{"id":4526,"date":"2000-12-01T00:06:55","date_gmt":"2000-11-30T22:06:55","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=4526"},"modified":"2021-04-28T12:25:35","modified_gmt":"2021-04-28T09:25:35","slug":"12-01-06","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/12-01-06\/","title":{"rendered":"06 – Dur\u00e9e de l\u2019\u00e9tude et des repas"},"content":{"rendered":"
Pour tenter de cerner le caract\u00e8re du Yom tov, examinons deux versets qui, de prime abord, semblent se contredire. Dans l\u2019un, il est dit que la f\u00eate est \u00ab\u00a0pour Dieu<\/strong>\u00a0\u00bb\u00a0(l\u2019Hachem<\/em>) : \u00ab\u00a0Cessation[m]<\/a><\/sup> en l\u2019honneur de ton Dieu\u00a0\u00bb (Dt 16, 8)\u00a0; dans l\u2019autre, il est dit que la f\u00eate est \u00ab\u00a0pour vous<\/strong>\u00a0\u00bb\u00a0(lakhem<\/em>) : \u00ab\u00a0Une f\u00eate de cl\u00f4ture aura lieu pour vous\u00a0\u00bb (Nb 29, 35). Selon Rabbi Yehochoua, le propos de la Torah est que nous partagions la journ\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0La moiti\u00e9 pour Dieu, la moiti\u00e9 pour vous\u00a0\u00bb (\u2018hetsio<\/em> l\u2019Hachem v\u00e9-\u2018hetsion lakhem<\/em>), c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab\u00a0une moiti\u00e9 pour manger et boire, une moiti\u00e9 pour la maison d\u2019\u00e9tude\u00a0\u00bb. Selon Rabbi Eli\u00e9zer, chacun est fond\u00e9 \u00e0 choisir pour soi-m\u00eame\u00a0: soit de consacrer toute la journ\u00e9e \u00e0 Dieu et \u00e0 la maison d\u2019\u00e9tude (koulo l\u2019Hachem<\/em>), soit de la consacrer \u00e0 soi-m\u00eame et au festin (koulo lakhem<\/em>) (Pessa\u2019him<\/em> 68b\u00a0; Beitsa <\/em>15b). Cependant, celui-l\u00e0 m\u00eame qui choisirait de s\u2019adonner \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la Torah toute la journ\u00e9e devrait, selon Rabbi Eli\u00e9zer, manger quelque chose, afin de ne pas je\u00fbner. De m\u00eame, si l\u2019on choisit de consacrer toute la journ\u00e9e au festin, il faut tout de m\u00eame prier et s\u2019adonner \u00e0 quelque \u00e9tude, le soir et le jour, et prononcer des paroles de Torah \u00e0 table (Rabb\u00e9nou P\u00e9rets, Rabbi Aaron Hal\u00e9vi, Chn\u00e9 Lou\u2019hot Habrit<\/em>). Il faut ajouter que, si l\u2019on choisit de consacrer toute la journ\u00e9e au festin, ce choix doit \u00eatre fait au nom du Ciel (l\u00e9chem Chama\u00efm<\/em>), afin de se r\u00e9jouir de la saintet\u00e9 de la f\u00eate et de r\u00e9jouir les pauvres et les solitaires (Peri Ts\u00e9deq, \u2018Hag ha-Chavou\u2019ot<\/em> 5\u00a0; ci-apr\u00e8s \u00a7 11).<\/p>\n En pratique, la halakha a \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9e conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019avis de Rabbi Yehochoua\u00a0: il faut partager la journ\u00e9e, en y consacrant une moiti\u00e9 \u00e0 la maison d\u2019\u00e9tude et une moiti\u00e9 \u00e0 manger et \u00e0 boire (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 529, 1). Certains disent qu\u2019il faut avoir soin, avec une grande exactitude, de ne pas consacrer moins de la moiti\u00e9 de la journ\u00e9e \u00e0 Dieu. Rabbi \u2018Ha\u00efm Ben-Atar (auteur du Or Ha\u2019ha\u00efm<\/em>) \u00e9crit que, si l\u2019on consacre moins de la moiti\u00e9 du temps \u00e0 Dieu, c\u2019est la part de Dieu qui est vol\u00e9e par notre fait (Richon l\u00e9-Tsion<\/em> sur Beitsa<\/em> 15b). D\u2019autres estiment qu\u2019il n\u2019est pas besoin de calculer les heures avec exactitude\u00a0; ce qu\u2019il faut, c\u2019est \u00e9tudier environ la moiti\u00e9 du jour (Peri M\u00e9gadim<\/em>). En pratique, il semble que le fait de ne pas calculer les heures rende tr\u00e8s n\u00e9gligent quant \u00e0 la part destin\u00e9e \u00e0 la Torah\u00a0; par cons\u00e9quent, pour r\u00e9tablir la place de cette mitsva, il est n\u00e9cessaire de calculer les heures du jour, et de s\u2019habituer \u00e0 consacrer la moiti\u00e9 d\u2019entre elles \u00e0 l\u2019\u00c9ternel. Il semble que les sept heures pendant lesquelles l\u2019homme a l\u2019habitude de dormir chaque jour ne fassent pas partie du compte. Il nous reste donc dix-huit heures sur les vingt-cinq que comporte la f\u00eate. Sur ces dix-huit heures, il faut donc en consacrer neuf \u00e0 Dieu. Or, bien que la partie essentielle de ce temps doive \u00eatre consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la Torah \u2013 comme le disent les sages\u00a0: \u00ab\u00a0la moiti\u00e9 pour la maison d\u2019\u00e9tude\u00a0\u00bb (Pessa\u2019him<\/em> 68b) \u2013 la pri\u00e8re est, elle aussi, consid\u00e9r\u00e9e comme s\u2019inscrivant dans la moiti\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 Dieu, \u00e0 condition qu\u2019on ne l\u2019\u00e9tire pas par un exc\u00e8s d\u2019hymnes et de cantillation synagogale\u00a0; car si l\u2019on \u00e9tire ainsi le temps des offices, cela ne saurait \u00eatre sur le compte de la moiti\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 Dieu (Yam Chel Chelomo<\/em>, Maguen Avraham<\/em>). Nous voyons donc que, parmi ces neuf heures, on peut consid\u00e9rer que trois, environ, sont consacr\u00e9es \u00e0 la pri\u00e8re\u00a0; il faut par cons\u00e9quent consacrer environ six heures \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la Torah.<\/p>\n Pour les femmes aussi, il y a une mitsva d\u2019\u00e9tudier la Torah pendant la f\u00eate. C\u2019est ainsi qu\u2019elles ont pris coutume de se joindre aux hom\u00e9lies du Chabbat et des f\u00eates. Mais les femmes n\u2019ont pas l\u2019obligation de consacrer la moiti\u00e9 de la journ\u00e9e \u00e0 Dieu\u00a0; et celle qui a le m\u00e9rite de le faire cependant, sera b\u00e9nie pour cela[2]<\/a><\/sup>.<\/p>\n