{"id":4058,"date":"2014-04-05T00:09:13","date_gmt":"2014-04-04T21:09:13","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=4058"},"modified":"2018-12-13T13:39:46","modified_gmt":"2018-12-13T11:39:46","slug":"14-05-09","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/14-05-09\/","title":{"rendered":"09. \u00c2ge de la mitsva, en pratique"},"content":{"rendered":"
Plusieurs d\u00e9cisionnaires, parmi les plus grands, ont \u00e9crit, se basant sur le Talmud (Qidouchin<\/em> 30a) que, pour les besoins de l\u2019\u00e9tude de la Torah, ou dans les p\u00e9riodes de difficult\u00e9s financi\u00e8res pressantes, il est permis de repousser le mariage jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt-quatre ans (Yam Chel Chelomo<\/em>, Birk\u00e9 Yossef<\/em>).<\/p>\n Dans les derni\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations, la vie est devenue plus complexe, et s\u2019y pr\u00e9parer prend davantage de temps. Autrefois, il suffisait d\u2019une \u00e9tude simple de la Bible, de la morale (le moussar<\/em>), de la halakha et de ses motifs, pour \u00eatre pr\u00eat \u00e0 fonder une maison juive. Il suffisait de seconder son p\u00e8re quelques heures par jour pour acqu\u00e9rir, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix-huit ans, la capacit\u00e9 professionnelle de travailler et de gagner sa vie, voire d\u2019\u00e9conomiser un peu d\u2019argent pour les besoins de ses noces et de la construction de sa maison, qui consistait en une seule pi\u00e8ce. De nos jours, en revanche, pour se mesurer aux d\u00e9fis qui se dressent devant lui, l\u2019homme doit \u00e9tudier la Torah beaucoup plus. \u00c0 cette fin, la majorit\u00e9 des jeunes doivent \u00e9tudier dans le cadre d\u2019une y\u00e9chiva, apr\u00e8s l\u2019\u00e2ge de dix-huit ans, pendant un an au moins, g\u00e9n\u00e9ralement davantage. Une autre obligation sainte incombe aux jeunes\u00a0: celle de d\u00e9fendre le peuple et la terre dans le cadre de l\u2019arm\u00e9e. L\u2019accomplissement de cette mitsva conduit lui aussi \u00e0 repousser le mariage. De m\u00eame, l\u2019acquisition d\u2019un m\u00e9tier convenant \u00e0 ses talents n\u00e9cessite, g\u00e9n\u00e9ralement, des \u00e9tudes sup\u00e9rieures, qui durent quelques ann\u00e9es, et s\u2019accomplissent apr\u00e8s le service militaire. En outre, les maisons dans lesquelles il est d\u2019usage de vivre, de nos jours, sont plus ch\u00e8res, parce qu\u2019elles sont plus vastes, et sont \u00e9quip\u00e9es de syst\u00e8mes de conduction d\u2019eau et de courant \u00e9lectrique, de sorte que, pour acqu\u00e9rir une telle maison, il faut g\u00e9n\u00e9ralement travailler plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n Si l\u2019on devait repousser le mariage apr\u00e8s l\u2019\u00e9tude de toutes les bases de la Torah, l\u2019apprentissage d\u2019un m\u00e9tier ad\u00e9quat et l\u2019acquisition d\u2019une maison, la majorit\u00e9 des jeunes ne se marieraient qu\u2019apr\u00e8s trente ans. Un tel report n\u2019est pas possible, selon la halakha, car, bien que les conditions qui nous entourent soient devenues plus complexes, plus difficiles \u00e0 affronter, la nature de l\u2019homme, tant psychique que physique, n\u2019a pas chang\u00e9, et l\u2019\u00e2ge qui convient \u00e0 son mariage est de dix-huit ans.<\/p>\n Par cons\u00e9quent, dans les conditions complexes qui sont celles de nos vies actuelles \u2013 que l\u2019on peut assimiler \u00e0 un cas de n\u00e9cessit\u00e9 pressante (cha\u2019at had\u2019haq<\/em>) \u2013, il est permis de repousser le mariage au-del\u00e0 de vingt ans\u00a0; mais on ne d\u00e9passera pas vingt-quatre ans. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on est oblig\u00e9 de laisser aux jeunes quelques ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires afin qu\u2019ils puissent consolider leurs bases de Torah, modeler leur conception du monde, et qu\u2019ils aient le temps de faire leurs premiers pas vers l\u2019acquisition d\u2019un m\u00e9tier, ou qu\u2019ils se fixent au moins un programme concret d\u2019acquisition d\u2019un m\u00e9tier et d\u2019un gagne-pain familial. De l\u2019autre, on ne saurait s\u2019\u00e9loigner davantage de la p\u00e9riode qui, d\u2019un point de vue psychique et physique, convient au mariage\u00a0; cela, afin de ne pas perdre l\u2019enthousiasme et la joie de la jeunesse, que requiert la construction du couple dans ses premi\u00e8res ann\u00e9es. Nous voyons bien, en effet, que ceux qui repoussent leur mariage \u00e0 un \u00e2ge plus avanc\u00e9 ont plus de difficult\u00e9 \u00e0 trouver leur conjoint\u00a0; certains restent m\u00eame c\u00e9libataires pendant de longues ann\u00e9es. Au-del\u00e0 de cela, la mitsva du mariage et celle de la procr\u00e9ation obligent l\u2019homme \u00e0 exprimer sa personnalit\u00e9 de mani\u00e8re compl\u00e8te\u00a0; comme le disent nos sages, quiconque demeure sans femme ne s\u2019appelle pas v\u00e9ritablement homme<\/em> (Yevamot<\/em> 63a), et se trouve sans joie, ni b\u00e9n\u00e9diction, ni bienfait, ni Torah, ni muraille protectrice, ni paix (ibid. 62b)\u00a0; or le nombre d\u2019ann\u00e9es durant lesquelles un homme peut vivre de mani\u00e8re si carenc\u00e9e est limit\u00e9. De plus, nous l\u2019avons vu, le report du mariage au-del\u00e0 de ce qui est indispensable a pour effet que le mauvais penchant prend le dessus sur l\u2019homme, au point que celui-ci, jour apr\u00e8s jour, ne peut se lib\u00e9rer des pens\u00e9es fautives (Qidouchin<\/em> 29b). Aussi faut-il donner pour instruction au grand public de ne point repousser le mariage au-del\u00e0 de l\u2019\u00e2ge de vingt-quatre ans. Ceux qui peuvent se marier avant cela, sans l\u00e9ser significativement leur \u00e9tude de Torah, leur service militaire et la pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019acquisition d\u2019un m\u00e9tier convenant \u00e0 leur talent, seront b\u00e9nis pour cela[8]<\/a><\/sup>.<\/p>\n