{"id":5377,"date":"2026-01-03T02:00:27","date_gmt":"2026-01-03T00:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=5377"},"modified":"2026-01-20T14:37:57","modified_gmt":"2026-01-20T12:37:57","slug":"10-03-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-03-02\/","title":{"rendered":"02. B\u00e9n\u00e9diction du pain\u00a0: perfectionnements apport\u00e9s \u00e0 sa r\u00e9citation"},"content":{"rendered":"
Quand on s\u2019appr\u00eate \u00e0 r\u00e9citer une b\u00e9n\u00e9diction sur un aliment, il est juste de prendre celui-ci dans la main droite\u00a0; gr\u00e2ce \u00e0 cela, la b\u00e9n\u00e9diction sera dite de mani\u00e8re concentr\u00e9e et honorable (comme nous le verrons au chap. 9 \u00a7 4). S\u2019agissant du pain, l\u2019usage est diff\u00e9rent\u00a0: en raison de sa grande importance, il est bon de le prendre, au moment de la b\u00e9n\u00e9diction, en ses deux mains et ses dix doigts, afin de faire allusion aux dix mitsvot n\u00e9cessaires \u00e0 sa confection (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 167, 4, Michna Beroura<\/em> 24).<\/p>\n Comme on le sait, plus la chose dont on s\u2019occupe est importante et vitale, plus on peut s\u2019\u00e9lever par elle ou, \u00e0 Dieu ne plaise, chuter. Afin que nous nous \u00e9levions et ne chutions pas, la Torah nous a donn\u00e9 les mitsvot pour nous guider. Et plus une chose est importante, plus nombreuses sont les mitsvot qui se rapportent \u00e0 elles. Aussi, de nombreuses mitsvot accompagnent la vie matrimoniale, ou le service du Temple. Il en va de m\u00eame de la nourriture, qui fait subsister l\u2019homme, en particulier du pain, dont la confection est encadr\u00e9e par de nombreuses mitsvot. a) Au temps du labour, il nous est prescrit de ne pas atteler ensemble un taureau et un \u00e2ne. b) Pendant les semailles, il nous est ordonn\u00e9 de ne pas semer d\u2019esp\u00e8ces crois\u00e9es\u00a0(kila\u00efm<\/em>). c) Durant la moisson, nous avons ordre de laisser aux pauvres la glane (l\u00e9qet<\/em>), les gerbes oubli\u00e9es (chikhe\u2018ha<\/em>) et le coin du champ (p\u00e9a<\/em>). d) Quand on bat le bl\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019une b\u00eate, il nous est ordonn\u00e9 de ne pas la faire souffrir en la muselant de mani\u00e8re telle qu\u2019elle ne puisse manger. e) Il nous est prescrit d\u2019apporter au Temple les premiers fruits de la r\u00e9colte nouvelle, comme pr\u00e9mices (bikourim<\/em>), et de les remettre aux pr\u00eatres (cohanim<\/em>). f) Apr\u00e8s la moisson de bl\u00e9, nous devons pr\u00e9lever la terouma<\/em>, part revenant aux pr\u00eatres, ainsi que la terouma <\/em>prise sur la d\u00eeme\u00a0(teroumat ma\u2018asser<\/em>). g) Pr\u00e9lever la premi\u00e8re d\u00eeme (ma\u2018asser richon<\/em>) pour les l\u00e9vites (l\u00e9viim<\/em>). h) Pr\u00e9lever la seconde d\u00eeme (ma\u2018asser ch\u00e9ni<\/em>), qu\u2019il faut consommer dans la saintet\u00e9 \u00e0 J\u00e9rusalem (les premi\u00e8re, deuxi\u00e8me, quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me ann\u00e9es du cycle de la chemita<\/em>). i) Pr\u00e9lever la d\u00eeme destin\u00e9e aux pauvres (ma\u2018asser \u2018ani<\/em>) (les troisi\u00e8me et sixi\u00e8me ann\u00e9es). j) Quand on p\u00e9trit la p\u00e2te, nous avons l\u2019obligation de pr\u00e9lever la \u2018hala<\/em>, part de p\u00e2te destin\u00e9e au pr\u00eatre.<\/p>\n Si l\u2019on a l\u2019intention de manger de deux sortes de pain, il est juste de prononcer la b\u00e9n\u00e9diction sur le pain le plus important. La r\u00e8gle est la m\u00eame pour toutes les b\u00e9n\u00e9dictions de jouissance (birkot ha-n\u00e9h\u00e9nin<\/em>)\u00a0: si l\u2019on a, par exemple, deux pommes, il est pr\u00e9f\u00e9rable de dire la berakha<\/em> sur la meilleure des deux\u00a0; ainsi, la b\u00e9n\u00e9diction exprimera notre louange de la meilleure fa\u00e7on. A fortiori faudra-t-il agir ainsi pour le pain. Aussi, des r\u00e8gles nombreuses et d\u00e9taill\u00e9es ont-elles \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9es, concernant l\u2019ordre d\u2019importance et de priorit\u00e9 entre diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de pain\u00a0; et c\u2019est du cas du pain que nous d\u00e9duisons les r\u00e8gles de pr\u00e9s\u00e9ance relatives aux autres aliments (cf. ci-apr\u00e8s, chap. 9 \u00a7 9).<\/p>\n L\u2019ordre d\u2019importance\u00a0est comme suit : un pain de bl\u00e9 a priorit\u00e9 sur un pain d\u2019orge, parce que le bl\u00e9 est cit\u00e9 avant l\u2019orge dans le verset relatif aux sept esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales caract\u00e9risant la terre d\u2019Isra\u00ebl[2]<\/a><\/sup>\u00a0; de m\u00eame, son go\u00fbt est pris\u00e9 davantage.<\/p>\n Si l\u2019on veut manger d\u2019un petit pain entier, et d\u2019un grand pain qui a commenc\u00e9 d\u2019\u00eatre tranch\u00e9, il est pr\u00e9f\u00e9rable de dire la b\u00e9n\u00e9diction sur le petit pain\u00a0; car l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du pain importe davantage que sa taille.<\/p>\n Autrefois, dans le cas o\u00f9 l\u2019on voulait manger \u00e0 la fois d\u2019un pain complet et d\u2019un pain \u00ab\u00a0tamis\u00e9\u00a0\u00bb (blanc), la directive \u00e9tait de prononcer la b\u00e9n\u00e9diction sur le pain blanc, qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme meilleur. Mais de nos jours, nombreux sont ceux qui tiennent le pain complet pour sup\u00e9rieur[3]<\/a><\/sup>. Par cons\u00e9quent, si l\u2019on appr\u00e9cie davantage le pain complet, c\u2019est sur lui que l\u2019on dira la berakha<\/em>\u00a0; et si l\u2019on n\u2019a de pr\u00e9f\u00e9rence pour aucun des deux, c\u2019est sur le pain blanc qu\u2019on la prononcera.<\/p>\n Quand on est en pr\u00e9sence de deux pains d\u2019\u00e9gale valeur, et que l\u2019un est plus grand que l\u2019autre, il est pr\u00e9f\u00e9rable de dire la b\u00e9n\u00e9diction sur le plus grand, car il a plus d\u2019importance (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 168, 1-4, Michna Beroura<\/em> 15\u00a0; Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 211, 1-2, Michna Beroura <\/em>33)[4]<\/a><\/sup>.<\/p>\n