{"id":536,"date":"2016-02-05T00:03:16","date_gmt":"2016-02-04T22:03:16","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=536"},"modified":"2017-01-04T11:18:50","modified_gmt":"2017-01-04T09:18:50","slug":"02-05-03","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/02-05-03\/","title":{"rendered":"03 \u2013 Kipa et ceinture"},"content":{"rendered":"
\u00c0 l\u2019approche de la pri\u00e8re, il faut se pr\u00e9parer, \u00eatre saisi de crainte devant la splendeur de la majest\u00e9 divine, et se r\u00e9jouir d\u2019\u00eatre sur le point de se pr\u00e9senter devant le Roi des rois et de prier. Cette pr\u00e9paration doit se traduire \u00e9galement par l\u2019habillement\u00a0: celui-ci doit \u00eatre honorable, comme il sied \u00e0 celui qui se tient devant le Roi.<\/p>\n
Les hommes sont tenus de se couvrir la t\u00eate durant la pri\u00e8re, ainsi que lorsqu\u2019ils mentionnent le nom divin, et lorsqu\u2019ils entrent \u00e0 la synagogue (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em>, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 91, 50). Cependant, en pratique, selon la coutume r\u00e9pandue parmi tout Isra\u00ebl, les hommes ont soin de ne pas parcourir quatre amot <\/em>(coud\u00e9es, environ deux m\u00e8tres) sans couvre-chef (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em>, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 2, 6). En tout \u00e9tat de cause, quand il s\u2019agit de prier, de prononcer le nom divin ou de se trouver \u00e0 la synagogue, le degr\u00e9 d\u2019obligation est plus fort, car son fondement se trouve dans la loi et non dans la coutume1<\/a><\/sup>. Malgr\u00e9 cela, il est bon d\u2019\u00eatre rigoureux en l\u2019honneur de la pri\u00e8re. De plus, si l\u2019on porte une grande kipa durant la pri\u00e8re, on sera vraisemblablement port\u00e9 \u00e0 garder cette m\u00eame kipa toute la journ\u00e9e, ce qui concourra \u00e0 la sanctification du nom divin et \u00e0 une prise de responsabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019accomplissement de la Torah et des mitsvot.<\/p>\n Bien que, aux yeux de certains d\u00e9cisionnaires, les femmes c\u00e9libataires doivent elles aussi se couvrir la t\u00eate durant la pri\u00e8re et la r\u00e9citation de b\u00e9n\u00e9dictions, les jeunes filles n\u2019ont pas l\u2019usage d\u2019\u00eatre exigeantes en la mati\u00e8re2<\/a><\/sup>.<\/p>\n Il faut se ceindre d\u2019une ceinture au moment de la pri\u00e8re, car la ceinture cr\u00e9e une s\u00e9paration entre, d\u2019une part, la t\u00eate et le c\u0153ur, et d\u2019autre part le si\u00e8ge de la nudit\u00e9. \u00c0 cet \u00e9gard, la pri\u00e8re requiert davantage de rigueur que les autres paroles saintes\u00a0: pour les autres paroles saintes, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de porter pr\u00e9cis\u00e9ment une ceinture, et l\u2019on peut se contenter de toute autre s\u00e9paration entre le c\u0153ur et le lieu de la nudit\u00e9. Aussi, si l\u2019on porte des sous-v\u00eatements, ceux-ci constituent d\u00e9j\u00e0 une s\u00e9paration efficace entre le c\u0153ur et la nudit\u00e9. En revanche, en l\u2019honneur de la pri\u00e8re, c\u2019est une obligation que de porter une ceinture en bonne et due forme, car tel est le d\u00e9rekh kavod<\/em> (la mani\u00e8re honorable de se conduire), comme il est dit (Amos 4, 12)\u00a0: \u00ab\u00a0Appr\u00eate-toi \u00e0 la rencontre de ton Dieu, Isra\u00ebl.\u00a0\u00bb Toutefois, celui qui a l\u2019habitude d\u2019aller sans ceinture toute la journ\u00e9e n\u2019est pas oblig\u00e9 d\u2019\u00eatre pointilleux et de se ceindre au moment de la pri\u00e8re.<\/p>\n En tout \u00e9tat de cause, se ceindre d\u2019une ceinture au moment de la pri\u00e8re est un pieux usage (minhag \u2018hassidout<\/em>), car la ceinture exprime la distinction entre la partie sup\u00e9rieure de l\u2019homme, qui comporte le cerveau et le c\u0153ur, et la partie inf\u00e9rieure, o\u00f9 se trouvent la nudit\u00e9 et les jambes. La majorit\u00e9 des hommes sont plong\u00e9s dans leurs d\u00e9sirs, leur esprit et leur c\u0153ur sont affair\u00e9s par les n\u00e9cessit\u00e9s du temps et de la mati\u00e8re. En revanche le peuple d\u2019Isra\u00ebl, parce qu\u2019il a re\u00e7u la Torah du Ciel, est capable de surmonter le penchant au mal et de concentrer son esprit et son c\u0153ur sur les questions les plus \u00e9lev\u00e9es\u00a0; gr\u00e2ce \u00e0 cela, il peut ensuite revenir au domaine de la mat\u00e9rialit\u00e9 et de l\u2019action en le r\u00e9parant<\/em>3<\/a><\/sup> C\u2019est \u00e0 cela que fait allusion la ceinture port\u00e9e durant la pri\u00e8re, et c\u2019est \u00e0 ce sujet que les sages ont institu\u00e9 une b\u00e9n\u00e9diction particuli\u00e8re parmi celles du matin\u00a0: \u00ab\u00a0B\u00e9ni sois-Tu\u2026 qui ceins Isra\u00ebl de force\u00a0\u00bb. C\u2019est la raison pour laquelle les \u2018Hassidim ajoutent un embellissement \u00e0 la r\u00e8gle, en portant durant la pri\u00e8re une ceinture sp\u00e9cialement destin\u00e9e \u00e0 cet effet (le gartel<\/em>) 4<\/a><\/sup>.<\/p>\n Au sujet de la taille de la kipa\u00a0<\/strong>: selon Igrot Moch\u00e9<\/em>, Ora\u2019h \u2018Ha\u00efm<\/em> 1, 1, on peut se rendre quitte avec une kipa qui ne couvre pas la majorit\u00e9 de la t\u00eate, m\u00eame lorsqu\u2019on mentionne\u00a0 le nom divin. Face \u00e0 cela, le Or l\u00e9-Tsion <\/em>II 7, 13 et le Yabia\u2019 Omer<\/em> VI 15, 5 estiment que, durant la pri\u00e8re et la mention du nom divin, cas dans lesquels la loi elle-m\u00eame (et non seulement la coutume) impose de se couvrir la t\u00eate, la kipa doit recouvrir la majorit\u00e9 de la t\u00eate. Cependant, en pratique, celui qui veut \u00eatre indulgent a sur qui s\u2019appuyer, puisque cette loi est de rang rabbinique, et qu\u2019en mati\u00e8re de l\u00e9gislation rabbinique la halakha est conforme \u00e0 l\u2019opinion indulgente. De plus, dans le trait\u00e9 Sofrim<\/em> 14, 15, la question de savoir si l\u2019on doit se couvrir la t\u00eate au moment d\u2019une b\u00e9n\u00e9diction est sujette \u00e0 controverse, et le Or Zaroua\u2019<\/em> II 43 nous dit qu\u2019\u00e0 son \u00e9poque, l\u2019usage de nos ma\u00eetres en France \u00e9tait de prononcer les b\u00e9n\u00e9dictions t\u00eate nue. Et bien que, d\u2019apr\u00e8s la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, la halakha impose d\u2019avoir la t\u00eate couverte durant la pri\u00e8re et les b\u00e9n\u00e9dictions, l\u2019opinion indulgente concourt de toute fa\u00e7on \u00e0 renforcer la position du Igrot Moch\u00e9<\/em> [qui n\u2019exige pas une kipa couvrant la majorit\u00e9 de la t\u00eate ↩<\/a><\/span><\/li>\n].<\/p>\n
\n
\n