{"id":5425,"date":"2026-01-04T06:00:27","date_gmt":"2026-01-04T04:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=5425"},"modified":"2026-01-21T15:35:00","modified_gmt":"2026-01-21T13:35:00","slug":"10-04-06","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-04-06\/","title":{"rendered":"06. Rang toranique ou rabbinique de l\u2019obligation"},"content":{"rendered":"
Selon la Torah, on a l\u2019obligation de r\u00e9citer le Birkat hamazon<\/em> apr\u00e8s avoir mang\u00e9 un repas accompagn\u00e9 de pain et s\u2019\u00eatre rassasi\u00e9, comme il est dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu mangeras et te rassasieras, et tu b\u00e9niras\u2026 \u00bb (Dt 8, 10). Les sages ont ajout\u00e9 l\u2019obligation de dire l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du Birkat hamazon<\/em> dans le cas m\u00eame o\u00f9 l\u2019on n\u2019a mang\u00e9 qu\u2019un kaza\u00eft<\/em> de pain, puisqu\u2019on en a tir\u00e9 profit. Les sages enseignent que les anges vinrent se plaindre aupr\u00e8s du Saint b\u00e9ni soit-Il\u00a0:<\/p>\n \u00ab\u00a0Ma\u00eetre du monde, il est \u00e9crit dans la Torah\u00a0: \u201c[Dieu] ne fait pas acception de personne et ne prend pas de pr\u00e9sent corrupteur.\u201d (Dt 10, 17)\u00a0Or ne fais-Tu pas acception de personne en faveur d\u2019Isra\u00ebl\u00a0? Il est dit en effet\u00a0: \u201cQue l\u2019\u00c9ternel porte sa face vers toi[6]<\/a><\/sup>\u2026\u201d (Nb 6, 26).\u00a0\u00bb Dieu leur r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u00a0Comment ne serais-je pas favorable \u00e0 Isra\u00ebl\u00a0? Je leur ai \u00e9crit, dans la Torah\u00a0: \u201cTu mangeras et te rassasieras, et tu b\u00e9niras l\u2019\u00c9ternel ton Dieu.\u201d Or eux sont pointilleux envers eux-m\u00eames et me b\u00e9nissent pour un simple kaza\u00eft<\/em>\u00a0!\u00a0\u00bb (Berakhot<\/em> 20b)<\/p>\n Quand on ne sait plus si l\u2019on a r\u00e9cit\u00e9 ou non le Birkat hamazon<\/em> sur le repas que l\u2019on a fait, et que l\u2019on est rassasi\u00e9, on doit \u00eatre rigoureux et (re)dire le Birkat hamazon<\/em>, puisque le doute porte sur une mitsva de rang toranique. Si l\u2019on n\u2019est pas rassasi\u00e9, on ne le (re)dira pas, puisque le doute porte alors sur une mitsva de rang rabbinique (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 184, 4).<\/p>\n Si votre prochain se rappelle vous avoir vu r\u00e9citer le Birkat hamazon<\/em>, vous pouvez vous fier \u00e0 ses dires (Maharcham 4, 29). De m\u00eame, si l\u2019on sait en son for int\u00e9rieur que l\u2019on a l\u2019habitude de le r\u00e9citer tout de suite apr\u00e8s avoir mang\u00e9, et quoique l\u2019on ne se souvienne pas pr\u00e9cis\u00e9ment de l\u2019avoir fait cette fois, on peut se fonder sur la pr\u00e9somption d\u2019apr\u00e8s laquelle on l\u2019a vraisemblablement r\u00e9cit\u00e9 (d\u2019apr\u00e8s Halakhot Qetanot<\/em> II 278\u00a0; cf. Kaf Ha\u2018ha\u00efm<\/em> 184, 21).<\/p>\n Selon la majorit\u00e9 des d\u00e9cisionnaires, quand bien m\u00eame on n\u2019a consomm\u00e9 qu\u2019un kaza\u00eft<\/em> de pain, du moment que l\u2019on a mang\u00e9, lors du m\u00eame repas, d\u2019autres aliments, et que l\u2019on se trouve rassasi\u00e9 par l\u2019effet de l\u2019ensemble, c\u2019est toraniquement<\/em> que l\u2019on est tenu de r\u00e9citer le Birkat hamazon<\/em>[7]<\/a><\/sup>.<\/p>\n Bien entendu, les femmes ont, elles aussi, l\u2019obligation de r\u00e9citer le Birkat hamazon<\/em>. Un doute est simplement apparu quant au fait de savoir si cette obligation est, \u00e0 leur \u00e9gard, de rang toranique ou rabbinique\u00a0: peut-\u00eatre en effet, comme en d\u2019autres choses, y a-t-il une diff\u00e9rence entre hommes et femmes, l\u2019accent \u00e9tant mis davantage sur l\u2019obligation quant \u00e0 l\u2019homme, sur la libre volont\u00e9 quant \u00e0 la femme. Mais tout le doute a pour objet la question de savoir si les femmes sont tenues au Birkat hamazon<\/em>\u00a0en vertu de la Torah\u00a0; car, du point de vue rabbinique, il est clair qu\u2019elles y sont tenues comme les hommes (Choul\u2018han \u2018Aroukh<\/em> 186, 1, Michna Beroura<\/em> 187, 9)[8]<\/a><\/sup>.<\/p>\n [6]<\/a>. Jeu de mots de cette aggada<\/em> midrachique\u00a0: le verbe \u05e0.\u05e9.\u05d0. dans sa forme future est pr\u00e9sent dans les deux versets avec un sens diff\u00e9rent. \u05d0\u05e9\u05e8 \u05dc\u05d0-\u05d9\u05e9\u05d0<\/strong> \u05e4\u05e0\u05d9\u05dd\u00a0= \u00ab\u00a0qui ne fait pas acception de personnes\u00a0\u00bb [litt\u00e9ralement\u00a0: \u00ab\u00a0qui ne rel\u00e8ve<\/em> pas la t\u00eate\u00a0\u00bb (de l\u2019une ou de l\u2019autre des parties \u00e0 un proc\u00e8s), c\u2019est-\u00e0-dire qui ne favorise pas un justiciable de mani\u00e8re arbitraire<\/em>]. \u05d9\u05e9\u05d0<\/strong> \u05d4’ \u05e4\u05e0\u05d9\u05d5 \u05d0\u05dc\u05d9\u05da = \u00ab\u00a0que l\u2019\u00c9ternel porte [ou l\u00e8ve, ou tourne] sa face vers toi [et t\u2019accorde la paix]\u00a0\u00bb. Dans le premier cas, ce qui n\u2019est pas \u00ab\u00a0lev\u00e9\u00a0\u00bb arbitrairement, c\u2019est le visage abaiss\u00e9 de l\u2019homme<\/em> qui attend son jugement\u00a0; dans le second cas, la b\u00e9n\u00e9diction sacerdotale exprime le souhait que le visage de Dieu<\/em> m\u00eame se tourne vers son peuple. Mais l\u2019aggada<\/em> rel\u00e8ve l\u2019identit\u00e9 de forme entre les deux occurrences du verbe, pour retenir dans les deux cas l\u2019id\u00e9e de faveur\u00a0divine.<\/p>\n <\/p>\n
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