5, 21). De m\u00eame, nos sages d\u00e9clarent qu\u2019un homme doit \u00e9tudier la Torah avant que de se marier, car, s\u2019il se mariait d\u2019abord, le joug de la subsistance risquerait de l\u2019emp\u00eacher d\u2019\u00e9tudier la Torah comme il lui convient (Qidouchin<\/em> 29b). Le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> tranche dans le m\u00eame sens\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019homme \u00e9tudiera la Torah, puis il se mariera\u00a0; en effet, s\u2019il se mariait d\u2019abord, il lui serait impossible de se livrer \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la Torah, car une meule p\u00e8serait sur sa nuque<\/em>\u00a0\u00bb (Yor\u00e9 D\u00e9\u2019a <\/em>246, 2).<\/p>\n Deuxi\u00e8mement, la subsistance (parnassa<\/em>). Durant les ann\u00e9es o\u00f9 le jeune homme \u00e9tudiait les bases de la Torah, il consacrait une partie de la journ\u00e9e au travail, afin d\u2019aider son p\u00e8re \u2013 et, ce faisant, d\u2019apprendre le m\u00e9tier dont il comptait se sustenter \u2013, et afin de construire sa maison et d\u2019\u00e9conomiser de l\u2019argent, lequel argent \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 l\u2019acquisition de moyens[a]<\/a><\/sup> de gagner sa vie.<\/p>\n La Torah (Dt 20, 5-7) mentionne les diff\u00e9rents cas dans lesquels l\u2019homme est dispens\u00e9 de participer \u00e0 la guerre\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui a construit une maison (et ne l\u2019a pas encore inaugur\u00e9e)\u2026 Celui qui a plant\u00e9 une vigne\u2026 Celui qui s\u2019est fianc\u00e9 une femme\u2026\u00a0\u00bb De l\u2019ordonnancement de ces versets, nos sages tirent un enseignement midrachique\u00a0:<\/p>\n La Torah nous apprend l\u2019ordre naturel des choses\u00a0: que l\u2019homme commence \u00e0 construire sa maison, puis qu\u2019il plante une vigne\u00a0; apr\u00e8s cela, qu\u2019il se marie. Le roi Salomon lui-m\u00eame a dit, dans sa sagesse\u00a0: \u00ab\u00a0Pr\u00e9pare au dehors ton ouvrage, appr\u00eate-le pour toi au champ\u00a0; apr\u00e8s, tu construiras ta maison\u00a0\u00bb (Pr 24, 27). Pr\u00e9pare au dehors ton ouvrage<\/em>\u00a0: [ce qui est vis\u00e9 allusivement,] c\u2019est le logement\u00a0; appr\u00eate-le pour toi au champ<\/em>\u00a0: c\u2019est la vigne\u00a0; apr\u00e8s, tu construiras ta maison<\/em>\u00a0: c\u2019est la femme (Sota<\/em> 44a).<\/p>\n Ma\u00efmonide \u00e9crit, de m\u00eame\u00a0:<\/p>\n La voie des hommes de sens est de se fixer d\u2019abord un travail qui les sustente\u00a0; puis, de s\u2019acheter une maison\u00a0; puis de se marier. (\u2026) Mais les sots commencent par se marier, puis, si leurs moyens le leur permettent, ils ach\u00e8tent une maison, puis, \u00e0 la fin de leur vie, ils se mettent en qu\u00eate d\u2019un travail, ou se sustentent de la charit\u00e9 (Hilkhot D\u00e9\u2019ot<\/em> 5, 11).<\/p>\n Par cons\u00e9quent, nos sages recommandent de reporter le mariage du jeune homme \u00e0 dix-huit ans, tout en pr\u00e9cisant qu\u2019il faut avoir soin de ne pas surseoir au-del\u00e0 de vingt ans. Les sages disent :<\/p>\n Jusqu\u2019aux vingt ans de l\u2019homme, le Saint b\u00e9ni soit-Il si\u00e8ge et attend qu\u2019il se marie. S\u2019il atteint vingt ans sans s\u2019\u00eatre mari\u00e9, Dieu dit\u00a0: \u00ab\u00a0Que ses os\u00a0pourrissent\u00a0!\u00a0\u00bb (Qidouchin<\/em> 29b).<\/p>\n Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une expression de mal\u00e9diction, due au fait que cet homme n\u2019accomplit pas la mitsva de cro\u00eetre et de multiplier. Les sages disent, de m\u00eame, au sujet du verset de l\u2019Eccl\u00e9siaste (3, 2), \u00ab\u00a0Il y a un temps pour enfanter[b]<\/a><\/sup>, et un temps pour mourir\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n Depuis que l\u2019homme na\u00eet, le Saint b\u00e9ni soit-Il attend de lui qu\u2019il se marie avant vingt ans. Si l\u2019homme atteint vingt ans sans \u00eatre mari\u00e9, le Saint b\u00e9ni soit-Il lui dit\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a pour toi un temps pour enfanter, et tu n\u2019en as pas voulu. Cela n\u2019est donc plus qu\u2019un temps pour mourir\u00a0\u00bb (Qoh\u00e9let Rabba<\/em> 3, 3).<\/p>\n En outre, les sages disent ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui, \u00e0 vingt ans, n\u2019est pas mari\u00e9, tous ses jours sont marqu\u00e9s par la pens\u00e9e de la faute.\u00a0\u00bb En effet, d\u00e8s lors que, dans son jeune \u00e2ge, on sait que, le moment venu, on se mariera et que l\u2019on aimera sa femme comme soi-m\u00eame, on sait aussi que, m\u00eame si l\u2019on tr\u00e9buche parfois en ayant des pens\u00e9es fautives ou en \u00e9mettant vainement sa semence, de telles choses ne sont pas convenables, et que, lorsque l\u2019on parviendra au mariage, on r\u00e9servera toute sa passion \u00e0 son \u00e9pouse. Mais quand son c\u00e9libat se prolonge au-del\u00e0 du temps prescrit, on d\u00e9sesp\u00e8re de sa possibilit\u00e9 de surmonter le penchant au mal\u00a0; on se soumet \u00e0 lui, et l\u2019on s\u2019habitue \u00e0 satisfaire son penchant par la faute. Aussi, m\u00eame apr\u00e8s son mariage, et m\u00eame si l\u2019on reste fid\u00e8le \u00e0 sa femme, il sera plus difficile de se pr\u00e9server des pens\u00e9es fautives, car celles-ci seront d\u00e9j\u00e0 devenues une partie de soi-m\u00eame. Ce n\u2019est que si l\u2019on effectue un grand repentir (t\u00e9chouva<\/em>) par amour, que l\u2019on pourra s\u2019amender (cf. ci-dessus, chap. 2, note 2).<\/p>\n Autrefois, certains jeunes gens, qui recevaient de l\u2019aide de leurs parents, ou \u00e9taient particuli\u00e8rement dou\u00e9s, pouvaient se marier \u00e0 un \u00e2ge plus jeune\u00a0; et cela \u00e9tait digne d\u2019\u00e9loge. Comme le disait Rav \u2018Hisda de lui-m\u00eame, sa sup\u00e9riorit\u00e9 sur ses coll\u00e8gues ne tenait pas \u00e0 ses dons ni \u00e0 sa plus grande droiture, mais au fait d\u2019avoir eu le m\u00e9rite de se marier \u00e0 seize ans, gr\u00e2ce \u00e0 quoi il put \u00e9tudier la Torah dans la puret\u00e9, sans que le mauvais penchant ne le domine. S\u2019il s\u2019\u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 quatorze ans, il aurait \u00e9t\u00e9 tellement pr\u00e9serv\u00e9 du mauvais penchant qu\u2019il aurait pu d\u00e9fier l\u2019Accusateur sans craindre que celui-ci le fasse p\u00e9cher (Qidouchin<\/em> 29b)[7]<\/a><\/sup>.<\/p>\n
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