{"id":494,"date":"2016-02-03T00:04:16","date_gmt":"2016-02-02T22:04:16","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=494"},"modified":"2016-12-27T14:03:53","modified_gmt":"2016-12-27T12:03:53","slug":"02-03-04","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/02-03-04\/","title":{"rendered":"04 \u2013 Ne pas prier sur un emplacement sur\u00e9lev\u00e9"},"content":{"rendered":"
Celui qui se tient en pri\u00e8re devant le Saint b\u00e9ni soit-Il doit savoir que sa vie d\u00e9pend de la bont\u00e9 divine\u00a0; aussi son attitude devant Dieu doit-elle exprimer de la modestie. C\u2019est ce que disent nos sages (Berakhot<\/em> 10b)\u00a0: \u00ab\u00a0On ne se tiendra ni sur une chaise, ni sur un escabeau, ni en un endroit sur\u00e9lev\u00e9 pour prier, car il n\u2019est point de grandeur devant Dieu, comme il est dit\u00a0(Ps 130, 1) : \u201cDes profondeurs je t\u2019appelle, \u00f4 Eternel.\u201d\u00a0\u00bb On raconte dans le Talmud (Taanit <\/em>23b) que Rabbi Yona \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour \u00eatre un juste dont les pri\u00e8res \u00e9taient exauc\u00e9es. Lorsqu\u2019on vint lui demander de prier pour la pluie, il se rendit en un endroit profond, pour accomplir le verset \u00ab\u00a0Des profondeurs, je t\u2019appelle, \u00f4 Eternel\u00a0\u00bb, et il y pria jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il f\u00fbt exauc\u00e9 et que v\u00eent la pluie. Pour cette raison, dans certaines communaut\u00e9s, on a l\u2019usage de d\u00e9niveler la place de l\u2019officiant\u00a0; et c\u2019est pourquoi l\u2019officiant est appel\u00e9 yored lifn\u00e9 hat\u00e9va<\/em> (celui qui descend <\/em>au pupitre).<\/p>\n En principe, un endroit qualifi\u00e9 de sur\u00e9lev\u00e9<\/em>, tel que l\u2019interdisent les sages, est un endroit qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 une hauteur de trois palmes (t\u00e9fa\u2019him<\/em>, 24 cm) au-dessus du sol. Cependant, en pratique, il ne convient pas non plus, g\u00e9n\u00e9ralement, de prier en un endroit sur\u00e9lev\u00e9 dont la hauteur serait moindre, cela pour deux raisons. D\u2019une part, celui qui se juche sur un promontoire ou un rocher, m\u00eame quand celui-ci n\u2019est haut que d\u2019un palme (t\u00e9fa\u2019h<\/em>, 8 cm), craint de perdre l\u2019\u00e9quilibre et ne peut donc se concentrer comme il le faut. D\u2019autre part, si le sol est plan, et que l\u2019on se grandit par le biais de coussins, d\u2019\u00e9dredons ou de quelque autre objet, il s\u2019ensuit une sensation de grandeur1<\/a><\/sup>, et il ne convient pas de prier dans ces conditions. En revanche, il est a priori2<\/a><\/sup> permis de prier sur des tapis ou des nattes, comme on a l\u2019usage d\u2019en \u00e9tendre sur le sol. De m\u00eame, si l\u2019on prie sur un sol incurv\u00e9, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9viter de se tenir sur les parties plus \u00e9lev\u00e9es du sol, tant qu\u2019elles ne d\u00e9passent pas de trois palmes le niveau du sol alentour3<\/a><\/sup>.<\/p>\n Les malades, les personnes \u00e2g\u00e9es, \u00e0 qui il est difficile de quitter leur lit, sont autoris\u00e9s \u00e0 y prier, bien que ce lit soit sur\u00e9lev\u00e9 par rapport au sol.<\/p>\n Quand un lieu sur\u00e9lev\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme dot\u00e9 d\u2019un statut distinct, d\u2019une existence propre (\u2018<\/em>omed bifn\u00e9 atsmo<\/em>), par exemple lorsque sa surface d\u00e9passe quatre coud\u00e9es (amot<\/em>) sur quatre (environ deux m\u00e8tres sur deux, soit quatre m\u00e8tres carr\u00e9s), il est permis d\u2019y prier\u00a0; en effet, on ne consid\u00e8re plus sa hauteur par r\u00e9f\u00e9rence aux autres endroits\u00a0: il constitue au contraire une place en soi-m\u00eame. Aussi, quand le sol de la synagogue est d\u00e9nivel\u00e9, s\u2019\u00e9tageant sur deux surfaces de hauteurs in\u00e9gales, il est permis de prier en se tenant sur la partie la plus haute, du moment que cette partie est d\u2019une superficie de quatre amot <\/em>sur quatre.<\/p>\n M\u00eame si un lieu est d\u2019une superficie inf\u00e9rieure \u00e0 quatre amot <\/em>sur quatre, pour peu qu\u2019il soit entour\u00e9 de cloisons, il doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une place dot\u00e9e d\u2019une existence distincte, et il est d\u00e8s lors permis d\u2019y prier. La r\u00e8gle est la m\u00eame dans les communaut\u00e9s o\u00f9 il est de coutume de b\u00e2tir, au centre de la synagogue, une tribune ou estrade o\u00f9 se tient l\u2019officiant. Si cette estrade est entour\u00e9e de cloisons, ou qu\u2019elle s\u2019\u00e9tend sur plus de quatre amot<\/em> sur quatre, il est permis d\u2019y prier, car elle constitue un lieu en soi, et il n\u2019y a donc pas \u00e0 mesurer sa hauteur en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019ensemble de la synagogue. Simplement, celui qui y prie n\u2019accomplit pas l\u2019embellissement<\/em> (hidour<\/em>) de la mitsva exprim\u00e9 par le verset \u00ab\u00a0Des profondeurs, je t\u2019appelle, \u00f4 Eternel\u00a0\u00bb. Malgr\u00e9 cela, ces communaut\u00e9s ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 construire une tribune pour l\u2019officiant et renoncer \u00e0 l\u2019embellissement consistant \u00e0 \u00ab\u00a0descendre au pupitre\u00a0\u00bb, afin que tous les fid\u00e8les puissent bien entendre la voix de l\u2019officiant4<\/a><\/sup>.<\/p>\n Dans le cas o\u00f9 l\u2019on se trouve sur des coussins ou des \u00e9dredons\u00a0: selon la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, il est interdit de prier ainsi, car cela semble \u00eatre une marque d\u2019orgueil, comme le rapportent le Michna Beroura<\/em> 614, 9 et le Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 21, ce sur quoi le Ba\u2019h<\/em> lui-m\u00eame est d\u2019accord. En revanche, si le sol est incurv\u00e9 et que certains endroits sont plus \u00e9lev\u00e9s, il n\u2019est pas interdit de prier tant que l\u2019on ne se trouve pas \u00e0 plus de trois t\u00e9fa\u2019him<\/em> du reste du sol, et \u00e0 condition de ne pas \u00e9prouver de vertige ou de d\u00e9s\u00e9quilibre. A posteriori, celui qui aurait pri\u00e9 sur un lieu sur\u00e9lev\u00e9 est n\u00e9anmoins quitte, comme l\u2019explique le Peri M\u00e9gadim<\/em>, Michbetsot Zahav <\/em>90, 1 d\u2019apr\u00e8s Ma\u00efmonide. D\u2019apr\u00e8s cela, on comprend que le Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 90, 1 d\u00e9cide qu\u2019en cas de n\u00e9cessit\u00e9 l\u2019officiant peut se jucher sur une chaise pour faire entendre sa voix.<\/p>\n\n
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