{"id":552,"date":"2016-02-05T00:11:32","date_gmt":"2016-02-04T22:11:32","guid":{"rendered":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/?p=552"},"modified":"2017-01-04T11:39:36","modified_gmt":"2017-01-04T09:39:36","slug":"02-05-11","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ph.yhb.org.il\/fr\/02-05-11\/","title":{"rendered":"11 \u2013 R\u00e8gle relative \u00e0 la personne ivre ou sous l\u2019effet de la boisson"},"content":{"rendered":"
Prier suppose d\u2019avoir l\u2019esprit clair. \u00c0 la diff\u00e9rence de nombreux idol\u00e2tres, qui ex\u00e9cutent leur culte avec le concours de drogues et d\u2019alcool, par lesquels ils parviennent \u00e0 l\u2019extase, notre d\u00e9marche aupr\u00e8s de Dieu est empreinte de s\u00e9rieux, de pens\u00e9es profondes. C\u2019est ce qu\u2019ordonne la Torah aux pr\u00eatres (les Cohanim)\u00a0: ne pas entrer dans le Temple pour y accomplir son service alors que l\u2019on est sous l\u2019effet du vin (Lv 10, 8-11). \u00c0 partir de cela, les sages ont appris l\u2019interdit de prier pesant sur une personne ivre (chikor<\/em>) ou sous l\u2019effet de l\u2019alcool (chatou\u00ef<\/em>).<\/p>\n Chatou\u00ef <\/em>se dit d\u2019une personne qui est quelque peu sous l\u2019effet de l\u2019alcool, \u00e0 qui il est difficile de se concentrer et de focaliser ses pens\u00e9es, mais qui reste capable de parler devant un roi<\/em> 1<\/a><\/sup>. Un chikor<\/em> est quelqu\u2019un qui a beaucoup bu, au point qu\u2019il ne pourrait parler convenablement devant le roi.<\/p>\n A posteriori, un homme qui \u00e9tait sous l\u2019influence l\u00e9g\u00e8re de la boisson (chatou\u00ef<\/em>) et qui a d\u00e9j\u00e0 pri\u00e9 est quitte de son obligation, puisqu\u2019il aurait pu parler devant un roi. De m\u00eame, si l\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 prier, et que l\u2019on se rappelle alors que l\u2019on est sous l\u2019effet de la boisson, on termine sa pri\u00e8re (Elya Rabba<\/em>, Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 99, 2). Mais un homme ivre (chikor<\/em>) qui a commenc\u00e9 \u00e0 prier par erreur est tenu de s\u2019interrompre imm\u00e9diatement, car la pri\u00e8re de l\u2019homme ivre est consid\u00e9r\u00e9e comme une abomination (to\u2019\u00e9va<\/em>). M\u00eame s\u2019il a termin\u00e9 toute la pri\u00e8re, il n\u2019est pas quitte de son obligation. Et s\u2019il retrouve ses esprits avant l\u2019expiration du temps de la pri\u00e8re, il devra recommencer sa pri\u00e8re correctement (Choul\u2019han \u2018Aroukh <\/em>99, 1).<\/p>\n Les sages d\u00e9finissent que celui qui boit une mesure de r\u00e9viit<\/em> (un huiti\u00e8me de litre environ) de vin est consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant sous l\u2019influence de l\u2019alcool (chatou\u00ef<\/em>)\u00a0; s\u2019il marche la longueur d\u2019un mille (960 m\u00e8tres), il \u00e9vacue son vin (\u2018<\/em>Erouvin<\/em> 64b). Cependant, nous ne connaissons pas l\u2019\u00e9quivalence d\u2019intensit\u00e9 entre les vins de l\u2019\u00e9poque talmudique et ceux de notre temps. Aussi le principe est-il le suivant\u00a0: tant que l\u2019on se sent troubl\u00e9 par l\u2019effet du vin, on est consid\u00e9r\u00e9 comme chatou\u00ef<\/em>\u00a0; lorsque l\u2019on sent que la clart\u00e9 de son esprit est revenue, on est autoris\u00e9 \u00e0 prier (Choul\u2019han \u2018Aroukh<\/em> 99, 3\u00a0; Michna Beroura<\/em> 2).<\/p>\n D\u2019apr\u00e8s le Rama, puisque, au cours des g\u00e9n\u00e9rations, l\u2019orientation de l\u2019esprit durant la pri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 en diminuant, il n\u2019y a pas lieu d\u2019\u00eatre tellement pointilleux en la mati\u00e8re\u00a0: celui qui est l\u00e9g\u00e8rement chatou\u00ef<\/em> a donc le droit de prier, particuli\u00e8rement lorsqu\u2019il s\u2019aide d\u2019un livre (sidour), car il n\u2019est alors pas \u00e0 craindre qu\u2019il s\u2019embrouille dans sa pri\u00e8re. On a l\u2019habitude de s\u2019appuyer sur cette opinion lorsque le temps de la pri\u00e8re est sur le point d\u2019expirer (Michna Beroura<\/em> 99, 3 et 17\u00a0; cf. Kaf Ha\u2019ha\u00efm<\/em> 22). Certains ajoutent, d\u2019apr\u00e8s cela, qu\u2019il serait permis \u00e0 un homme l\u00e9g\u00e8rement chatou\u00ef<\/em> de prier afin de ne pas perdre le b\u00e9n\u00e9fice de la pri\u00e8re publique <\/em>(cf. Ich\u00e9 Isra\u00ebl<\/em> 22, 18).<\/p>\n En ce qui concerne la lecture du Ch\u00e9ma et ses b\u00e9n\u00e9dictions, les d\u00e9cisionnaires sont partag\u00e9s. Par cons\u00e9quent, a priori, celui qui est chatou\u00ef <\/em>ou chikor<\/em> ne les r\u00e9citera point et attendra d\u2019avoir dissip\u00e9 son ivresse. Si le temps de r\u00e9citation du Ch\u00e9ma est sur le point d\u2019expirer, le chatou\u00ef <\/em>dira le Ch\u00e9ma avec ses b\u00e9n\u00e9dictions, et le chikor<\/em> dira le Ch\u00e9ma sans ses b\u00e9n\u00e9dictions (Rama 99, 1\u00a0; Michna Beroura<\/em> 8).<\/p>\n Quant aux autres b\u00e9n\u00e9dictions, telles que celles de jouissance (birkot han\u00e9h\u00e9nin<\/em>, prononc\u00e9es par exemple avant de consommer un aliment), ou la b\u00e9n\u00e9diction Asher yatsar<\/em> (r\u00e9cit\u00e9e apr\u00e8s avoir satisfait un besoin naturel), le chatou\u00ef<\/em> pourra les dire a priori. Tandis que le chikor<\/em> ne r\u00e9citera pas a priori\u00a0les b\u00e9n\u00e9dictions de jouissance. Mais quand il s\u2019agit de b\u00e9n\u00e9dictions qui seraient perdues s\u2019il ne les disait maintenant, il les dira. Par exemple, si l\u2019on est devenu ivre au cours de son repas, on dira le Birkat hamazon<\/em> (actions de gr\u00e2ce qui suivent le repas). De m\u00eame, si l\u2019on est all\u00e9 aux toilettes, on pourra dire Asher yatsar<\/em> (Rama 99, 1\u00a0; Michna Beroura<\/em> 11).<\/p>\n Celui qui est arriv\u00e9 au degr\u00e9 d\u2019ivresse de Loth, et ne sait m\u00eame plus ce qui se passe autour du lui, est consid\u00e9r\u00e9 juridiquement comme d\u00e9ment (chot\u00e9<\/em>), et est dispens\u00e9 de toutes les mitsvot. S\u2019il pronon\u00e7ait des b\u00e9n\u00e9dictions, celles-ci ne seraient en rien consid\u00e9r\u00e9es comme valables (Michna Beroura<\/em> 99, 11).<\/p>\n Prier suppose d\u2019avoir l\u2019esprit clair. \u00c0 la diff\u00e9rence de nombreux idol\u00e2tres, qui ex\u00e9cutent leur culte avec le concours de drogues et d\u2019alcool, par lesquels ils parviennent \u00e0 l\u2019extase, notre d\u00e9marche aupr\u00e8s de Dieu est empreinte de s\u00e9rieux, de pens\u00e9es profondes. 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