{"id":4802,"date":"2000-12-13T00:14:34","date_gmt":"2000-12-12T22:14:34","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=4802"},"modified":"2021-05-10T11:38:08","modified_gmt":"2021-05-10T08:38:08","slug":"12-13-14","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/12-13-14\/","title":{"rendered":"14 – Mets lact\u00e9s et miell\u00e9s"},"content":{"rendered":"
Nombreux sont ceux qui, d\u00e8s l\u2019\u00e9poque des Richonim, il y a plus de six cents ans, ont pris coutume de manger des produits laitiers et du miel \u00e0 Chavou\u2019ot. La source de la coutume se trouve en Allemagne et en France\u00a0; de l\u00e0, elle s\u2019est r\u00e9pandue dans de nombreuses communaut\u00e9s juives. Cependant, certains n\u2019en ont point l\u2019usage\u00a0: c\u2019est le cas de nombreux originaires du Y\u00e9men, de Libye, Djerba, Boukhara et Perse.<\/p>\n
Plusieurs raisons sont mentionn\u00e9es pour expliquer la coutume\u00a0: certains expliquent que la Torah est compar\u00e9e au lait et au miel (Dt Rabba <\/em>7, 3), comme il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Du miel et du lait sous ta langue\u00a0\u00bb (Ct 4, 11). Les sages enseignent\u00a0: \u00ab\u00a0Au moment m\u00eame o\u00f9 les enfants d\u2019Isra\u00ebl se tinrent devant le mont Sina\u00ef et dirent\u00a0: \u201cTout ce qu\u2019a dit l\u2019\u00c9ternel, nous le ferons et nous l\u2019entendrons\u201d (Ex 24, 7), le Saint b\u00e9ni soit-Il leur dit\u00a0: \u201cDu miel et du lait sous ta langue\u201d\u00a0\u00bb (Tan\u2019houma Yachan, Ki Tissa<\/em> 9). En d\u2019autres termes, parce qu\u2019Isra\u00ebl accepta de recevoir la Torah sans r\u00e9serve, les paroles de la Torah seront douces \u00e0 leur bouche, comme le miel et le lait. Et pour rappeler la douceur de la Torah et l\u2019affection que nous lui portons, nous avons coutume, \u00e0 Chavou\u2019ot, de d\u00e9guster des g\u00e2teaux lact\u00e9s, d\u00e9licieux et doux, ainsi que des mets sucr\u00e9s au miel (Or\u2019hot \u2018Ha\u00efm<\/em>, Peri \u2018Hadach<\/em>).<\/p>\n Le Rav Kook explique encore que le lait et le miel sont deux aliments qui sont cr\u00e9\u00e9es \u00e0 partir d\u2019une chose impure. Le miel est \u00e9labor\u00e9 par les abeilles, insectes impurs\u00a0; le lait provient du sang, qu\u2019il est interdit de consommer. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019ils se transforment, de l\u2019impur au pur, que leur go\u00fbt est particulier, car ils font allusion \u00e0 l\u2019amendement (tiqoun<\/em>) du monde. Or c\u2019est la vertu de la Torah que d\u2019amender les mauvais aspects du monde, de servir d\u2019antidote au mauvais penchant[s]<\/a><\/sup> et de le retourner en bien. Telle est aussi la vertu de la terre d\u2019Isra\u00ebl, aussi est-elle appel\u00e9e \u00ab\u00a0terre o\u00f9 coule le lait et le miel\u00a0\u00bb.<\/p>\n Une autre raison est invoqu\u00e9e\u00a0: si l\u2019on mange des mets lact\u00e9s, on devra pr\u00e9parer deux pains\u00a0: l\u2019un, que l\u2019on mangera avec les plats lact\u00e9s, l\u2019autre avec les plats carn\u00e9s\u00a0; par cela, on fera allusion aux deux pains<\/em> que nos anc\u00eatres pr\u00e9sentaient en offrande \u00e0 Chavou\u2019ot (Rama 494, 3). On rapporte encore que c\u2019est ce que firent nos anc\u00eatres lors du don de la Torah\u00a0: apr\u00e8s que leur furent r\u00e9v\u00e9l\u00e9es les nombreuses lois r\u00e9gissant la consommation de viande \u2013 abattage, inspection du couteau, cas de l\u00e9sions interdisant la consommation (t\u00e9r\u00e9fa<\/em>), salage \u2013, ils pr\u00e9f\u00e9r\u00e8rent consommer des mets lact\u00e9s, qui sont permis sans pr\u00e9paratifs nombreux. En souvenir de cela, nous aussi consommons, \u00e0 Chavou\u2019ot, des plats lact\u00e9s (Michna Beroura<\/em> 494, 12). Or puisque, pour concourir \u00e0 la joie, on mange des plats carn\u00e9s les jours de f\u00eate, il faut \u00eatre vigilant quant aux r\u00e8gles de s\u00e9paration entre le lact\u00e9 et le carn\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 quoi nous montrons que les r\u00e8gles de la Torah nous sont chers.<\/p>\n Nombre de personnes ont l\u2019usage de manger, au m\u00eame repas festif, des mets lact\u00e9s et des mets carn\u00e9s. Certains font cela au repas du jour\u00a0; d\u2019autres, nombreux, le font au repas du soir. Au d\u00e9but du repas, on prend des plats lact\u00e9s. Ensuite, il faut se brosser les dents, ou manger du pain, ou de la pomme, ou quelque autre aliment dur. De plus, on devra bien se rincer la bouche. Par cela, la bouche sera nettoy\u00e9e et rinc\u00e9e de tout restant de lait. Apr\u00e8s cela, on changera la nappe, on dressera de nouveau la table, et l\u2019on mangera les plats carn\u00e9s. Bien entendu, il ne faut pas inverser l\u2019ordre en servant d\u2019abord des plats carn\u00e9s, puisque, apr\u00e8s la consommation de viande, il faut attendre six heures avant qu\u2019il soit permis de manger des produits laitiers[6]<\/a><\/sup>.<\/p>\n De plus, nombre de ceux qui veillent toute la nuit prennent, au Qidouch qui suit l\u2019office, des g\u00e2teaux lact\u00e9s, apr\u00e8s quoi ils vont dormir. Puis, quand ils sont lev\u00e9s, ils prennent un repas de f\u00eate carn\u00e9. Le principal est d\u2019accomplir la mitsva de la joie festive\u00a0; car toutes ces coutumes ont pour dessein d\u2019ajouter \u00e0 la joie de la f\u00eate, et \u00e0 l\u2019honneur de la Torah.<\/p>\n