{"id":5469,"date":"2026-01-09T02:00:27","date_gmt":"2026-01-09T00:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=5469"},"modified":"2026-01-28T10:04:49","modified_gmt":"2026-01-28T08:04:49","slug":"10-09-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/10-09-02\/","title":{"rendered":"02. Mode de jouissance"},"content":{"rendered":"
La jouissance apport\u00e9e par la nourriture comprend deux aspects\u00a0: le plaisir du palais, que procure le go\u00fbt de la nourriture, et le profit des entrailles, que procure sa valeur nutritive, laquelle dispense \u00e0 l\u2019homme force et vitalit\u00e9. Il existe des cas dans lesquels l\u2019homme tire profit de la nourriture en ses entrailles mais non en son palais\u00a0; en un tel cas, la r\u00e8gle est que, si l\u2019on mange \u00e0 la mani\u00e8re habituelle<\/em>, on doit r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction avant l\u2019ingestion.<\/p>\n Par exemple, un malade qui n\u2019est pas apte \u00e0 sentir le go\u00fbt de l\u2019aliment doit n\u00e9anmoins en dire la b\u00e9n\u00e9diction, puisque cet aliment le nourrit. De m\u00eame, quand un homme avale un aliment sans en percevoir le go\u00fbt, il doit en r\u00e9citer la b\u00e9n\u00e9diction, puisque cela le nourrit. Mais un malade que l\u2019on nourrit par intraveineuse (sonde) \u2013 laquelle fait couler sa nourriture jusqu\u2019\u00e0 son estomac \u2013 ne dit de b\u00e9n\u00e9diction ni avant d\u2019\u00eatre aliment\u00e9 ni apr\u00e8s. Bien qu\u2019il tire de cette alimentation une grande utilit\u00e9 \u2013 en effet, gr\u00e2ce \u00e0 cela, il re\u00e7oit la nourriture n\u00e9cessaire \u00e0 sa conservation \u2013, le fait que cette nourriture ne soit pas mang\u00e9e sur le mode habituel <\/em>exclut cette consommation du champ des b\u00e9n\u00e9dictions institu\u00e9es. Si ce malade veut cependant ajouter \u00e0 sa pratique un suppl\u00e9ment de perfection, il remerciera Dieu avec ses propres mots.<\/p>\n Si l\u2019on mange un aliment amer ou aigre, dont le go\u00fbt est repoussant, on ne dit pas de b\u00e9n\u00e9diction, quoiqu\u2019il soit nourrissant, car il n\u2019est pas d\u2019usage de manger des choses dont le go\u00fbt repousse. Si donc on boit de l\u2019huile d\u2019olive ou du vinaigre, dont le go\u00fbt \u00e9veille la r\u00e9pulsion, on ne dit pas de b\u00e9n\u00e9diction. De m\u00eame, si l\u2019on mange des \u00e9pices \u2013 qu\u2019il n\u2019est pas d\u2019usage de manger seules, en raison de leur grande acidit\u00e9 ou \u00e2cret\u00e9 \u2013, on ne r\u00e9cite pas de b\u00e9n\u00e9diction. Mais si, \u00e0 titre personnel, on \u00e9prouve du plaisir au go\u00fbt du vinaigre, de l\u2019huile ou des \u00e9pices, on dira Ch\u00e9hakol<\/em>, puisque, pour soi-m\u00eame, il s\u2019agit d\u2019un mode normal de consommation. \u00c0 l\u2019inverse, si l\u2019on est contraint de manger d\u2019une certaine nourriture pour laquelle on \u00e9prouve de la r\u00e9pulsion, et bien qu\u2019aux yeux des autres elle soit consid\u00e9r\u00e9e comme bonne, on ne dira pas de b\u00e9n\u00e9diction, puisque cette nourriture est repoussante \u00e0 nos propres yeux[2]<\/a><\/sup><\/p>\n .<\/p>\n Si une personne mange une nourriture dont elle aime le go\u00fbt, mais que, du point de vue di\u00e9t\u00e9tique, cette nourriture lui soit plus dommageable que profitable, elle doit n\u00e9anmoins en dire la b\u00e9n\u00e9diction, parce que, en pratique, elle en tire jouissance et la mange comme il est d\u2019usage d\u2019en manger. Par exemple, un malade du diab\u00e8te qui mange des g\u00e2teaux, un malade du c\u0153ur qui mange un aliment gras, ou une personne souffrant de br\u00fblures d\u2019estomac qui mange de la friture\u00a0: bien que ces nourritures risquent de leur nuire, ils doivent en dire la b\u00e9n\u00e9diction, puisqu\u2019ils en tirent jouissance en leur palais, et qu\u2019ils les mangent suivant le mode ordinaire. Mais celui qui mange un aliment qui met v\u00e9ritablement en danger sa personne ne dira point de b\u00e9n\u00e9diction, puisqu\u2019il lui est interdit de le manger[3]<\/a><\/sup><\/p>\n