{"id":463,"date":"2016-02-01T00:09:39","date_gmt":"2016-01-31T22:09:39","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=463"},"modified":"2021-03-15T10:11:53","modified_gmt":"2021-03-15T08:11:53","slug":"02-01-09","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/02-01-09\/","title":{"rendered":"09 \u2013 N\u00e9cessit\u00e9 d\u2019entendre sa pri\u00e8re, et r\u00e8gles relatives \u00e0 une pri\u00e8re non articul\u00e9e."},"content":{"rendered":"
Certains commandements s\u2019accomplissent par le biais du langage\u00a0: ainsi de la pri\u00e8re, de la r\u00e9citation du Ch\u00e9ma Isra\u00ebl et des actions de gr\u00e2ce qui suivent le repas (Birkat hamazon<\/em>). Or les Amora\u00efm sont partag\u00e9s sur la question de savoir si, a posteriori, celui qui se serait content\u00e9 de m\u00e9diter ces textes dans son esprit, sans les prononcer, aurait accompli ces commandements. D\u2019apr\u00e8s Ravina, la simple pens\u00e9e (hirhour<\/em>) est semblable \u00e0 la parole (dibour<\/em>), et celui qui m\u00e9dite en son c\u0153ur les paroles de la pri\u00e8re ou d\u2019une b\u00e9n\u00e9diction sans les prononcer est quitte de son obligation. En revanche, Rav \u2018Hisda estime que la pens\u00e9e n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 la parole (Berakhot<\/em> 20b). Bien que certaines autorit\u00e9s soient d\u2019avis que la pens\u00e9e est comparable \u00e0 la parole (Ma\u00efmonide, S\u00e9fer Mitsvot Gadol<\/em>, Riaz<\/em>), la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires m\u00e9di\u00e9vaux1<\/a><\/sup> estiment que la halakha est conforme \u00e0 l\u2019avis de Rav \u2018Hisda, et que la pens\u00e9e n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9quivalente \u00e0 la parole (Rabb\u00e9nou \u2018Hananel, \u00e9l\u00e8ves de Rabb\u00e9nou Yona, Or Zaroua\u2019<\/em>, Roch, Raavad et d\u2019autres). Ainsi est-il tranch\u00e9 dans le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> au sujet de la lecture du Ch\u00e9ma (62, 3) et des b\u00e9n\u00e9dictions (185, 2\u00a0; 206, 3) 2<\/a><\/sup> que l\u2019on s\u2019est content\u00e9 de penser sans articuler le texte\u00a0: dans le cas o\u00f9 c\u2019est le Ch\u00e9ma Isra\u00ebl<\/em> que l\u2019on a ainsi omis de prononcer, il est \u00e9vident que l\u2019on doit r\u00e9p\u00e9ter sa lecture de fa\u00e7on articul\u00e9e, puisque sa r\u00e9citation est une obligation toranique<\/em>. En ce qui concerne les b\u00e9n\u00e9dictions, le B\u00e9our Halakha<\/em> (r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9e) estime que l\u2019on ne perd rien \u00e0 s\u2019appuyer sur la majorit\u00e9 des Richonim et \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter sa b\u00e9n\u00e9diction (il n\u2019est a pas \u00e0 craindre que la b\u00e9n\u00e9diction soit dite en vain). Le Yalqout Yossef<\/em> III 206, 11 estime cependant qu\u2019en mati\u00e8re de b\u00e9n\u00e9dictions, il faut s\u2019abstenir en cas de doute\u00a0; si par exemple on a m\u00e9dit\u00e9 en pens\u00e9e les b\u00e9n\u00e9dictions du matin (Birkot hacha\u2019har<\/em>, b\u00e9n\u00e9dictions introductives \u00e0 l\u2019office du matin, cf. chap. 9), on ne les r\u00e9p\u00e9tera pas en les articulant. En revanche, s\u2019il s\u2019agit de la b\u00e9n\u00e9diction de jouissance normalement dite avant de manger, et que l\u2019on s\u2019est content\u00e9 de la penser, on devra formuler en pens\u00e9e les mots Baroukh Chem kevod Malkhouto l\u00e9\u2019olam vaed<\/em> (\u00ab\u00a0b\u00e9ni soit le nom de Celui dont le r\u00e8gne glorieux\u00a0est \u00e9ternel \u00bb), apr\u00e8s quoi on prononcera la b\u00e9n\u00e9diction de fa\u00e7on articul\u00e9e.<\/p>\n Si l\u2019on a articul\u00e9 les mots, bien que l\u2019on n\u2019ait pas fait entendre sa voix \u00e0 son oreille, on est quitte a posteriori, puisqu\u2019on a fait un acte par le mouvement de ses l\u00e8vres. Cependant a priori, pour toutes les mitsvot qui s\u2019accomplissent par la parole, il faut faire entendre sa voix \u00e0 son oreille.<\/p>\n Il y a des parties de l\u2019office qui sont dites par l\u2019ensemble des fid\u00e8les, telles que la Q\u00e9doucha<\/em> 3<\/a><\/sup>, o\u00f9 le public r\u00e9pond \u00e0 l\u2019officiant, ainsi que les diff\u00e9rentes occasions o\u00f9 les fid\u00e8les r\u00e9pondent amen<\/em>\u00a0; a priori ces parties sont dites \u00e0 voix haute. Il faut en particulier s\u2019attacher \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 voix haute au Qaddich, car c\u2019est faire honneur \u00e0 Dieu que de r\u00e9pondre amen<\/em> tous en ch\u0153ur (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 56, 1). Nos ma\u00eetres disent que par l\u2019effet des mots Amen yeh\u00e9 chemeh rabba<\/em>\u2026\u00a0(\u00ab\u00a0Que son grand nom soit b\u00e9ni \u00e0 jamais \u00bb) r\u00e9cit\u00e9s \u00e0 haute voix lors du Qaddich, de p\u00e9nibles d\u00e9crets sont annul\u00e9s. On a \u00e9galement l\u2019usage de dire \u00e0 haute voix le premier verset du Ch\u00e9ma, afin d\u2019\u00e9veiller la kavana <\/em>(Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 61, 4).<\/p>\n Pour le reste de l\u2019office \u2013 par exemple les Pessouq\u00e9 dezimra<\/em> (psaumes et versets r\u00e9cit\u00e9s dans la deuxi\u00e8me section de la pri\u00e8re du matin, cf. chap. 14), la lecture du Ch\u00e9ma et ses b\u00e9n\u00e9dictions, et les autres cantiques \u2013, la pri\u00e8re se dit \u00e0 voix moyenne ou, \u00e0 tout le moins, de fa\u00e7on telle que les mots prononc\u00e9s par le fid\u00e8le soient entendus de sa propre oreille. Si l\u2019on s\u2019est content\u00e9 d\u2019articuler les mots sans les faire entendre \u00e0 son oreille, on est cependant quitte.<\/p>\n La \u2018Amida, pri\u00e8re int\u00e9rieure et profonde, se dit \u00e0 voix basse. D\u2019apr\u00e8s la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, m\u00eame en ce qui concerne une pri\u00e8re dite \u00e0 voix basse, il faut a priori faire entendre les mots \u00e0 son oreille, tout en prenant soin de ne pas se faire entendre par ses voisins (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 101, 2\u00a0; Michna Beroura<\/em> 5-6) 4<\/a><\/sup>. Toutefois, d\u2019apr\u00e8s la majorit\u00e9 des kabbalistes, une pri\u00e8re dite \u00e0 voix basse doit a priori s\u2019articuler seulement, sans que le fid\u00e8le puisse entendre sa propre voix (Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 101, 8)5<\/a><\/sup>.<\/p>\n On peut apprendre de cette r\u00e8gle \u2013 selon laquelle les mots doivent a priori \u00eatre articul\u00e9s \u2013 une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale\u00a0: la pens\u00e9e ne suffit pas \u00e0 elle seule\u00a0; une bonne intention sans acte n\u2019est pas suffisante. L\u2019\u00e2me, enfouie dans les replis du c\u0153ur, est pure\u00a0; le d\u00e9fi qui nous est donn\u00e9 est de r\u00e9v\u00e9ler sa bont\u00e9 vers l\u2019ext\u00e9rieur et de r\u00e9parer le monde. Aussi faut-il exprimer les id\u00e9es contenues dans la pri\u00e8re par l\u2019audition de la voix, ou \u00e0 tout le moins par la prononciation des l\u00e8vres (Maharal, Netiv Ha\u2019avoda<\/em>, chap. 2).<\/p>\n Le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 62, 4 \u00e9nonce\u00a0: \u00ab\u00a0Si, en raison d\u2019une maladie ou d\u2019un emp\u00eachement, on a r\u00e9cit\u00e9 le Ch\u00e9ma<\/em> en son c\u0153ur (sans prononcer les paroles), on est quitte\u00a0\u00bb. Les d\u00e9cisionnaires ult\u00e9rieurs (A\u2019haronim<\/em>) divergent sur l\u2019intention du Choul\u2019han \u2018Aroukh\u00a0<\/em>: d\u2019apr\u00e8s le Peri \u2018Hadach<\/em> et nombre d\u2019autres autorit\u00e9s (cf. le B\u00e9our Halakha<\/em>, r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9e), celui qui se contente de penser les mots sans les dire n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 quitte\u00a0que de fa\u00e7on conditionnelle : si la cause de l\u2019emp\u00eachement a disparu, et que l\u2019heure limite de r\u00e9citation du Ch\u00e9ma<\/em> n\u2019est pas encore pass\u00e9e, il devra recommencer sa r\u00e9citation, cette fois de fa\u00e7on articul\u00e9e. En revanche, le Birk\u00e9 Yossef<\/em> et le Peri M\u00e9gadim<\/em> estiment que la personne emp\u00each\u00e9e est pleinement acquitt\u00e9e par la seule pens\u00e9e et que, m\u00eame si la cause de l\u2019emp\u00eachement dispara\u00eet, on n\u2019est pas oblig\u00e9 de recommencer. Dans Igrot Moch\u00e9<\/em>, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 5, 4, le Rav Moch\u00e9 Feinstein explique que l\u2019intention du Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> est de s\u2019appuyer, en cas d\u2019urgence, sur l\u2019opinion des rares d\u00e9cisionnaires qui estiment que la pens\u00e9e \u00e9quivaut \u00e0 la parole\u00a0; en revanche, lorsque la cause de l\u2019emp\u00eachement dispara\u00eet, il n\u2019est plus question de parler de n\u00e9cessit\u00e9\u00a0: d\u00e8s lors il faut r\u00e9p\u00e9ter sa lecture, cette fois de fa\u00e7on articul\u00e9e. C\u2019est \u00e9galement l\u2019avis du Rav Ovadia Yossef dans Yabia\u2019 Omer<\/em> IV 3, 19.<\/p>\n Si c\u2019est \u00e0 la suite d\u2019une erreur [et non d\u2019un emp\u00eachement ↩<\/a><\/span><\/li>\n Certains commandements s\u2019accomplissent par le biais du langage\u00a0: ainsi de la pri\u00e8re, de la r\u00e9citation du Ch\u00e9ma Isra\u00ebl et des actions de gr\u00e2ce qui suivent le repas (Birkat hamazon). Or les Amora\u00efm sont partag\u00e9s sur la question de savoir si, a posteriori, celui qui se serait content\u00e9 de m\u00e9diter ces textes dans son esprit, sans […]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[55],"tags":[],"class_list":["post-463","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-02-01"],"yoast_head":"\n].<\/p>\n
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